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        button7.gif  Travail sur le temps hypnotique : étirement


    En lettre 138 nous évoquions le cas de Joan, quadragénaire américaine, soulagée sous hypnose d'un premier symptôme : une phobie des oiseaux. Cette jeune femme souffrait en outre depuis une dizaine d'années d'un second problème persistant: d' une peur chronique de la mort. Elle se réveillait en sursaut chaque milieu de nuit, angoissée, ne parvenant finalement à se rendormir péniblement qu'au petit matin (1). Patrick Drouot décida donc de s'attaquer de la même manière que précédemment à ce second symptôme de mal être : par la régression hypnotique permettant d'entrer dans ce que nous appelons désormais le « temps hypnotique » ou « temps H » associable à ce que certains désignent par « mémoire lointaine » (2).

    Il découvre que dans une vie précédente Joan avait été un marchand médiéval prospère mort prématurément puis qu'on veilla familialement deux jours durant avant de le mettre en bière. Enterré, c'est alors qu'il se réveilla dans l'état qu'on peut imaginer, cherchant en vain à se faire entendre, puis finissant par mourir d'asphyxie dans le peu d'air dont il disposait. Au sortir de cette séance éprouvante l'hypnotiseur et sa cliente étaient toutefois l'un et l'autre fort peu convaincus du sérieux de toute cette histoire, manifestement à dormir debout.

    Pourtant une semaine plus tard, en dépit de ce scepticisme compréhensible, Joan contre toute attente se sentit guérie, recouvrant son sommeil d'antan, définitivement délivrée de la peur ancestrale (Mais inconsciente jusqu'à l'exhumation du souvenir) de se voir enterrée vivante, phobie que les croque-morts tentaient autrefois de conjurer en mordant le petit doigt des gens qu'on était en passe d' inhumer ! Cerise sur le gâteau, la jeune femme se sentait même étrangement en paix avec elle-même, délivrée d'une phobie incommodante comme d'insomnies chroniques associées à une problématique anxieuse, tous symptômes ayant résisté à un véritable arsenal de médications conventionnelles.

    Étirement temporel

    P. Drouot présente le cas de Robert devenu bègue après avoir été attaqué puis mordu à l'âge de 4 ans par un chien. Aucun des nombreux et coûteux traitements endurés n'avaient eu le moindre effet sur ce traumatisme infantile et sur ses séquelles émotionnelles et langagières. Avec son accord P. Drouot le plonge alors en état d'hypnose pour le faire revenir à l'âge de 4 ans : « C'est le matin. Il marche à côté de sa maman. Ils vont faire des courses. Soudain, comme surgi de nulle part, un grand chien noir bondit sur lui. Robert voit ses babines retroussées, tout près de son visage. Le chien éclate en aboiement rageurs » (3).

    Il utilise alors une technique d'étirement du temps consistant à faire que la scène fatidique dure non point une dizaine de secondes mais deux ou trois minutes afin que Robert puisse revivre la terreur du petit garçon de telle sorte qu'au moment où la charge émotionnelle est à son paroxysme il lui enjoigne sur le champ de retrouver un autre événement lié à celui-ci, dans un autre passé.

    Immédiatement Robert se retrouve à la campagne un jour d'hiver, à la tombée de la nuit, assailli par plusieurs chiens-loups errants, affamés, qui le mordent à la jambe, au poignet, à la gorge ; il se voit alors lentement mourir. L'hypnotiseur prescrit à la conscience supérieure du sujet « d'établir le lien entre les deux événements de ces deux vies : cela permet de se libérer des entraves du présent. » (4) On se trouvait donc ici devant un schéma répétitif.

    L'étirement est en fait un ralentissement artificiel de la scène traumatique pour être plus à même d'opérer sur l'une de ses séquences clés, tenter de l'articuler sur un éventuel traumatisme similaire dans une vie antérieure. Ainsi se trouve-t-on en capacité de reconstituer parfois de cette manière la généalogie d'un trouble transgénérationnel susceptible de « sauter » d'ailleurs des générations. On peut encore interpréter le phénomène du « saut » comme un suprême effort pour éloigner le plus possible du temps présent le drame, tenter de l'enfouir dans un passé très ancien (le Moyen Age par exemple) afin que l'angoisse liée à son évocation ne nous submerge pas trop, n'en vienne à nous désorganiser par un excès de proximité, les deux traumas se télescopant alors dans l' ici et maintenant de la séance de régression ou de voyage dans le temps H.

    Nous poursuivrons en lettre 140 de juillet 2015 et dans les suivantes la présentation de cas observés afin d'en tirer de nouvelles informations sur ce temps hypnotique méconnu bien que fascinant sur lequel on dispose de quelques moyens d'action ou d'intervention comme nous venons de l'entrevoir.

    Bibliographie de la lettre 139

    1. Patrick Drouot, Nous sommes tous immortels, Rocher, Paris 1987, pp. 90 et 91

    2. Notamment par le célèbre couple thérapeutique formé par le psychiatre anglais Denys Kelsey et son épouse Joan Grant-Kelsey, dont nous reparlerons le moment venu

    3. Patrick Drouot, Des vies antérieures aux vies futures, Rocher, Paris, 1989, pp. 60/61

                  Le ménéticien (alias Elie Sorlin)   


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