sansnom2_htm_smartbutton2.gifsansnom2_htm_smartbutton3.gifsansnom2_htm_smartbutton5.gifsansnom2_htm_smartbutton6.gifsansnom2_htm_smartbutton7.gifsansnom2_htm_smartbutton8.gifsansnom2_htm_smartbutton9.gif


      button7.gif   Lettre 109 : Psychogénéalogie, ménétique et …modes d’existence…


    Résumé

Cette 109 ème lettre poursuit une réflexion sur la différence à établir entre psychogénéalogie et ménétique en partant de la monteuse de film Anne Souriau dont il convient d’aborder la généalogie comportant deux penseurs insignes de l’esthétique plutôt par la psychogénéalogie que par la ménétique : son grand-père paternel et son père. Ce dernier Etienne Souriau B. Latour l’exhume de 50 ans d’oubli dans la pensée française en s’étayant sur les cinq premiers modes d’existence qu’il avait mis à jour pour produire un livre majeur qui vient de sortir et en accroit le nombre jusqu’à quinze. Psychogénéalogie et ménétique ne concernent point les mêmes modes tout en traitant toutes deux de la généalogie et de la famille.


    Nous en étions dans notre précédent courrier à évoquer un récent article du monde dédié à la psychogénéalogie pour en venir  à la différencier d’avec la ménétique. En quoi  se distinguent-elles, les deux étant nées à peu près dans la même période (années 1980), les deux s’occupant de la famille comme de sa généalogie ?

    Nous terminions notre lettre 108 sur la mention du film de Fréderic Serve Enterrez nos chiens (2009) dont on sait qu’il explore dans un village perdu  de Haute Vienne les traces laissées par un drame familial survenu quelque 30 ans plus tôt.  Il y  subsiste encore de ci de là  quelques vestiges : maison abandonnée, en ruine, qui fût le théâtre du fait divers, fragments de souvenirs en lambeaux etc…

    Deux voix nous guident dans cette exploration de la manière dont les deux protagonistes sont morts autrefois, deux voix qui cherchent à reconstituer la trame de  cette histoire faites de hiatus reliant de petites séquences mémorisées un peu comme dans l’image filmique qui devient animée grâce aux 24 images par seconde que relient 23 hiatus ou discontinuités ; supprimez ces dernières et vous serez alors devant du fixe, du statique, de l’immobile, du mimétique.

    Tout cela pour dire que la psychogénéalogie peut s’entendre comme l’une des deux voix, la plus audible, la plus retentissante, la plus sonore, l’autre voix étant celle de la ménétique. Mais pas seulement !

    En effet dans un film s’il y a bien sûr le metteur en scène dont nous avons déjà fait mention, il est bien d’autres intervenants dont les acteurs plus ou moins connus sans compter le ou la monteuse ayant un rôle important dans la mise en séquences plus ou moins bien ajustées des images retenues sur les scènes dont l’enchaînement va justement raconter une histoire.

    Pour ce qui est de Enterrez nos chiens la chef monteuse Anne Souriau qui, psychogénéalogiquement, n’est pas n’importe qui puisqu’elle est la propre fille du philosophe Etienne Souriau qui n’eût de cesse d’explorer, sa vie durant, la manière dont le créateur, le sculpteur en l’occurrence, invente, crée, fabrique, « instaure » son œuvre, sa statue à partir d’une glaise informe qui ne lui laisse ni trêve ni repos, de jour comme de nuit, avant son achèvement définitif que précède une longue genèse faite d’incertitudes et d’assurances, de risques et de périls tels qu’à tout moment l’œuvre à venir peut à tout jamais disparaître.

    Enterrez nos chiens (2009) s’inscrit dans une riche filmographie après Les Grandes Personnes (2007), Tout refleurit (2007), entre Madame Butterfly (2009),  Les Jeux des nuages et de la pluie (2011) (1).

    Anne Souriau est aussi la petite fille de son grand-père paternel Paul Souriau, esthéticien du mouvement cinétique tandis que Paul devint l’incontournable esthéticien du processus instaurateur et le premier ontogénéticien de l’ œuvre plastique.

    C’est à l’un de nos plus grands penseurs européens actuels, l’anthropologue de la modernité et philosophe des sciences Bruno Latour  que l’on doit son exhumation d’un demi-siècle d’oubli par deux ouvrages successifs, le premier entièrement dédié à la manière dont Etienne Souriau entend l’instauration (2), dont il la définit et sur son invention majeure : le « mode d’existence » pour  exprimer une manière d’être particulière dont il  fournit comme à l’essai les cinq premières  déclinaisons :   le second qui vient à peine de sortir et qui va sans nul doute marquer de sa profonde empreinte le demi-siècle à venir de la pensée critique occidentale (3) prolonge, parachève et parfait le travail de Souriau  en esquissant non plus cinq mais quinze « modes d’existences » au numérus non clôt.

    Anne Souriau s’inscrivant de cette manière dans une généalogie de penseurs de l’esthétique, ce serait à la psychogénéalogie de nous le dire plutôt qu’à la ménétique qui, elle, abandonnant à d’autres ces importants et riches déterminants de l’être va s’attacher plutôt au mouvement de la temporalité dans lequel toutes ces personnes sont emportées, embarquées, en – menées. On va pouvoir le saisir via les inscriptions qui de ci-delà sont déposées sur des supports divers, le coder, le traduire en « quasi mots » de temps que sont nos « mènes ».

    Puis ces mots nous allons les monter en suite ou séquences, toutes choses que ne saisit pas nécessairement la psychogénéalogie ayant fort à faire par ailleurs. Ce qui nous invite à penser que l’une et l’autre de ces deux manières d’aborder le généalogique diffèrent par les « modes d’existence » dont elles relèvent, qu’elles croisent sur leur route ou rencontrent et sur lesquelles nous tenterons de jeter un œil curieux en notre lettre 110 de décembre 2012, nous considérant comme  l’un des pionniers explorant le nouveau monde qu’esquisse avec d’autres penseurs talentueux le Bourguignon Bruno Latour.                                     

    Bibliographie

    (1)  Dès la sortie du livre, début octobre 2012, Le Monde lui consacrait un important dossier en même temps que France Culture une émission

    (2) Voir à ce propos l’article Sur un livre d’Etienne Souriau : Les différents modes d’existence de B. Latour sur le site www.bruno-latour.fr

    (3)  B. Latour, Enquête sur les Modes d’Existence, Une anthropologie des modernes, La Découverte, Paris, 2012 et le site afférent à  cette enquête

    ontologique bénéficiant d’une aide européenne honorant notre vieux Continent dans cette période de renouveau des intérêts philosophiques (Cafés, livres, sites et conférences diverses).

 

     

                                                                           Le ménéticien (alias Elie Sorlin)   


      Ce texte vous a interpellé, vous souhaitez de plus amples informations, laissez un message cliquer ici.     


[Découvrir] [Actualités] [Courrier] [Glossaire] [Bibliographie] [Liens] [Contact]

aniwhite02_back.gif   Page d'accueil

 www.menetic-site.net - contact@menetic-site.net

Début de page   aniwhite02_up.gif