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      button7.gif   Lettre 126 : Au 16ème siècle, un « effet parenté » peu soupçonnable !


    Dans nombre de nos lettres antérieures nous avons évoqué ce qu’était un « effet parenté » en en fournissant diverses illustrations. C’est un concept tiré de notre premier livre : Evénements familiaux et logique de destinée dont il reste encore quelques derniers exemplaires chez l’éditeur parisien l’Harmattan ou, bien sûr, en occasions chez Priceminister ou Amazon Livres. Le titre de l’ouvrage devait d’ailleurs être « L’effet parenté » puisqu’il lui était dédié. Mais le Directeur de collection imposa un autre titre !

    Cette expression mystérieuse désigne en réalité un phénomène ignoré extrêmement fréquent qui remplit la rubrique des faits divers de tous les quotidiens du monde. Quand se produit un évènement familial du genre mariage, naissance ou décès avec tous leurs équivalents (Unions libres, séparations, adoptions, fausse-couches etc…) le plus ou moins précaire équilibre des relations affectives au sein du groupe familial où survient ce genre d’évènement s’en trouve automatiquement perturbé. Se déclenche alors un cycle comportant diverses réactions accompagnées de mesures correctrices pour tenter de remédier au risque de désordre, voire de désorganisation.

    Ce cycle c’est précisément l’effet parenté ou « EP ».  Nous pouvons le dénicher à peu près partout, à condition toutefois de disposer d’une information suffisante sur ce qui se passe effectivement à l’intérieur du petit groupe familial quand on y observe le fameux EP. Il mobilise souvent une grande quantité d’énergie et comporte des enjeux proprement vitaux.

    Celui dont nous allons ici vous entretenir appartient à la grande histoire, celle même de la conquête de ce qu’on appelle maintenant le Mexique. On sait que c’est le conquistador espagnol Hernan Cortès qui le premier aborde non plus en marchand mais en conquérant la côte de l’immense empire Aztèque au printemps 1519. 1 million de km2, plus de 20 millions d’indiens, une civilisation à maints égards équivalente à celle de l’Europe, avec à sa tête un empereur puissant ; la capitale Tenochtitlan (la future ville de Mexico) située sur un lac est une merveille d’architecture urbaine surpassant Venise en richesses comme en réalisations culturelles. Pour vous donner une idée de cette civilisation mésoaméricaine hélas disparue : à l’époque 40.000 temples dans ce pays, un million de prêtres, une armée surentraînée comme celle des romains autrefois et des sacrifices humains pratiqués à une échelle quasi industrielle.

    D’une manière presqu’invraisemblable et pour le compte de Charles Quint, en moins de 4 ans Cortès s’empare de l’empire. En 1524 la conquête est terminée ; Cortès a même réussi le tour de force de se mettre la masse statistique des indiens de son côté ; il parle désormais correctement leur langue et sa femme préférée, la « Malinsch » est d’ailleurs l’une des leurs. Il se paye même le luxe de faire fabriquer un canon d’une tonne d’argent marqué de son prestigieux blason personnel qu’il expédie à la couronne d’Espagne avare de métaux précieux, qui s’empressera dès sa réception de le transformer en quelques 20.000 ducats. Certains historiens se demandent comment se fait-il alors que Cortès n’aie point fait sécession, ce qui eût épargné au pays plusieurs siècles de colonisation éprouvante et bien des humiliations et spoliations au conquistador.

    La famille, encore la famille !

    Ces historiens oublient que Cortés avait toute sa grande famille, son père et sa mère notamment qui eussent alors été les otages d’un empereur ombrageux et jaloux de la puissance et de la richesse de son conquistador, qui s’employa par ailleurs et par mille et un moyens à « casser » notamment  avec l’aide d’un de ses anciens gardes, un redoutable pervers, le sinistre Guzman en tout point comparable en férocité vis-à-vis des indiens aux SS dans l’Europe des années 40. Au faîte de son pouvoir Cortès de manière peu compréhensible, dès octobre 1524, abandonne la capitale aztèque, Mexico, pour partir avec une longue suite sans compter un troupeau de porcs (Pour assurer l’alimentation !) dans un hasardeux et lointain voyage dans les terres maya que l’on considère habituellement comme inutile, quasi suicidaire et parfaitement insensé : « Aucun biographe n’est vraiment à l’aise pour traiter cet épisode, qui semble échapper à la pure rationalité. » écrit le grand Américaniste Christian Duverger dans son célèbre Cortés  à propos (1) de cet épisode connu sous le nom de « Le voyage à Las Hibueras » s’étalant sur 2 années. Il va avec toute sa suite y affronter une jungle presque impénétrable et hostile, la faim, la maladie, la mort de proches et surtout une sorte de rébellion larvée provoquée par ce voyage insensé, sans but apparent, sans issue qu’il ne parviendra à mater qu’au prix de la tragique  et regrettable pendaison du jeune Cuauhtémoc, derrière empereur du Mexique, son otage depuis le siège et la chute de la capitale, deux années plus tôt.

    On se trouve donc en présence d’une sorte de désorganisation momentanée de cet immense conquistador agissant de manière irrationnelle, embarquant dans son aventure plusieurs centaines de personnes, sa suite princière sans compter ses porcs qu’il ne veut surtout point sacrifier pour survivre ; imaginons le décor : une brousse inextricable ; des conditions de vie éprouvantes indignes du grand aventurier qu’il était en réalité. Et surtout une sorte de perte de contact avec son entourage, ce qui ne lui était encore jamais arrivé. Personne ne savait alors où on allait et si seulement on réussirait à s’en tirer !

    D’un point de vue strictement « ménétique » nous allons transformer cet épisode en un « symptôme », c’est-à-dire en un signe visible renvoyant à quelque chose d’autre qui est précisément ce dont c’est le signe ! En d’autres termes il en est ici comme dans une famille dont l’un des membres décompense et se désorganise de mille et une manières possibles d’ailleurs. Nous avons proposé dans ce cas pour clarifier la situation de dresser sur un feuillet trois colonnes.

    Dans celle de droite on note le « symptôme », soit ici la folle ballade de Las Hibueras. Dans la colonne du milieu on met les dates : 1924 – 1926. Puis dans celle de gauche qu’inscrire ? C’est pourrait-on dire la colonne principale ! On va scruter très attentivement ce qui se passe dans l’entourage immédiat du conquistador et qui est de l’ordre de la famille ou de la généalogie. Cette auscultation est capitale et doit s’effectuer avec une attention scrupuleuse sans quoi l’on risque de ne rien voir !

    De deux mariages à mettre en valeur

    Si l’expédition Las Hibueras débute à la mi-octobre 1524, aux alentours du Noël 1523 précédent Cortès promet sa fille aînée, la jeune Catalina, métisse cubaine qu’il eût autrefois à St Domingue, à un fils du gouverneur de la Jamaïque : Francisco de Garay. Celui-ci se fragilise et en meurt (Pleurésie contractée pendant la messe de minuit) : 1er effet parenté, selon nous, mais côté père du garçon !

    Se met alors en route l’effet parenté côté père de la mariée Catalina : Hernan Cortés enclenche les préparatifs de sa folle expédition Las Hibueras. Nous poursuivrons en lettre 127 certains détails de ce roman familial hors du commun confirmant la liaison que nous établissons entre « mariage » et ce fameux effet parenté qu’on s’ingénie à ne jamais apercevoir quand il arrive du fait qu’il implique une liaison par trop dangereuse.

    Joyeuses festivités pascales à tous nos internautes, fidèles ou occasionnels !

    (1) Duverger, C., Cortés, Fayard, Paris, 2001

    Le ménéticien (alias Elie Sorlin)   


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