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    button7.gif   Lettre 108 : Psychogénéalogie et ménétique


    Nous profitons d’un article paru dans l’un des numéros de septembre du Monde sur la psychogénéalogie pour nous pencher ici sur ce qui différencie cette dernière de la ménétique à laquelle www.menetic-site.net est dédié.

    Les deux sont nées à peu près en même temps, dans les années 80/85 et traitent toutes deux de généalogies. Mais la première est une psychothérapie comme la seconde, la ménétique, ne l’est point, sans doute pour se libérer des contraintes sévères liée à des pratiques exigeantes.

    Une psychothérapie cherche en général à guérir ou à tout le moins soulager de ce dont souffre quelqu’un qui vient se plaindre de ceci ou de cela. Elle relève du champ médical, voire psychiatrique. Les problématiques familiales que la psychogénéalogie aborde risquent donc d’être examinées sous un angle symptomatique, donc clinique.

    La ménétique affranchie du souci de soigner les gens des souffrances de leurs divers héritages familiaux peut dès lors s’employer plus librement à traiter de ce genre de problèmes non comme des symptômes mais comme des évènements non spécifiquement médicaux.

    Ce qui nous permit alors de démédicaliser le « symptôme », de l’arracher au champ clinique, médical, psychiatrique pour déboucher sur l’espace social et son événementialité polymorphe. Ce fût chose initialisée dès les années 80 lors de la reprise du premier des sept cas rassemblés dans l’ouvrage : L’investigation psychosomatique, des trois psychosomaticiens : P. Marty, M. de M’Uzan et C. David (1).

    Ce fût enfin chose consommée dans Evénements familiaux et logique de destinée, Essai sur la nouvelle parenté paru au printemps 1995. Nous y développions une répartition quadripartite des symptômes : somatiques/psychosomatiques ou organiques, comportementaux, proprement mentaux ou psychiatriques, enfin vigilo-moteurs (Accidents de toute sorte).

    Cette manière étrange de catégoriser tenait au fait qu’elle débouchait sur quatre groupes fournis d’institutions qui à eux tous concentraient l’essentiel de l’événementialité traumatique humaine avec ses traitements appropriés : hôpitaux et médecine d’organes, riche univers du traitement des comportements déviants ou socialement problématiques, champ de la médecine psychiatrique et de la clinique psy, univers assurantiel chargé de traiter de tous les accidents possibles et imaginables, routiers, domestiques, de loisirs etc… En supprimant ces quatre groupes de symptômes divers et variés par une simple expérience de pensée (1) vous vous rapprochiez imaginativement de ce qu’on pourrait appeler le meilleur des mondes ou du moins l’une de ses versions  raisonnablement envisageable. En effet enlevez à la famille tous ces traumatismes à gérer, mémoriser, transmettre etc… Vous aboutirez à vider la psychogénéalogie de la plus grande partie de sa matière.

    La ménétique s’intéresse donc à la généalogie sous un angle plus sociétal, plus général que la psychogénéalogie en même temps que de manière apragmatique, non guérisseuse, non interventionniste, hors sollicitation anxieuse.

    En outre et ceci est déterminant elle va s’attacher à l’étude de la temporalité qui s’y déploie et dont elle est comme le théâtre. Si vous examinez attentivement l’une des éditions d’Aïe, mes aïeux (A.A. Ancelin Schützenberger, 2004) considéré comme l’un des livres fondateurs de la psychogénéalogie dans notre pays, vous n’y trouverez jamais mentionnée l’expression temps généalogique ni même le mot « temps » bien que ce dernier soit évidemment au cœur de l’ouvrage. La ménétique au contraire va se concentrer sur ce dernier en réduisant formellement le donné généalogique chronologisé par une transformation en segments temporels constituant un répertoire d’unités discrètes dotées de forme et de sens. Leur identification graduelle et spécification (montant calculable, événements, traumas, et membres apparentés impliqués, localisation), avec leur codage littéral autorisant des mises en correspondances autrement peu détectables : nos fameuses coïncidences alpha, bêta, gamma.

    Un  tel système descriptif aboutit à découvrir que les membres apparentés peuvent produire et/ou subir, endurer mariages, naissances, maladies, traumas, décès ou équivalents à des moments sémantiquement et syntaxiquement non quelconques sans pour autant être fatalement déterminés, en demeurant donc foncièrement indéterminés mais généalogiquement, psychogénéalogiquement, familialement informés. De même qu’en théorie quantique il fût peu facile d’admettre la simultanéité de l’état corpusculaire et ondulatoire lorsque cette « aberration » pourtant bien réelle fût découverte puis vérifiée, revérifiée, il convient de faire de même en ménétique : quand nous posons nos actes de destinée librement ou que nous endurons comme nous pouvons les coups du sort, les revers de fortune, les aléas de destinée, les événements de vie, de maladie, d’accident, de mort : force nous est de constater 1/ qu’ils ne sont pas déterminés 2/ qu’ils peuvent être pourtant simultanément réglés, temporellement synchronisés, survenir à des moments non quelconques puisque descriptibles et formalisables de la manière dont nous l’avons exposée dans notre dernier livre : Généalogies ou la puissance du temps. C’est particulièrement frappant dans certains exemples d’enfantement : Figures 19, 20, 21 ou d’accidents cardiaques ou routiers : cas de Jean-Luc ou d’Aurore : le sujet ne meurt point dans le désordre ; sa disparition inopinée, tragique obéit à un schéma repérable ; le moment de son décès s’inscrit précisément dans la trame généalogique. Le fait qu’on ne le sache qu’après-coup à la faveur d’une analyse sophistiquée impliquant diverses transformations et de nombreux calculs révèle l’indéterminisme chargé de déterminations ou d’informations ancestrales objectivables. L’information est analogue à l’onde quantique et la survenue matérielle de l’accident au corpuscule ; l’information est la part ou charge ou quantum de détermination précisément identifiable, et la brutalité soudaine de la survenue événementielle traumatique impliquant manifestement plusieurs actants : véhicule, circuit routier, conducteur, cœur etc…paraissant n’en faire chacun qu’à leur tête, c’est l’aspect difficilement concevable comme déterminé.

    L’événement résulte donc en ménétique d’un mélange de détermination et dindétermination intriquées. En psychogénéalogie on ne s’intéresse guère à cet aspect des choses. On repère des coïncidences et des répétitions ou des réapparitions tout comme en ménétique mais pour immédiatement tenter de les traiter pragmatiquement, un peu à la manière américaine, dans l’interaction avec le client, en agissant au niveau de ses représentations, de ses affects. En ménétique nous n’avons pas de client mais uniquement un champ temporel bien particulier auquel on va s’intéresser structuralement, formellement, indépendamment des joies ou peines auxquelles il renvoie. Cette abstraction nous fit tomber sur un ordre du temps de vie et de mort informant nos destinées illustrant l’idée selon laquelle nous sommes simultanément et non successivement liberté et destinée, choix et fatum, contingence et nécessité, ordre et désordre, entropie, néguentropie.

    Peut-être serions-nous ainsi à cheval entre le temps et l’éternité ce qui autoriserait métagnomie, voyances, prophéties, rêves prémonitoires? Peut-être vivons-nous à la lisière non point de deux mondes mais de deux états du monde.

    En lettre 109 de la prochaine Toussaint nous aurons recours à une métaphore filmique pour mieux faire saisir comment psychogénéalogie et ménétique peuvent oeuvrer de concert pour fournir une vue enrichie de la famille, comment le court-métrage de fiction Enterrez nos chiens du réalisateur  Frédéric Serve et de la monteuse Anne Souriau peut contribuer à nous aider à saisir l’intérêt d’une association conforme à l’instauration (2) des choses en cours de confection, de réalisation.

                                                 

    (1) Bellis D., Les expériences imaginaires en physique in Sciences      Humaines, n° 21, Déc. 2010, pp.36 – 30

    (2) Voir le sens que revêt ce mot dans l’esthétique d’Etienne  Souriau  récemment redécouverte : Souriau E., Les différents modes d’existence, suivi De l’œuvre à faire, présentation de I. Stengers et B. Latour, Puf, Paris, 2009

     

                                                                           Le ménéticien (alias Elie Sorlin)   


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