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    button7.gif   Lettre 14

      De la double personnalité de l'homme moderne

    Elise, lorsqu'elle vint me trouver voici 15 ans, c'était pour tenter de sortir au plus vite d'une dépression médicalement suivie. Agée de 50 ans elle venait de perdre son père : Maxime. A l'égard du disparu éprouvait-elle de la tristesse ? Voire de la culpabilité ? En grattant un peu ce fût de la colère qui finit par se révéler au grand jour, contre ses parents, son père et sa mère et même contre Alain, son unique et plus jeune frère.

    Pour y voir plus clair je la priai de me dévoiler sans délai quelques branches de son arbre généalogique. Puis, me concentrant sur les fratries respectives de son père Maxime, le défunt récent, de sa mère Louisette encore de ce monde et d'elle-même je trouvai ceci : Louisette, la mère, était la dernière d'une fratrie de 3 enfants, 2 garçons, 1 fille ; elle était donc unique en son "genre". Maxime le papa : fils unique. Elise était l'aînée d'une fratrie de 5 enfants : 3 filles, respectivement A (Elise), B, C, puis D (l'unique frère Alain), E Z enfin, la dernière, la "queulouse" comme on dit chez nous, prénommée Martine.

    Elise ajouta que si ses parents s'étaient officiellement bien occupé de leur progéniture, professant maintes fois qu'ils n'avaient jamais fait la moindre différence entre leurs enfants qu'ils prétendaient avoir toujours tendrement chéris, leur comportement lui semblait avoir contredit ces proclamations : 7 ou 8 ans avant son décès Maxime avait vendu à son fils Alain, pour une bouchée de pain, ce dont il avait lui-même hérité de ses propres parents : une maison, des terres. Louisette n'avait d'yeux doux que pour Martine qui venait même de recevoir de l'argent d'un compte d'épargne parental.

    A y regarder de près les 3 filles aînées comptaient pour du beurre ! La mère ne se reconnaissant qu'en Martine, benjamine comme elle et le père ne s'étant également reconnu qu'en son fils unique comme lui-même l'était ! D'un certain point de vue psychogénéalogique, d'un point de vue ménétique certain, les parents n'avaient que 2 enfants effectivement reconnus sur les 5 issus de leur union ; les 3 filles aînées dont Martine, se retrouvaient donc orphelines !

    Sur ces entrefaits je tombai sur Myriam, alerte quadragénaire venue consulter pour son fils lui donnant du fil à retordre. Oubliant un instant cet enfant problème pour ausculter les propres relations fraternelles de sa mère, je trouvai aussitôt qu'elle avait un frère cadet cordialement détesté, Athanase ; les parents l'avaient toujours considéré comme un enfant admirable, surdoué. Fort dévot, il était par la suite entré dans les ordres, réalisant ainsi leur propre rêve.

    Quand le tour vint pour Myriam de devenir mère d'une fille puis d'un fils, elle ne parvint jamais véritablement à se reconnaître en lui, à l'aimer. Sans même s'en rendre compte elle lui appliquait subrepticement le traitement qu'elle eût aimé faire subir à son meilleur ennemi, son frère Athanase ! A nouveau, à bien y regarder, son fils n'était pas son fils mais son frère à elle, l'oncle maternel de l'enfant en difficulté (1) .

    C'est à la suite de telles observations présentant leur version tantôt masculine, tantôt féminine, que nous avons trouvé bien pratique de doter Louisette, Maxime et Myriam, puis nous tous (afin d'éviter de nous diviser) d'une double personnalité, la première étant celle que tout le monde reconnaît sans difficulté.

    Dotons-nous donc de deux personnalités, chacune étant spécialisée dans un groupe de tâches. Tandis que la personnalité n° 1 vaque aux affaires sociales, professionnelles etc... de manière clairement affichée ou avouable, l'autre personnalité, la personnalité n° 2, le "double" se charge de tout ce que ne fait pas ou fait mal l'autre partie. Ainsi va-t-elle s'occuper préférentiellement de la tenue de … l'arbre généalogique, de sa bonne tenue. La famille peut compter sur elle pour faire ‘’tourner la machine’’ tandis qu'elle ne saurait avoir la moindre confiance dans l'autre partie de nous-même qui, elle, reconnaissons le, n'en fait jamais qu'à sa tête, éprise qu'elle est par dessus tout de liberté, de souci d'égalité, de velléités de fraternité, d'émancipation totale ! Vous ne sauriez compter sur elle pour reproduire, pour répéter ; elle est dans l'incapacité de vous faire accoucher - si vous êtes une femme - de votre enfant à une date commémorative intéressante ; çà n'est pas dans ses aptitudes. Décemment vous ne pouvez lui demander de détester cordialement votre enfant en l'utilisant pour régler des comptes ancestraux : ce n'est pas son travail ; elle ne sait pas faire ; elle a même horreur de ce type de tâche qu'elle condamne sans appel !

    La personnalité n° 2 est tout entière vouée à l'heureux fonctionnement de la structure familiale comme au transgénérationnel. Equipons-la de son propre inconscient; structurons-le "comme un langage" si cela arrange !

    Par ces différents tours de passe passe ou ces opérations magiques Maxime, Louisette, Myriam et les autres peuvent être blanchis, lavés de tous soupçons. Au nom de la personnalité n° 1, qu'ils plaident non coupables en toute honnêteté. Ce sont de bons parents dont il n'y a rien à dire du point de vue des lois, du point de vue éthique. Ils n'ont rien à voir avec l'autre partie d'eux-mêmes oeuvrant en sous main pour le compte de l'organisation secrète de la famille.

    Dans les sociétés premières, sauvages, élémentaires, primitives, ancestrales ou plus simplement traditionnelles, les deux personnalités tendent à se confondre chez le même individu au point de faire dire aux observateurs que nous sommes: " Regardez, voyez comme ils sont tribaux, claniques, peu évolués, asservis à la famille dont ils ne parviennent pas à se détacher, à se différencier puisqu'ils font tout en son nom, la consultent en permanence, qu'il s'agisse d'amours, d'affaires etc..."

    Cette répartition de l'humanité en deux camps, celui des esclaves aliénés familialement, celui des êtres familialement libérés, la perspective ménétique la revoit et la corrige. C'est l'homme postmoderne, l'homme ménétique qui fonctionne divisé, clivé. C'est à lui aussi que s'applique le proverbe bantou : "Na wé na zébi wéna nduku?" que l'on peut ainsi traduire : " Comment sais-tu que tu n'es pas un sorcier (c'est-à-dire une personne malfaisante ou nuisible) ? "Sais-tu ce que fait à ton insu, la nuit, ton double lorsque tu dors et qu'il lui est loisible de s'échapper alors par le trou de ton oreille pour aller dévorer autrui...’’ !

    Cette partie ''sorcière'' reconnue par l'homme bantou est clivée chez nous autres gens de modernité et de progrès. Achevons cette lettre un peu pessimiste par deux remarques. Premièrement, dans une société heureuse les transmissions vont dans le bon sens ; le transgénérationnel présente en gros un solde positif. L'arbre est grand et beau. Il pousse bien et se déploie majestueusement tel le chêne de Saint Louis ou le grand manguier au centre des villages de savanes africaines. Secondo, rien ne saurait nous empêcher d'imaginer un troisième mode d'être en relation avec "gaia" par exemple, le cosmos, l'univers etc... Mais cette personnalité hypothétique n'est point objet de la psychogénéalogie, fût-elle ménétique  !


    Dans notre lettre de n° 15, nous poursuivrons notre réflexion sur les divers aspects de la personnalité de l'homme moderne les plus utiles pour le psychogénéalogiste. Nous traiterons notamment du ''double ménétique''.

    Le ménéticien (alias Elie Sorlin)     


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