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    button7.gif   Lettre 10 Bis  : Noël et ménétique

      Approche psychogénéalogique et ménétique de la naissance de Jésus

 

      Relire le récit merveilleux de la naissance de Jésus dans l'évangile sous l'angle psychogénéalogique et plus particulièrement ménétique c'est se rendre attentif à ce qui se passe lorsqu'il va naître ou lorsqu'il naît.

      On remarque d'abord que le narrateur cherche à tout prix à inscrire l'enfant dans une lignée aussi prestigieuse que possible et donc dans une filiation, une généalogie royale, sacerdotale et prophétique : la lignée du roi David. Cet effort intéresse au plus au point le psychogénéalogiste, que cette généalogie soit réelle, historique ou tout simplement mythique, imaginaire, symbolique et donc tout autant chargée de sens.

      Par ailleurs le ménéticien relève que la violence est au rendez-vous de cette naissance hors du commun, paradigme de nos naissances ordinaires. En effet, lorsque l'enfant paraît, il bouscule l'organisation, le fonctionnement familial ; il met en péril l'ordre existant des places occupées par les uns ou par les autres. Il provoque I'espace et l'investissement. Il ne survivra qu'au prix qu'on l'investisse. Cet investissement qu'on lui alloue en tant que nouveau venu ne peut venir de nulle part. Le capital affectif qu'on va placer en lui, sur lui, est la conséquences de mouvements "boursiers", de circulation de capitaux affectifs, de déplacements. Ce qu'on va mettre en lui, sur lui, vient d'ailleurs et cet ailleurs sera dépossédé, désinvesti en proportion, amputé ou risquera de le devenir. Au fond et à bien y regarder, la naissance d'un enfant, à fortiori celle de Jésus "fils de l'homme", c'est-à-dire homme exemplaire, exprimant quelque chose de profondément humain, d'universel, d'invariant, de structurel, provoque le "rattachement" dont nous avons commencé à découvrir l'extrême vigueur, force, violence, énergétique lorsqu'on y touche d’une manière ou d'une autre.

      Comme dans le récit religieux Jésus est présenté relevant d'une double filiation divine et humaine, cette dernière n'étant rien moins que royale pour se rapprocher de la première, sa naissance va donc mettre en péril l'ordre politique. C'est alors que l’on assiste à la mise en scène du roi Hérode qui craint pour sa place; il a tout simplement peur que Jésus le détrône. Certes il ne s'agit que d'un fantasme, d'une croyance, d'une crainte illusoire: mais I'humanité en général réagit-elle autrement que par rapport à ses croyances ou à ses peurs? C'est un fonctionnement malheureux mais quasi universel ; il va dès lors préventivement tenter d’éliminer cet enfant rival en ordonnant le massacre de tous les nouveau-nés de sexe masculin des environs de Bethléem où Jésus est censé être né, massacre immortalisé sous le nom de "massacre des saints innocents".

      Cet événement nous l'érigeons en ‘’effet parenté" ou encore "effet de parenté" comme préfère l'étiqueter dans son dernier livre sur le temps familial Elisabeth Horowitz. Nous observons que, tandis qu'un enfant apparaît, plusieurs autres disparaissent. C'est parfaitement analogue aux coïncidences alpha précédemment présentées où l'on voyait des grands parents disparaître à la naissance d'un de leurs petits enfants. Simplement ici l’on voit ce type de coïncidence s'exporter dans l'espace extérieur à la famille, dans la cité, tout comme chez Oedipe. Cela provient du fait que Jésus est présenté comme le sauveur du monde, le fils de Dieu et de descendance royale : il bouscule l'ordre du monde, met en péril l'ordre existant.

      L'évangile met en scène deux figures emblématiques : Hérode, occupant une place d'aîné bien installé, menacé dans sa tranquillité par la naissance de ce dernier venu, Jésus. Dans une famille l'aîné développera divers symptômes à l'apparition d'un puîné-, le symptôme dans cette histoire de Noël c'est la désorganisation, la décompensation, la folle décision ou le passage à l’acte du roi Hérode qui commande cette exécution collective. Encore une fois peu importe que l'événement rapporté soit historique ou imaginaire, symbolique, mythique; le ménéticien s'attache à la liaison réalisée par le narrateur entre naissance et massacre, apparition d'un enfant prestigieux et disparition non moins exceptionnelle, naissance et violence, événement familial et catastrophe.

      Nous en terminerons avec cet épisode "validant" la théorie de l’effet en notant qu'on retrouvera Hérode à la fin des évangiles : il finira par avoir la peau de ce rival lui ayant initialement échappé de justesse ! Jésus nous révèle qu'à la naissance d'un enfant apparaissent à son chevet les bonnes et les mauvaises fées ; il y a les "pro" et les "anti", ceux qui vont aimer l'enfant, assurant ainsi sa survie et les autres qui parfois cherchent à l'éliminer, à l'exterminer comme ce fût le cas pour Oedipe. Hérode ne ressemblerait-il pas à Caïn, assassin de son frère ?

      Que tout cela ne nous empêche pas de fêter Noël le plus joyeusement possible...

    Le ménéticien (alias Elie Sorlin)     


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