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        button7.gif  Une jeune américaine à Paris


    Nous avons vu en lettre 132 comment Patrick Drouot fit pour la première fois l’expérience de ce que nous appelons désormais le « temps hypnotique » ou temps H. A cette occasion, lorsqu’il revient à l’état vigile en sortant de l’état hypnotique dans lequel il se trouvait plongé, écoutant la cassette ayant enregistré le récit de vie antérieure qu’il venait de fournir il est profondément étonné de sa performance de conteur. Comment est-ce possible ? Durant toutes ses études il n’avait jamais entendu parler d’une telle chose. Ce qu’il vient de raconter est invraisemblable et pourtant étonnamment cohérent, prodigieusement documenté, digne d’un historien spécialisé dans l’époque évoquée.

    Dès lors, de retour des Etats Unis, il va s’employer à vérifier par lui-même de l’universalité du phénomène comme de sa capacité personnelle à le provoquer ; et c’est ainsi qu’à corps perdu il se lance pendant plusieurs années dans ce genre d’hypnose et de voyage dans le temps, faisant régresser des milliers de personnes. Dans cette lettre 137 nous allons fournir un exemple des toutes premières régressions temporelles qu’il se met à pratiquer non sans talent en dépit de sa faible expérience dans ce domaine qu’il expérimente à la manière d’un apprenti-sorcier.

    Cas de Joan, jeune américaine à Paris

    C’est durant l’été 1983 qu’il reçoit la visite d’une amie américaine opérée d’un fibrome juste le mois précédent. Depuis l’intervention elle saignait, éprouvant de vives douleurs. Elle demande alors à Patrick D. de l’hypnotiser et de tenter d’agir sur le symptôme gênant dont elle souffre. P. Drouot commence par refuser avec détermination et même énergie, considérant que ce dont elle se plaint ne relève que de la médecine ou de la chirurgie mais en rien de l’hypnose ; il estime que ce n’est pas de son ressort, que ça ne relève pas de sa compétence au demeurant fort limitée ; il ne pratique pas l’hypnose dans un but thérapeutique, mais de simple curiosité pour voir comment y fonctionne la conscience, comment elle s’y dilate en-deçà des frontières conventionnelles de la naissance comme de la conception pour aller, du moins à ce qu’il semblait, jusque dans d’autres vies antérieures à la vie présente.

    Devant l’insistance réitérée de la jeune femme et sans croire le moins du monde pouvoir faire quoique ce soit susceptible de lui venir en aide il finit par lui céder ; il tente dès lors la régression comme il commence à en avoir l’habitude de la manière suivante : « Je demande aux participants d’imaginer, de percevoir derrière leurs yeux clos un tunnel, un canal temporel en direction de leur passé. Je pratique là encore une forme de décompte, cette fois de 5 à 1. A 5 je demande au sujet d’entrer dans le tunnel, puis tout en comptant, je lui suggère de se laisser emporter par le mouvement, la vitesse, le long du tunnel. Je continue à compter, en accélérant le mouvement. A 3, je demande au sujet d’apercevoir une lumière blanche au bout du tunnel, de laquelle il ne cesse de se rapprocher. A 1, enfin, ils sortent du tunnel, dans la lumière blanche qui les enveloppe, et ils se retrouvent ailleurs, dans un autre temps et un autre lieu, lors d’un événement précis d’un passé plus ou moins reculé. La technique est la même, que je désire ramener le sujet dans sa petite enfance, sans sa vie fœtale, ou dans une vie antérieure. » (1). On voit par là comment ce chercheur sauvage (Sans garde-fou) parvient cependant à trouver intuitivement un protocole génial d’intervention sur le temps H pour le faire apparaître, l’exhumer, le mettre à jour.

    Il va de soi que l’évènement, la situation, la scène qui vont alors remonter à la conscience du sujet (Ici la jeune Joan) lui sont aussi inconnus à lui, l’hypnotiseur, qu’à elle-même. P. Drouot n’est pour rien dans cette reviviscence dont il a coproduit les conditions sans l’induire ni aucunement la suggérer. C’est alors que Joan, en remontant le cours du temps, se trouve endosser soudain la vie d’une femme du siècle dernier simultanément en train d’enfanter et de mourir en couche. Elle revit violemment, douloureusement la scène à l’issue tragique tout comme si elle était réelle. Puis elle en sort dans un état de paix extraordinaire, heureuse et sereine : dans les trois jours qui suivent l’unique séance, à la plus grande surprise de tous elle guérit !

    On se trouve donc ici devant un récit de vie antérieure mettant en scène un traumatisme majeur, un drame ayant une particularité notoire : d’une certaine manière il « coïncide » avec le symptôme dont elle se plaignait ; la sphère utérine dans les deux situations est concernée. Le symptôme dont elle souffrait, un fibrome, renvoie à une mort antérieure subie en donnant naissance à un enfant. L’ablation chirurgicale du fibrome n’est qu’une étape dans le processus de règlement de compte du problème ; elle ne suffit pas comme on le voit par l’hémorragie qui perdure et les douleurs éprouvées dans la zone par laquelle la vie fût donnée avec et via la mort.

    A bien regarder la régression temporelle permet d’exhumer un récit mythique, originaire et fondateur du trouble gynécologique dont souffrait la jeune américaine. En déterrant cette origine le symptôme n’est plus un errant telle une âme en peine ; il s’articule ou s’enracine dans une histoire transpersonnelle qui couvre deux vies successives, à leur charnière ou jointure. Il se lie dans et par des mots associés à des émotions, à des affects qui les irriguent, à un vécu traumatique passé.

    On est bien ici devant une coïncidence mort/naissance – symptôme actuel comme www.menetic-site.net les aime. Ce faisant, qui ne voit que le symptôme s’inscrit ainsi dans une forme de généalogie, dans un langage, dans une préhistoire récente du sujet (On ne recule pas 100.000 ans en arrière !) ; il s’humanise de la sorte. Côté trauma il n’est plus isolé, encapsulé dans la bulle d’un passé oublié, perdu, inatteignable. On observe alors que son potentiel morbide, voire mortifère s’amenuise pour finalement disparaître.

    En lettre 138 nous verrons d’autres cas similaires permettant de dégager une forme d’équerre temporelle analogue à celles dont le temps généalogique sut se montrer lui aussi coutumier. Ces coïncidences sont comparables à des nœuds assurant des liaisons, des connexions dans la trame du tissu spatio-temporel au sein duquel nous évoluons sans même nous en rendre compte, tel des poissons dans l’eau.

    Bibliographie

    (1 ) Se reporter à la bibliographie des lettres précédentes concernant cet auteur

                  Le ménéticien (alias Elie Sorlin)   


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