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        button7.gif   Lettre 111 : Modes d’existence, psychogénéalogie et ménétique… Suite


      Résumé

    Le mode d’existence « métamorphose » ou MET tiré par B. Latour de la pratique clinique de l’ethnopsychiatre Tobie Nathan est ici convoqué pour contribuer à différencier psychogénéalogie et ménétique. Cette dernière n’a point à traiter de ce type d’êtres tandis que le psychogénéalogiste peut avoir affaire à eux et savoir comment s’y prendre pour en libérer les individus qu’ils aliènent après en avoir parfois hérité ou qui se sont laissés prendre et surprendre.


    Nous terminions notre lettre 110 du mois précédent en nous proposant de traiter en lettre 111 de trois des 15 modes d’existence présentés dans l’ouvrage déjà cité de B. Latour : MET pour Métamorphose, REP pour reproduction et HAB pour Habitude. Quoique www.menetic-site.net ne soit pas un site de philosophie, une brève incursion dans un courant dernier-né pouvait peut-être nous aider à mieux différencier psychogénéalogie et ménétique.

    Précisons brièvement ce qu’est un « mode d’existence » dans cette nouvelle entreprise philosophique dont on a vu qu’elle s’enracinait dans une réflexion sur les manières qu’avait l’être de se dispatcher en multiples êtres comme en multiples manières d’exister. En outre, plutôt que de s’attacher à des réalités figées une fois pour toute comme les substances, cette ontologie se révélait soucieuse des genèses, des évolutions, des changements, des modifications précédant, accompagnant ou suivant l’établissement des substances considérées comme autant d’arrêt sur image.

    Chaque mode a sa manière particulière de produire un type d’existant, de réalité à laquelle correspondent autant  de manières d’en valider l’objectivité, la vérité ou véridiction comme la qualité bonne ou mauvaise appelée par Latour conditions de félicité/infélicité. La science par exemple relève d’un mode REF ayant ses propres règles qu’on ne saurait appliquer sans commettre d’erreur à la fiction (=FIC), au droit (=DRO) ou à la religion (=REL). Ainsi en va-t-il pour MET, REP et HAB.

    MET pour Métamorphose traite par exemple d’une classe d’invisibles bien particuliers que l’humanité doit chroniquement affronter depuis l’aube des temps qui la vit naître. On en repère les nuisances dans pratiquement toutes les cultures connues à ce jour qui les qualifient et les traitent traditionnellement chacune à sa façon.

    Ces invisibles sont susceptibles de revêtir bien des formes d’où le nom de « métamorphose » donné à leur mode d’existence. L’idéologie rationaliste, perversion de l’esprit des Lumières, détournement sectaire de cette entreprise encyclopédique universaliste, dévoiement de la rationalité puisqu’elle fonctionne selon une logique binaire réductrice, ne saurait accéder à cette modalité de l’être qu’elle raye purement et simplement de son monde clôt et sans baie.

    Latour en saisit chez nous la trace dans la pratique clinique d’un Tobie Nathan par exemple dont on connaît bien le laboratoire d’ethnopsychiatrie. Un authentique psychogénéalogiste ne saurait s’y trouver dépaysé : on y observe en effet des interventions familiales systémiques d’une grande richesse et variété avec confrontation à ces fameuses entités dont les patients se déclarent affectés.

    Ces êtres ne sauraient sans qu’on commette une faute contre la rationalité, une erreur de diagnostic, se voir confondus avec les êtres de la fiction qui, eux, relèvent d’un mode d’existence différent : a-t-on déjà vu un romancier ouvrir une clinique pour chasser les mille et un démons qu’il invente et qui possèdent sans retenue ses personnages, requérir un thérapeute en chair et en os, un psychogénéalogiste,  un ethnopsychiatre, un exorciste réels ? Sa famille le ferait immédiatement enfermer, preuve s’il en est qu’on ne se trouve pas dans le même registre d’existence, de réalité, d’objectivité. Ses possédés dans le roman sont bien réels mais à leur manière ; diffère leur instauration au sens où l’entend P. Souriau, déjà cité.

    Ces invisibles que sont tous ces êtres de la métamorphose s’avèrent d’une efficacité redoutable pour aliéner, agir sur votre monde privé, sur l’intériorité, la santé, le sentiment d’être un soi à soi. Ils peuvent parfois transiter d’une génération à l’autre et faire partie des héritages. Leur cahier des charges implique l’invisibilité.

    On ne saurait les rencontrer en ménétique ; ils permettent donc de la distinguer sur ce point de la psychogénéalogie qui peut avoir à en traiter le cas échéant.

    En lettre 112 de février prochain nous examinerons la contribution de deux autres modes à cette différenciation : REProduction et HABitude en l’occurrence.

    Mais en attendant très bonne année 2013 à tous nos fidèles lecteurs internautes !

                                              

                                                                           Le ménéticien (alias Elie Sorlin)   


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