sansnom2_htm_smartbutton2.gifsansnom2_htm_smartbutton3.gifsansnom2_htm_smartbutton5.gifsansnom2_htm_smartbutton6.gifsansnom2_htm_smartbutton7.gifsansnom2_htm_smartbutton8.gifsansnom2_htm_smartbutton9.gif


    button7.gif   Lettre 102 : Expertise psychiatrique, recueils de discours et quête de réalité


    Résumé

    La lettre 102 démontre qu’une expertise psychiatrique centrée sur le seul recueil de discours ne permet pas d’atteindre la réalité auquel tend un juge. Il y faut coupler un traitement approprié des discours recueillis dans l’expertise préalable, c’est-à-dire une seconde expertise spécialisée. Faute de quoi le système Juge/médecins experts/famille en conflit encoure le risque de provoquer/subir les effets d’une erreur logique induisant elle-même une erreur judiciaire d’ampleur variable. Le SAP est une théorie scientifique aboutissant à un modèle du conflit qu’il ne reste plus qu’à chercher ensuite à falsifier, à invalider par des faits entrant en opposition avec le modèle.


    Consacrons cette lettre à l’examen de quelques-unes des raisons susceptibles sinon d’expliquer, du moins d’éclairer les conclusions erronées d’une double expertise psychiatrique concernant la famille aux sept enfants.

    Indiquons à l’internaute occasionnellement de passage sur le site que les deux médecins experts auprès des tribunaux étaient mandatés pour apprécier (Ce sont les termes mêmes du document) :

      1/ l’état de santé des enfants,

      2/ décrire le fonctionnement de la famille,

      3/ informer sur la personnalité des parents,

      4/ décrire la place du père dans le discours de chacun (père, mère, enfants) (C’est nous qui mettons en gras),

      5/ donner un avis éclairé sur l’opportunité de prévoir des rencontres régulières entre le père et ses enfants et dans quel cadre,

      6/ donner un avis sur l’hypothèse d’une « aliénation parentale » évoquée par le père,

      7/ faire toutes observations utiles sur la situation familiale.

    Et rappelons que les deux experts concluent de concert que rien à leurs yeux n’évoque la moindre aliénation parentale, que le père, au vu du matériel recueilli, n’amène rien en faveur de cette hypothèse. Signalons au passage que lorsque les experts rencontrent la famille, cela fait huit mois que le père n’a pu revoir aucun des enfants. Et qu’en outre chaque enfant répète à qui veut l’entendre qu’il ne veut plus jamais le rencontrer. Ces deux faits juridiquement et familialement considérables n’ont aucun effet sur les experts ; ils n’en tiennent tout simplement aucun compte. Comment un tel déni de réalité est-il possible de la part de ces deux médecins mandatés par un juge sollicitant leur concours ?

    Première raison : finalité du droit

    Le juge cherche à atteindre les faits, c’est-à-dire la réalité objective afin d’être en mesure de statuer en toute connaissance de cause des droits et devoirs de chacun. Par nature celle-ci est opaque, d’accès peu facile. C’est la raison pour laquelle il s’adresse à des personnes susceptibles de l’éclairer : les experts. Comme on a affaire à un conflit familial, il se tourne vers des professionnels habitués en principe à traiter de ce genre de situation. L’un des risques majeurs qu’il encoure, s’il n’y prend suffisamment garde, c’est que se mélangent deux univers qui, actuellement, n’entretiennent pas les mêmes rapports avec la réalité.

    Que l’internaute se reporte au point 4/ de notre paragraphe introductif : « Décrire la place du père dans le discours de chacun », tel est le but n° 4 que se fixe nos deux experts psychiatres. L’un et l’autre s’en tiennent rigoureusement à cet objectif ; fort soigneusement ils recueillent ce que chacun dit de sa relation aux autres. On n’est point dans une quête du réel tel que le magistrat l’envisage, mais dans un recueil de discours, discours des 7 enfants, de leurs parents qu’en aucun cas on ne saurait confondre avec la réalité.

    Que ces discours soient réels, nul n’en saurait douter, les experts étant à priori crédités de compétence et d’honnêteté pour les susciter, les solliciter, les recueillir dans les meilleures conditions qui soient, celles de leur cabinet et de leur propre relation de respect. Qu’ils constituent une matière première précieuse qui n’est pas sans entretenir une certaine relation avec la situation conflictuelle, c’est certain. Mais en aucun cas on ne doit les prendre pour argent comptant. Ce serait en ce cas confondre le Verbum et la Res, la Parole et ce à quoi elle se réfère, la Réalité, encore une fois opaque par nature.

    Le droit n’a pas vocation première à traiter du discours en soi mais du rapport qu’entretient ce dernier avec la réalité. Au terme de cette expertise, la situation du droit va donc s’aggraver puisqu’à l’opacité naturelle, constitutive du réel, va bientôt s’adjoindre un nouvel écran s’interposant entre le réel et le juge, le bloc des 9 discours écrans selon le schéma :

 

                                                                                             

    Seconde raison : finalité de la psychiatrie

    Quelle est la vocation de la médecine psychiatrique ? Nous laissons le soin de répondre à une telle question aux professionnels eux-mêmes. Mais force nous est de constater que dans cette expertise, concernant la place du père, la situation réelle les intéresse moins que les 9 discours qu’ils recueillent d’ailleurs de manière parfaitement honnête.

    Sur la base de cette observation force nous est de constater que la quête du réel tel qu’habituellement on l’entend n’est pas leur souci, mais bien le discours qu’on tient sur lui, celui de la mère, du père comme de chacun des sept enfants et qu’au terme de leur important travail on se trouve devant un problème initialement imprévu : au réel n°1, opaque par nature, caché, à la carapace nous empêchant naturellement d’y accéder déjà difficile à percer vient s’en rajouter un second, une sorte de « réel n°2 » s’ajoutant au précédent, constitué des 9 discours émanant de 9 personnes bien en chair. Comme le démontrent toutes les recherches en sciences, l’accès au réel est difficile, exigeant. S’il se livrait aussi facilement on n’aurait nul besoin de laboratoires, d’instruments, de théories, de techniciens, de savants pour le mettre à jour dans quelque domaine que ce soit, à fortiori dans la conflictualité humaine exacerbée.

    Comment alors accéder au réel n°1 ?

    On se trouve donc désormais, après ce genre d’expertise, devant un problème aggravé qu’on pourrait ainsi résumer : à la première enveloppe plus ou moins épaisse et dure protégeant tout accès facile au réel n°1 est venue s’y adjoindre une seconde, constituée des 9 discours masquant plus encore l’accès à la réalité qu’à corps et à cri réclame le juge.

    En considérant astucieusement chacun des 9 discours comme un écho de quelque chose de l’ordre du réel n°1 vers lequel tend le magistrat pour juger des droits et devoirs de chacun. En considérant qu’ils déforment, masquent certes, mais sont aussi susceptibles de révéler quelque chose de ce qu’ils recouvrent un peu à la manière de 9 voiles enveloppant un corps dont ils épousent plus ou moins didèlement la forme.

    Du voile au rayonnement fossile

    Les deux honorables experts médecins sont dès lors entièrement réhabilités si l’on compare à nouveau les 9 discours qu’ils sont parvenus à susciter et capter à neuf rayonnements fossiles émanant de neuf objets peuplant le ciel de la constellation familiale.

    Traitement des émissions collectées

    Il suffit dès lors d’avoir une théorie de la lumière, de sa composition comme de sa décomposition via un prisme (l’expertise même) pour accroitre notre connaissance scientifique, objective, du réel.  Prisme fort précieux décomposant en neuf faisceaux diversement colorés le rayonnement monochrome qu’émettait antérieurement la famille.

    Nécessité d’un traitement spécialisé des données

    A ce type d’expertise médicale doit donc s’adjoindre un traitement particulier des données soigneusement recueillies par les deux experts mandatés, traitement qui ne peut être réalisé que par un spécialiste du « SAP » ou « Syndrome d’Aliénation Parentale ». Sans lui les 9 discours, paradoxalement, sont muets, ne livrent rien sauf une discordance totale entre le discours du père et celui des 8 autres partenaires. Tout bien considéré les experts peuvent personnellement s’équiper d’une telle spécialisation ou disposer dans leur équipe pluridisciplinaire d’une personne compétente et spécialisée. Mais si ce n’est le cas le système constitué des magistrats, des deux experts et de la famille dont ils traitent s’expose au risque  majeur de commettre une « erreur logique » intrasystémique.

    L’erreur logique

    Cette erreur consiste à mettre sur le même rang, au même niveau logique, le SAP et le reste du précieux matériel recueilli auprès des parties en conflits. C’est un peu comme si des astronomes mettaient sur le même plan et leur télescope et les étoiles qu’ils observent ; les deux sont tout aussi réels mais l’un sert à regarder l’autre ; c’est comme s’ils mettaient sur le même plan étoiles (la famille), télescope (les discours recueillis) et théories (Le SAP), les uns constituant les « objets » à voir, les autres des lunettes et les troisièmes des instruments symboliques pour comprendre les divers objets célestes observés au travers des lunettes ! D’entrée de jeu les experts ont sans le savoir, sans même s’en rendre compte, posé les conditions de cette erreur en incluant le point 6/ consistant à vouloir donner  un avis sur l’hypothèse d’aliénation parentale au milieu des autres objectifs qu’ils se fixaient.

    De cette manière le SAP se trouvait réduit à n’être qu’un des sept points à atteindre sur lequel ils n’auraient qu’un simple avis à donner. Tandis que le statut théorique du SAP impliquait qu’ils le situent à part, comme syndrome médical, au travers duquel ils allaient pouvoir interpréter l’intégralité du précieux matériel humain qu’ils avaient si coûteusement collecté.

    Seul le SAP comme syndrome peut permettre de comprendre tout ce qu’on a recueilli sur cette famille, de commencer à en percer l’énigme. Il joue le rôle d’une micro théorie standard permettant de comprendre un type d’objet social bien particulier. C’est avec son assistance qu’on peut s’apercevoir de la très haute cohérence de 8 de ces 9 discours, cohérence liée à ce genre de situation conflictuelle spécifique comme à une discordance totale avec le neuvième, celui du parent aliéné.

    Sans théorie du SAP on donne raison aux huit et tort au neuvième, ce que font précisément les deux experts. A l’aide de la théorie du SAP personne n’a raison et personne n’a tort puisque le propre du SAP est d’aboutir précisément à ce genre de partitionnement, d’évincement injustifié d’un seul membre du groupe par tous les autres puissamment ligués dans une dynamique spontanée de lynchage. C’est l’essence, le propre du SAP de produire cette espèce d’objet social si particulier, si fascinant à observer, à analyser, éventuellement à traiter.

    En bref ils considèrent tous deux le SAP comme une simple composante du discours paternel, un fragment de récit parmi d’autres. Tandis que le SAP n’est point un récit mais une théorie du réel, sur le réel, un outil scientifique aboutissant à des interprétations qu’on va ensuite chercher à falsifier, à invalider, dont on va s’ingénier à trouver la faille ou l’erreur, l’inadéquation avec les faits, le réel.

    On peut encore aborder autrement le traitement savant, technique, des deux expertises : en usant de l’imposant corpus de travaux contemporains sur les mythes individuels et familiaux, principalement en provenance du champ psychanalytique : Lacan (1953), Green et Ruffiot (1980), Eiguer (1984), Laplanche (1987), sans parler de l’impressionnant groupe des lyonnais réunis autour de R. Kaës auquel il conviendrait d’agréger de prestigieux cliniciens et théoriciens comme Torok qui tous aboutiraient à propos de cette famille à peu de choses près aux mêmes conclusions : à savoir qu’à partir d’un traumatisme inélaboré se situant au niveau de la grand-mère maternelle et se transmettant par voie d’aînée on aboutit à une organisation familiale défensive coûteuse et rigidifiée via le mythe suivant : surtout pas de père, surtout plus de père, au prix d’une transformation de la réalité le concernant, avec sa famille et tout ce qui a pu se vivre antérieurement (à la séparation d’avec lui) et réellement avec lui.

    Les deux expertises viennent alors corroborer, grâce à l’éclairage théorique, par tout le matériel collecté le problématique rapport de 8 des discours avec la réalité historique des relations de leurs auteurs avec le père qu’ils transforment pour leurs besoins psychiques et familiaux du moment en épouvantail. Leur entente scelle leur solidarité, leur union sacrée, ce qui leur permet de faire face de cette façon irréaliste et mythique mais relativement efficace à leur détresse profonde et cachée.

       Le ménéticien (alias Elie Sorlin)   


      Ce texte vous a interpellé, vous souhaitez de plus amples informations, laissez un message cliquer ici.     


[Découvrir] [Actualités] [Courrier] [Glossaire] [Bibliographie] [Liens] [Contact]

aniwhite02_back.gif   Page d'accueil

 www.menetic-site.net - contact@menetic-site.net

Début de page   aniwhite02_up.gif