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      button7.gif   Lettre 122 : Temps généalogique, temps G, temps masqué ou de l’importance d’un enfant né sans vie.

      A propos du train, nouvelle « crèche » …


    Résumé des lettres 122 et 123

    La reprise d’un cas de décès par infarctus déjà publié va permettre d’aborder sous un autre angle la question du destin individuel et de la liberté à travers celle du temps généalogique comme du transgénérationnel paraissant puissamment informer la vie des gens sans même qu’ils s’en aperçoivent. La découverte improbable d’un petit frère né sans vie du jeune disparu qu’on enterre, comme dans un jeu de pîste, nous fait alors remonter à une aïeule née/abandonnée dans un train, qui ensuite se choisira un mari cheminot dont elle aura un fils aîné Louis, devenu à son tour cheminot passant le plus clair de ses jours et de ses nuits dans les trains dont l’un d’eux fût autrefois…la crèche ou matrice n°2 de sa mère, grand-mère paternelle de l’enfant né sans vie comme de son aîné mort d’infarctus qu’on enterre ; grand-mère elle-même prématurément disparue en accouchant de sa première fille et dernière enfant. Comme si ça l’avait renvoyé à l’abandon dont elle avait été dans un wagon un jour la victime, abandon qu’elle rejouait au prix même de sa vie : on m’a abandonné : j’abandonne l’enfant au père cheminot puis je meurs.


    Nous allons tenter à nouveau de montrer comment et pourquoi le temps généalogique, par nature assez peu visible, échappe le plus souvent à la sagacité des observateurs qui passent à côté de lui sans même le remarquer. Reprenons de façon plus détaillée un cas sur lequel nous avons particulièrement travaillé, à propos duquel nous avons en outre publié divers articles dans des revues de qualité (1) et que nous avons enfin longuement exposé dans notre dernier ouvrage : Généalogies ou la Puissance du Temps (2).

    Il s’agit d’un certain Jean-Luc, foudroyé par un infarctus, en pleine nuit comme en pleine santé, aux côtés de sa compagne, et à l’âge de 33 ans. Ni lui ni elle ne surent détecter les signes annonciateurs de ce qui allait arriver et l’emporter brutalement : douleur thoracique notamment, confondue avec une indigestion banale qu’on pensait passagère, stoïquement supportée pendant un trop long moment pendant lequel le Samu, si on l’avait appelé, aurait pu intervenir pour assurément le sauver .

    Il meurt avons-nous dit à 33 ans ; or personne de connu dans la famille n’a traversé un quelconque évènement significatif à ce même âge ; autrement dit cet âge au décès ne coïncide avec rien, ne correspond à rien de repérable au plan généalogique ; il paraît donc d’emblée fortuit, aléatoire, dénué du moindre sens. Un critique fictif à la dent dure pourrait même aller jusqu’à déclarer : « Mr Sorlin, votre temps généalogique ou temps G n’est qu’une illusion, de la pseudo science ; j’en veux pour preuve ce décès arrivé par hasard, sans que personne s’y attende. Votre site n’est ni plus ni moins qu’une entreprise ésotérique de numérologie, un fourbi abracadabrantesque de chiffres cabalistiques ! Vous feriez mieux d’abandonner ce genre de vaines recherches, de profiter un peu de la vie et d’aller vous reposer ! »

    Si ce critique n’a sans doute pas tort d’épingler indirectement de cette manière le fait que le temps G soit bizarre, qu’il avance masqué comme Zorro, tout en m’invitant aimablement à prendre quelque repos mérité, il oublie cependant que l’âge qu’on porte à un évènement important comme sa propre mort n’est point isolé ni perdu pour tout le monde. Tout comme les mots du langage qui, pris dans des phrases, ne le sont pas non plus. Quand ce 33 ans est atteint par Jean-Luc au jour J nous constatons qu’il s’inscrit lui-même dans un nuage de chiffres ou d’âges atteints par les divers membres apparentés vivants ou morts (ce dernier point est important comme nous allons nous en apercevoir dans les lettres de janvier et février 2014).

    On le saisit aisément en observant la foule des parents venus à la cérémonie de son enterrement, puis l’accompagnant jusqu’au cimetière pour un dernier hommage. Il est évident qu’à ce moment-là tous portent ou atteignent un âge particulier précisément calculable. Il suffit pour le vérifier d’interroger chacun d’eux, de lui demander : « Quel âge avez-vous ? », du plus jeune au plus âgé, puis de les consigner discrètement tous par écrit sur un petit carnet afin de ne point les oublier et pouvoir ensuite les comparer entre eux. Au terme d’une telle enquête on obtient un feuillet noirci de chiffres comme 8, 15, 25, 32, 46, 57, 64 etc… chacun représentant un âge de deuil, l’âge justement atteint par chacune de ces personnes interrogées, apparentées au défunt et venues à son enterrement.

    Si vous placez au milieu de tous ces chiffres d’âge le 33 du jeune disparu qu’on pleure et que vous n’avez pas pu interroger du fait qu’il est maintenant dans la tombe, vous vous retrouvez bel et bien devant un petit nuage ou ensemble d’âges ayant les quatre propriétés distinctes suivantes : 1/ Quoique différents ils apparaissent tous le même jour ; ils sont donc atteints simultanément si bien qu’on peut les placer sur une colonne verticale 2/ Un seul est celui du disparu : le 33 ; on le désignera par la lettre « d » comme dans « décès » ou « death » ; ce 33 sera à un certain endroit de la colonne avec tous les autres situés soit au-dessus, soit en dessous de lui 3/ Tous les autres sont ceux des participants à la cérémonie, subissant donc le deuil ; on les désignera par la lettre « l » qui vient de l’anglais « lost » et qui signifie « perdu » ; ce sont des âges où l’on perd quelqu’un, quelque chose, bref des âges « l » de deuil ou de perte.

     Ces bien modestes  conventions vont nous permettre de différencier ainsi clairement dans le groupe des chiffres deux sous-groupes temporels, l’un des âges dits « âges actif » tel le 33, unique en son genre ici, l’autre constitué de tout le reste composé d’âges de personnes assistant à l’évènement, âges dit « âges passifs » parce qu’il s’agit de personnes endurant, subissant passivement le deuil en assistants/participants impuissants. C’est un moyen comme un autre de mettre un peu d’ordre dans les « données » recueillies. En outre on prendra soin de bien indiquer pour chaque âge de la colonne, de quel parent il s’agit afin de s’y reconnaître. Ce parent sera considéré avec un petit effort d’imagination comme s’il en était détenteur, comme s’il le portait, accablé, le produisait, l’émettait ou le prononçait, le proférait, comme s’il le projetait en quelque sorte dans l’espace/temps généalogique et familial.

     Enfin tout au-dessus de la colonne, la coiffant pour ainsi dire, on mettra la date du décès : 17.07.1988 ou celle du jour de l’enterrement, comme vous voudrez, jour J où tous ces âges soudainement apparaissent, se distinguent du reste du fait de la singularité de l’évènement auquel ils sont ici liés, associés. Comparant chaque personne à quelqu’un qui parle continuellement et sans même s’en rendre compte du temps dans la langue même du temps généalogique on dira que le jour de l’enterrement de Jean-Luc ou plus exactement de sa mort il « émet » un mot de temps « l », d’un montant précis, calculable en années, mois ou même jours au sens également précis puisque lié à un deuil qu’il endure tandis que Jean-Luc en expirant émit, proféra ou prononça « d » d’un montant de 33 ans.

    De l’enfant né sans vie

    Ah, j’allais oublier quelque chose de la plus haute importance pour le chercheur de temps généalogique que nous nous efforçons de devenir, du fait de ce site! Avant de quitter le cimetière, discrètement faites-y un petit tour. Vous allez y découvrir dans le carré des enfants une tombe assez improbable, paraissant abandonnée bien que sur la croix frêle et moussue y demeure encore suspendu un fragment d’angelot cassé. En vous en approchant pour tenter d’y déchiffrer l’inscription presque effacée par l’usure du temps ordinaire et des précipitations (neige et pluies) vous y découvrez une date, une seule : 3.05.1963. C’est celle d’un enfant né sans vie ou mort-né, auquel ici on n’a pas donné de nom bien qu’on lui ait rendu un hommage appuyé comme en témoigne la touchante figurine de porcelaine. Notez la date, notez-la bien car vous avez surpris un membre de la famille, le père en l’occurrence, venu furtivement se recueillir un instant devant cette toute petite tombe de rien du tout. C’est lui qui nous mit ainsi sur la piste de cet enfant sans cela perdu pour www.menetic-site.net, oublié. Cette date commémorative à la fois d’une naissance et d’un décès va précieusement nous servir.

    De retour chez vous, à tête reposée, vous voilà devant un groupe de chiffres dont un d = 33 entouré d’une nuée d’autres âges « l » qui l’entourent, l’environnent, l’accompagnent tel un halo ou une brume numérique. En outre vous avez une date, celle de la naissance de l’enfant, inconnu comme le soldat, né sans vie, dont à ce stade vous ignorez encore tout de ses parents, de ses relations avec le défunt du jour comme avec l’homme venu se recueillir sur sa tombe juste avant de quitter le cimetière. Serait-il son père?

    On dit qu’un message sur le net ne saurait dépasser trois pages, le temps de chaque internaute étant compté comme de l’argent. Ce quota étant atteint c’est donc en janvier 2014 et dans notre lettre 122 que nous poursuivrons le commentaire de ce cas de disparition puissamment informée par le temps généalogique.

    Nous vous souhaitons donc en terminant  un  Noël 2013 joyeux, riche de petits cadeaux de la vie,  de ceux qu’on ne s’empresse surtout pas de revendre parce qu’on y tient fort à cœur.

                                                          

    (1) Généalogies : langage du temps, approche structurale, implications anthropologiques in DIOGENE, Revue internationale des sciences humaines, n°149, 1990, pp. 41 – 64

    (2) GENEALOGIES ou la puissance du temps, La réapparition des âges dans le système familial, L’Harmattan, Paris, 2010

 

      Le ménéticien (alias Elie Sorlin)   


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