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    button7.gif   Lettre 12

      Un an déjà…

      Voici un an, jour pour jour, s'ouvrait ''menetic-site.net" avec l'ambition de proposer aux internautes des points de vue alternatifs sur la famille moderne, postmoderne, petite (parce que plus facile à observer), libérale, en principe affranchie des règles d'organisation ancestrales prévalant encore dans une grande partie du monde, fascinée par elle mais qui lutte désespérément contre son implantation. En effet cette dernière est liée à une transformation profonde des rapports d'autorité au sein même de la famille, à un bouleversement des transmissions symboliques ou non, et surtout à une révolution dont on ne mesure habituellement pas l'ampleur dans les rapports entre les femmes et les hommes, au sein de chaque sexe ou genre (masculin, féminin), entre les frères et sœurs.

      ''menetic-site.net'' va s'intéresser préférentiellement à ce qu'implique justement une telle révolution qui fait aller l'humanité d'un ou de systèmes d'organisation familiales fondés principalement sur I'autorité établie, les traditions, les droits coutumiers, les folklores, les mythes, les religions appelées à la rescousse (que ces religions soient ou non du Livre) pour y contribuer à leur manière… à des systèmes d'organisation apparemment anarchiques, complexes, multiples comme ceux dans lesquels nous vivons tels des poissons dans l'eau.

      ''menetic-site'' pose la question suivante qu'aucun psychogénéalogiste de France ou de Navarre n'a encore posé, question clé : nos familles, n'étant plus fondées sur les principes d'organisation qui font ‘’marcher’’ les familles dans le reste du monde n'ayant point accédé plénièrement à la postmodernité, comment tiennent-elles encore debout? Comment s'organisent-elles ? Comment fonctionnent-elles ? Pourquoi la famille a-t-elle la vie si dur dans un environnement libéral relativement anomique qui nous semble aussi peu favorable à sa survie ?

      La réponse du ménéticien est la suivante : la famille moderne s'auto-organise. La part des règles ou traditions y étant diminuée, ce sont les REGULATIONS qui en ont pris la relève à l'insu des membres qui la composent et qui oeuvrent sans le savoir à son bon fonctionnement. Presque tout ce sur quoi tombent les psychogénéalogistes dans leurs courageuses prises en charge de personnes souffrant d'une emprise excessive de leur ‘’arbre’’ comme on dit maintenant (c'est à la mode) ne sont que manifestations au grand jour ou révélations furtives de cette auto-organisation secrète, méconnue, voilée, taboutisée.

      Toutefois il ne suffit pas d'énoncer semblable thèse pour la rendre plus crédible ; Il ne suffit pas de dire que les régulations remplacent les règles d'antan : il faut le montrer. C'est ce que nous n'avons cessé de faire depuis l'ouverture du site en commençant par Amélie dont on voit bien comment l' amour au madrilène est régulé par la maladie de la mère (lettre n°2). Si nous avons commencé par proposer aux internautes curieux, intéressés, les régulations événementielles, synchroniques, impliquant d'avantage les relations affectives, les rapports d'attachement, de "rattachement", au second semestre 2003 nous aborderons les régulations par les automatismes du temps dont les manifestions bruyantes ne cessent d'étonner les psychogénéalogistes qui soudainement les découvrent ou les investissent (Le Docteur Salomon SELLAM par exemple qui prépare un livre sur elles sans se douter que d'autres l’on précédé dans cette aventure exploratrice et ce dès les années 85, publications en attestant !).

      Bref ''menetic-site.net" aux côtés de beaucoup d'autres aventuriers part à la découverte du nouveau continent noir qu'est la famille postmoderne, chaque explorateur dans cette phase de conquête colonisatrice traçant sa propre voie, trouvant son chemin initiatique au bout duquel, enfin, on pourra dresser une meilleure carte du territoire parcouru.

      Nous ne voudrions pas terminer cette lettre n°12 sans évoquer psychogénéalogiquement le souvenir de cette grande dame qui vient de nous quitter  : Françoise GIROUD.

      Dans son autobiographie "Leçons particulières" voici ce qu'on y trouve en page 17 :

        ‘’Ma première leçon, je l'ai reçue de mon père, le jour de ma naissance. J'étais sa seconde fille. La première avait six ans déjà. Il voulait un fils. En me voyant, il a dit :"Quel malheur" - et il m'a repoussée. La légende veut qu'il m'ait fait tomber. En tout cas, je ne m’en suis jamais remise. Je veux dire que, pendant quelques décennies et sans dételer, je n’ai cessé de demander pardon, autour et alentour, de n’être pas un garçon. Je n’ai cessé de vouloir faire la preuve qu'une fille, c'était aussi bien’’.

      Puis page 105 et 106 on peut lire :

        ’… J’attendais un enfant d’un homme dont j’avais été séparé d’un coup par la débâcle. J’avais tout essayé pour m’en débarrasser…

        " Ce petit garçon non désiré m'a déconstruite. Je me détestais de ne pas l'aimer. Plus tard, je l’ai trop aimé. Je ne l'ai jamais bien aimé. Nous n'avons jamais été heureux ensemble. En fait, du jour où il est né, rachitique parce que j'étais sous-alimentée, j'ai marché avec une pierre autour du cou. 

        Au fond de moi, je l'avais d'abord rejeté : alors il n'a cessé, évidemment, d'être un enfant difficile, un adolescent pire encore ... j'ai eu un autre enfant, je sais la différence. Lui se déchirait à tous les clous de la vie; Il était brillant cependant, si intelligent... Et quand, après avoir terminé ses études de médecine, il a été près d'avoir enfin réglé ses comptes avec moi, il s'est tué en skiant hors piste à Val d'Isère... J'ai attendu deux mois. Deux mois. Et puis son linceul de neige a fondu."

      On voit ainsi dans ses lignes se profiler l'ombre du "mode 2" dans le traitement de l'enfant que l'on fût d'abord et que l’on a un jour. Le moment venu d'avoir un garçon peut renvoyer la mère à ce qu'on lui fit subir autrefois quand elle naquit. L'histoire du parent informe celle de la relation qu'elle noue avec celui qu'elle met au monde pour le meilleur comme pour le pire : tout comme Oedipe qui ne voulait à aucun prix tuer ses parents, on parvient mal à s'empêcher d'être la mère, le père, le frère, la soeur qu'on ne voudrait point être... en mode 2 qui nous fait agir pour le compte de la structure familiale, de son organisation secrète, cachée et pour une large part en rapport avec les traumatismes ou blessures endurées par les uns ou par les autres au sein de la famille.

      L'enfant de sexe masculin que désirait si ardemment son père et qu'il ne put obtenir de son épouse, c'est justement sa fille Françoise, la mal aimé, la non désirée qui le lui donna contre son gré, à son corps défendant, par l'une de ces violences dont l'organisation secrète de nos familles postmodernes est coutumière pour arriver à ses fins. On comprend dans ces conditions et la rébellion du sujet, la mère en l’occurrence et l'inconfortable situation de l'enfant pris en sandwich dans une lutte sans merci entre une fille : sa propre mère et le père de celle-ci : son propre grand père.

      L'on tient aussi dans ces révélations livrées à cœur ouvert une fort belle "coïncidence gamma": comme le père scinda le groupe de ses enfants en deux sous ensembles qui sont les enfants affectivement reconnus, un enfant rejeté, non aimé, non désiré, la fille réalisa ­tout en cherchant constamment à l'éviter (comme fit Oedipe!) – la même partition entre un fils imposé, non désiré, difficile à aimer et sa sœur investie sans problème. Répétition transgénérationnelle selon laquelle sur ce point un enfant "coïncide" avec son père : l'on assiste alors, comme aux premières loges, à la conservation ou pérennisation d'une forme d'organisation du groupe des siblings, des germains, des frères et sœurs d'une génération à l'autre ; chaque pas fait pour tenter d'éviter la répétition va encore plus dans le sens de la reproduction dans une dramaturgie aboutissant au linceul du Val d'Isère.

      L’analyse ménétique de la mort accidentelle de cet enfant impliquerait d’en connaître un peu plus sur l’arbre généalogique de Françoise GIROUD. A cette condition près réalisée, le ménéticien serait en mesure de voir si cette disparition tragique entre dans le cadre d’un effet parenté. En d’autres termes, ce jeune homme mourut-il dans un mouvement de redistribution du capital affectif à l’intérieur de sa famille et il pourrait enfin dire s’il s’agit d’une mort ‘’ménétiquement régulière’’ (c’est à dire obéissant à la grammaire ménétique) ? 


      Prochaine lettre : Théorie ménétique restreinte et théorie ménétique généralisée, redéfinition de la psychogénéalogie entendue comme psychologie transgénérationnelle comportant : nouveaux faits observés, travail de théorisation, pratiques psychothérapeutiques.

    Le ménéticien (alias Elie Sorlin)     


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