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        button7.gif   Lettre 114 : Temps, futur, être et métagnomie : modèle tripartite


     

    Résumé  

    Cette lettre 114 propose un modèle tripartite de rapport de l’homme à l’être comme au temps : un plan A contient étalé ou déployé tout l’être effectif ou temps rayonnant ; un plan B contient les six milliards et quelques d’êtres humains captant des bribes de ce rayonnement, dans le rêve notamment ; entre les deux se tient une paroi qui filtre le rayonnement ; ce dernier est autant fossile puisque provenant d’événements passés que symétriquement futur rayonnant de la même façon. Le Dasein traversé par le souci de la mort capte le rayonnement de ce futur effectif mais de manière intermittente, aléatoire, désordonnée, peu contrôlable. Au souci qui l’habite s’associe le pressentiment, la prescience, la précognition, l’anticipation assistant le Dasein dans la conduite et le développement de son existence, de sa vie.


    On sait combien à l’heure actuelle nos sciences de pointe sont tournées vers le passé. Il n’est presque pas de jours où nos cosmologistes ne nous livrent des informations nouvelles sur ce qui semble s’être passé depuis le bing bang ; ce dernier est actuellement notre horizon sur lequel on se cogne puisqu’on ne sait pas encore le franchir. Sans doute a-t-il un au-delà que certaines théories tentent de formaliser. Voilà pour le grand monde.

    Mais pour l’autre, le petit, le nôtre, le plus familier, celui de la famille et de la généalogie, qu’en est-il ? Nous nous focalisons souvent à juste titre sur le poids des héritages et donc du passé pour tenter d’en atténuer l’impact éventuellement mortifère et répétitif sur nos vies. Il convient de tempérer cet investissement lourd pour ce passé psychogénéalogique par un peu plus d’attention portée à l’avenir.

    L’être humain dispose de cette étrange capacité d’accéder dans certaines circonstances à l’avenir, à un futur qui le concerne. On ne compte pas dans les annales de l’histoire humaine les gens célèbres ou modestes que des voyants doués, talentueux, informèrent sur leur mort avec un luxe de détails à faire frémir. Jules César lui-même fût métagnomiquement (par multiples voyances) informé du sort funeste qui le guettait : l’assassinat. A ne nous en tenir qu’à l’annonce de la mort il ne fait aucun doute que l’humanité dispose de l’aptitude épisodique à deviner ce qui l’attend ; nous pourrions citer ici des dizaines de cas illustrant ce phénomène dûment avéré.

    Comment le comprendre ? Ce qu’on observe c’est l’étendue du phénomène dans notre espèce, son extrême généralité toutes ontologies confondues : la nôtre, l’animiste, la totémique ou l’analogique (1). Il n’a jamais subi la moindre éclipse, le moindre haut et bas. Le futur irradie, infiltre nos rêves, les cabinets de voyance, par des flashs intempestifs qu’à peu près tout le monde peut avoir n’importe où, métro compris, n’importe quand. Bref le futur se trouve quelque part et le voile plus ou moins ténu qui nous en sépare ne cesse constamment d’en laisser filtrer le rayonnement ; il est parfaitement symétrique du rayonnement fossile autour du point présent fonctionnant comme un axe de symétrie.

     L’être humain capte le futur dans le plus grand désordre qui soit ; il n’y peut rien car il est fait comme çà, l’évolution ayant progressivement sélectionné cette aptitude pour lui permettre de survivre et de se piloter de façon moins aveugle dans le dédale de l’être.

    Mais parlons-en de l’être avec son explorateur attitré que fût l’immense Heidegger. Tout y tourne chez lui autour du Dasein qu’on peut entendre comme étant l’individu humain concerné, intéressé par la question de son rapport d’existant particulier à l’être. Ce Dasein, cet être -pour- la- mort est habité par le « souci » de son inexorable fin. Ce Dasein a été, est et sera. On peut donc découper le temps en trois phases.

    Bien qu’il ne semble pas que cela relève de la pensée même d’Heidegger, rien ne nous interdit de considérer un plan de l’être comportant simultanément ces trois plans du temps mais uniquement pour autant qu’il s’agissent d’évènements effectifs passés, présents, futurs. Du seuls faits qu’ils sont effectifs, ont été réalisés, se réalisent ou seront réalisés, ils appartiennent donc de plein droit à l’être. On ne voit pas comment ils pourraient lui échapper.

    Il importe dans cette représentation de ne point transcendantaliser ce plan ontique du seul fait qu’il contiendrait rassemblés les trois plans ou les trois aspects traditionnels du temps. Ce plan temporel doit absolument être dissocié de la puissance infinie, de l’omniscience qu’on attribue à l’esprit divin et tutti quanti. Simplement et fort économiquement ce plan comporte unitairement tout l’effectif mais non nécessairement l’infinité des possibles car pour l’instant nous n’en n’avons pas besoin.

    Une fois ce plan n°1 de l’être ainsi caractérisé sommairement, défini et postulé, le problème devient celui d’arrimer les multiples existants que nous sommes à ce plan par une interface appropriée comportant des points de contacts que nous désignerons par « singularités », puits, fenêtres, percées ou trous. Médiums, voyants, clairvoyants de tous bords, de tous pays à des niveaux divers vont exprimer quelque chose de cette interface, de cette capacité qu’a l’homme d’accéder à ce plan chaque fois qu’ils auront une voyance, c’est-à-dire chaque fois qu’ils capteront plus ou moins correctement un quantum de ce rayonnement pulsant du futur que l’être contient logiquement.

    Concevons le plan de l’être contenant ce qui fût, est et sera comme parallèle au plan de nos existences avec entre les deux une paroi osmotique par où filtre par intermittence tant le rayonnement fossile que celui provenant du futur. Le plan A rayonne comme le plan B contient des milliards de Dasein qui captent dans le plus grand désordre le rayonnement de l’être avec les diverses facultés de clairvoyance dont les a plus ou moins généreusement doté la nature.

    Nous poursuivrons en lettre 115 de mai 2013 nos réflexions sur le temps généalogique en l’articulant à ce modèle temporel expliquant une partie de la voyance, des synchronicités patentes tant jungiennes que proprement ménétiques, intrafamiliales, transgénérationnelles, généalogiques.

Bibliographie :

    (1) P. Descola, Par-delà nature et culture, Gallimard, Paris, 2005

                  Le ménéticien (alias Elie Sorlin)   


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