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        button7.gif   Inscription du temps hypnotique dans une philosophie de la nature


    Résumé de la lettre 136

    Elle part d’une question naïve posée par le Petit Prince dans un rêve à un vieux savant au sujet du « temps hypnotique ». Ce dernier ne sait trop que lui répondre de sensé. Dès son réveil Elie Sorlin se met en tête de profiter de cette question laissée en suspens pour entrer en contact avec le Petit Prince en lui fournissant une réponse qu’il attendrait encore. Rappelant à l’internaute occasionnel n’ayant pas eu l’occasion de parcourir les lettres précédentes ce qu’est le temps hypnotique, il tente de commencer d’inscrire ce dernier dans un courant philosophique ayant actuellement le vent en poupe et que balisent trois penseurs insignes de la culture comme de la nature désormais plus étroitement intriquées par eux qu’auparavant : Souriau fils, Simondon, Latour. La lettre 137 d’avril prochain poursuivra ce travail d’élaboration.


    Si le Petit Prince revenait en rêve poser à un vieux savant occupant lui aussi une toute petite planète voisine de la sienne la question : « Dites, Monsieur, le temps hypnotique c’est quoi ? », je vous donne fort à parier que, décontenancé, il répondrait sans doute : « Mais je n’en sais rien Petit Prince ! Où as-tu déniché une idée pareille ? Temps hypnotique, temps hypnotique, bien sûr ça n’existe pas ! »

    Habitant moi-même un astéroïde peu éloigné de celui où justement ils se tenaient j’ai pu saisir au vol quelques bribes de leur conversation très pointue. J’ai même réussi à apercevoir la mine malicieuse du Petit Prince auquel j’ai crié en mettant mes mains en entonnoir pour qu’il m’entende : « Ohé, m’entends-tu ? Je ne suis pas loin ! Je suis là ! ». Je comptais bien sûr me servir de ce temps bien inconnu dont je vous ai déjà entretenu dans mes lettres précédentes pour entrer le plus naturellement possible en contact avec lui autant qu’avec l’autre, le vieux Monsieur donnant l’impression d’être plutôt ouvert au dialogue.

    A mon réveil j’ai rédigé à la hâte cette lettre 136 pleine d’idées qui me sont venues en tête. Elles concernent avant tout les relations qu’entretient ce temps mystérieux avec la philosophie et même la métaphysique. Je compte la lui envoyer afin qu’à son tour il la traduise de son mieux au Petit Prince attendant toujours sa réponse.

    Petit rappel : pour l’internaute occasionnel non au courant de nos lettres récentes sur le thème, le temps hypnotique c’est celui dans lequel on plonge lorsque d’aventure, sous hypnose, on recule pour revivre son enfance, sa petite enfance, sa naissance, sa conception et même ce qui se passait AVANT, juste avant. Normalement on devrait s’attendre à un blanc ou plutôt à un profond trou noir. Or il n’en n’est rien puisque les gens vont alors fournir des récits circonstanciés de vies passées, dites pour cette raison « vies antérieures ». Ces narrations se déploient dans une temporalité si particulière et si improbable, si peu conventionnelle et si inattendue qu’elle justifie l’appellation : « temps hypnotique » pour qualifier pareille durée englobante puisqu’elle contiendrait nos existences successives éventuelles. Elle les verrait s’y déployer pour ainsi dire ; elles relèvent enfin d’une discipline qui mériterait d’être inventée : l’anomalistique ou science à venir des choses qui ne sont pas tout à fait normales

    Point de vue philosophique : la philosophie est redevenue de mode. Il suffit pour s’en convaincre d’aller faire un tour dans le coin dédié à la presse, aux magazines tout public de nos grandes surfaces. Il est rare de n’y point trouver l’un ou l’autre article relevant de cette discipline séculaire. Il nous paraît donc justifié de vouloir nous aussi entrer dans la danse, chercher à inscrire le temps hypnotique dans un système et dans un courant philosophique moderne et porteur : ce sera la philosophie de G. SIMONDON suscitant actuellement un regain d’intérêt à cause de sa forte pensée concernant l’évolution des êtres et des choses comme des objets techniques, l’ontogénèse. Elle a évidemment à voir avec ce qu’on appelle la NATURE qui elle aussi focalise l’attention d’un nombre croissant de personnes dans le monde.

    Il n’échappera pas à l’internaute même non spécialisé que raconter l’une ou l’autre de ses vies antérieures tandis qu’on est plongé en état d’hypnose est en quelque sorte une situation « naturelle », faisant partie de la nature humaine puisque tout être humain hypnotisable est susceptible de fournir ce genre d’histoire à dormir debout et défiant l’entendement rationnel. Ça ne relève pas du genre romanesque pour la bonne raison que, même si c’est une invention, elle n’est pas produite de la même manière : elle s’impose au sujet qui ne choisit pas sa vie antérieure au gré des fantaisies de son imagination comme lorsqu’il se trouve à l’état de veille normale ou même lorsqu’il se retrouve plongé dans ce qu’on appelle l’état de « rêve lucide » bien connu des spécialistes. Enfin la liaison étroite de ce genre de récit avec l’affect, les émotions ainsi qu’avec diverses décharges motrices plus ou moins violentes suffit à montrer la différence à établir entre ce genre de production et la création littéraire, même quand cette dernière s’effectue sous agents dopants, drogues psychédéliques et tutti quanti. En d’autre terme relater une vie antérieure appartient à la nature de l’homme, relève bel et bien de sa nature, laquelle appartient de plein droit à ce qu’on appelle la « nature ».

    En outre on ne peut plus dire aussi facilement qu’auparavant que ce genre d’histoire n’est qu’ un pur produit de la culture. En effet avec les nouvelles philosophies comme celles de Souriau (1), Simondon (2) ou B. Latour (3) la traditionnelle dichotomie nature/culture, avec d’autres d’ailleurs, en a pris un vieux coup. Leur artificialité et leur faible rendement heuristique n’ont cessé par elles d’être démasqués si bien qu’on est en droit de considérer que ce type de narration bien particulière ne peut être dissociée du sujet qui l’a énonçée ; il fait partie de sa vie ; en le créant l’hypnotisé s’instaure comme sujet dont on peut dire qu’il crée ainsi l’un de ses mythes fondateurs, qu’il en exhume en tout cas un fragment.

    Ces réflexions sont de quelque importance car elles vont nous permettre en effet de contourner l’un des redoutables effets pervers des anciennes dichotomies ou cortège de couples d’oppositions si chers aux modernes et telles que nature/culture, « matière et esprit, objectif et subjectif, nature et surnature, raison et foi, profane et sacré, laïc et religieux, mythe et histoire, et d’autres encore. » (4). Cet effet indésirable consiste à se poser de manière obsédante la question du vrai et du faux : ces récits sont-ils vrais ? Ils ne sauraient être que vrais ou faux et ainsi de suite ! En inscrivant ce genre de récits dans une philosophie actuelle de la nature, on détourne un moment son attention d’un tel dilemme, on le met transitoirement de côté pour se trouver en mesure d’apercevoir qu’ici la nature humaine s’intrique à la culture, à une geste mémorable, qu’elle en est naturellement compénétrée, pétrie au point de s’exprimer alors, insoupçonnable, jaillissant des entrailles même de l’être, de ses tripes : pour s’en convaincre il vous suffit d’essayer vous-même ce genre de voyage dans le temps en prenant bien soin qu’on vous prenne en vidéo et qu’on enregistre alors soigneusement tous vos dires.

    Nous poursuivrons en lettre 137 d’avril prochain ce libre commentaire sur le temps hypnotique en établissant d’autres liaisons avec une certaine métaphysique de la Nature.


    Notes et bibliographie

    1 - E. Souriau, Les différents modes d’existence, PUF, Paris, 2009 (Réédition)

    2 - G. Simondon, L’Individuation à la lumière des notions de forme et d’information, Million, Grenoble, 2005 (Réédition)

    3 - B. Latour, Enquête sur les modes d’existence, La Découverte, Paris, 2013

    4 - A. Paul, Jésus Christ, la rupture, Essai sur la naissance du christianisme, Bayard, Paris, 2001. Introduction, p. 21

                  Le ménéticien (alias Elie Sorlin)   


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