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        button7.gif   Lettre 112 : Métamorphoses et ménétique


      Résumé

    La ménétique ne s’intéresse point aux esprits dont B.Latour fait l’un de ses 15 modes d’existence à la différence de la psychogénéalogie qui le cas échéant peut avoir exceptionnellement à en traiter. La psychogénéalogie ne s’intéresse point à la mesure, à la quantité, au nombre comme la ménétique qui cherche à repérer par ce moyen des correspondances temporelles (coïncidences bêta) qui ne sont autres que des synchronicités au sens proprement jungien. Celles-ci témoignent d’un rapport de l’homme au temps, au futur, à ce qui va arriver si particulier qu’il convient d’imaginer un modèle pour l’expliquer, ce qui fera le sujet d’élection de plusieurs de nos prochaines lettres mensuelles.


    Nous avons vu en lettre 111 que l’anthropologie philosophique de B. Latour sollicite la rationalité pour qu’elle tienne mieux compte de l’observé, en mettant à jour un mode d’existence dont nous autres modernes avions amputé le réel : celui des invisibles, entités ou esprits (1) possessifs pouvant aliéner les individus. Maintes sociétés indigènes n’avaient depuis des lustres cessé d’en témoigner à corps et à cris. Mais nous avions pris l’habitude de considérer leurs témoignages exotiques comme autant d’allégations mythiques.

    Contre de tel discrédit systématique l’armement lourd de B. Latour permit à l’aide du concept de symétrie de faire une belle brèche : si le rationalisme d’antan aboutissait à cliver le monde entre humains déficitaires (primitifs, sauvages, indigènes) et modernes cognitivement plus nantis, il convenait de rééquilibrer les relations, de réinjecter de l’égalité, de l’estime dans les rapports d’espèce en commençant par prendre au sérieux ce qu’ils affirmaient avec une si grande constance au sujet de ces esprits dont ils faisaient état, que nous considérions comme des fictions ou même de productions délirantes provenant d’individus sous développé ou malades.

    Le monde humain en général peut désormais avoir à faire face à des « esprits », des entités diverses, les unes bonnes, les autres mauvaises ou nocives sans automatiquement déroger à la rationalité. La psychogénéalogie peut avoir à en traiter occasionnellement tout comme l’ethnopsychiatrie, l’hypnose clinique (2).

    La ménétique quant à elle va les abandonner à leur sort pour s’intéresser plutôt au temps intrafamilial, à l’intratemps familial via le nombre, la mesure, à l’être sous forme de quantité. Nous rejoignons ainsi le thème principal de www. menetic-site.net concernant deux sortes de coïncidences : alpha, bêta (3). Les coïncidences bêta sont celles dites de temps pur, mettant en scènes des correspondances temporelles particulières dont notre dernier ouvrage paru chez l’Harmattan en 2010 Généalogies ou la puissance du temps fournit maints exemples                         

    La ménétique s’intéresse donc à la manière dont le temps enveloppe et compénètre la famille via les individus chronophores/porteurs de temps qui la composent. Ce faisant elle tombe sur ce que Jung appelle des synchronicités. On sait que ces dernières constituèrent le fil rouge de sa pensée tout au long de sa vie, fil que dévide partiellement son livre tardif Synchronicité et Paracelsia (4).

    Les diverses psychogénéalogies ne s’intéressent pas particulièrement à cet aspect des choses ; leur point commun est de vouloir traiter, soulager, soigner les individus en prenant en compte leur généalogie moins comme matrice temporelle quantifiée que comme patrimoine contribuant aux hypostases, à la formation ou à la déformation des personnes apparentées, diversement héritières pour le meilleur comme pour le pire.

    En lettre 113 nous poursuivrons notre réflexion sur les relations entre ménétique et temporalité en partant du concept jungien de Synchronicité pour en arriver à une version du temps aussi compatible que possible avec les observations .

    Bibliographie

    (1) Bruno Latour, Enquête sur les modes d’existence, Une anthropologie des Modernes, La Découverte, Paris, 2012, pp. 188 et suiv.

    (2) Edith Fiore, Les esprits possessifs, Exergue, 2005. L’auteur psychologue clinicienne américaine, a à son actif une expérience sur 40 années de quelques 30.000 séances d’hypnose dont un bon tiers consacré à la délivrance de divers esprits. Ces derniers sont à mettre en perspective avec ceux qu’affronte la clinique ethnopsychiatrique d’un Tobie Nathan ou, à l’occasion, les diverses pratiques psychogénéalogiques.

   (1) Se reporter au frontispice en début de site

   (2) C.G. Jung, Synchronicité et Paracelsia, Albin Michel, Paris, 1988

                  Le ménéticien (alias Elie Sorlin)   


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