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        button7.gif         De la dimension anormale du réel


    Résumé de la lettre 144

    Le monde dans lequel nous évoluons en tant qu'humains offre l'occasion d'expérimenter personnellement de manière innée, quasi instinctive qu'un monde externe existe bien réellement. Cette connaissance objective, originaire et confiante, probablement indirecte, est impossible à fonder logiquement. L'humanité fait en outre l'expérience de deux groupes de phénomènes antinomiques : les uns sont normaux comme les autres ne le sont pas. Ces derniers en petit nombre ont pour caractéristique principale de transgresser les lois scientifiques. La Science, performante pourvoyeuse de vérités pour nous modernes, entérine pareille distinction en refusant de s'en occuper. Considérons donc ces anomalies comme autant d'opérateurs de différenciation et même de division de notre monde en deux parts, l'une digne qu'on s'en occupe et l' autre indigne, pour extraire aussitôt de celui-ci une dimension bipolaire du « normal/anormal » que nous transformerons en axe anomalique, du nom du pôle minoritaire diviseur. Cinq illustrations vont permettre à l'internaute de s'en faire une idée claire, à commencer par la « star » des lévitants européens, le moine italien Joseph de Copertino.


    Apparentes évidences

    C'est par une croyance quasi instinctive et contraignante (1) que nous considérons le monde familier qui nous entoure non seulement comme quelque chose de réel, d'externe à nous-même, mais aussi comme une réalité offerte en quelque sorte, ne dépendant point de notre bon vouloir ou fantaisie, donné paraissant donc aller de soi.

    Deux groupes de phénomènes antinomiques

    Nous autres modernes ajoutons à ces premières certitudes intimes, natives, spontanées, celle de penser que notre monde est ordonné ; il obéit en effet à un ordre caché dit « de la nature » (2) que dévoilent et qu'expriment en partie l'ensemble des lois scientifiques. Toutefois, du point de vue de cet ordre et de cette soumission manifestes, ce monde si familier va vite nous offrir en spectacle deux groupes de phénomènes profondément antinomiques.

    Le premier groupe

    Le premier, si fourni qu'on pourrait le croire seul en lice, rassemble tout ce qui s'y déroule normalement pour en faire un paquet ordinaire, constitué d'événements plausibles, prévisibles et réguliers n'éveillant le plus souvent chez l'être humain, le moderne notamment, aucun soupçon quant aux principes présidant à leur survenue.

    Si d'aventure se pose soudain une énigme du genre matière ou énergie noire comme c'est le cas par exemple depuis une vingtaine d'années en astrophysique notamment, savants, techniciens, spécialistes provenant d'horizons divers s’attellent à la résolution du problème avec ardeur, cherchant à en diminuer la part de mystère, s'ingéniant à retrouver dans ce cas les 95,2 % de matière inconnue, non faite d'atomes qui, dans le cosmos, manquent tout simplement à l'appel (3). S'ils y parviennent, alors mais alors seulement, notre monde redevient enfin plus compréhensible tandis qu'actuellement, fin 2015, moins de 5% de sa composition s'explique et nous est visible ou directement accessible: nos sciences les plus pointues savent donc depuis peu avec la plus grande certitude que plus des trois quarts de la réalité strictement matérielle tout en étant non atomique lui échappent.

    A ce sujet notons ceci : lorsque survient ce genre de problème assez considérable, la communauté mondiale des chercheurs impliqués, loin de se déprimer, s'en trouve au contraire étonnamment stimulée, ragaillardie. On assiste alors à sa mobilisation sans pareil pour trouver le plus rapidement possible des solutions. Des sommes astronomiques se voient affectées au financement d'équipements lourds comme satellites d'observation bourrés d'électronique de pointe, saturés d'intelligence artificielle. De nombreuses équipes pluridisciplinaires disséminées sur le globe qu'encadrent de puissantes institutions vont se consacrer à l'instrumentation, à la collecte des données puis au traitement de ces dernières. Bref c'est notre société moderne tout entière qui s'investit de cette manière en mobilisant ce qu'elle a de plus performant ; c'est d'elle en effet que proviennent les ressources finançant ces programmes destinés à lui redonner une image du monde plus conforme aux observations en provenance des observatoires terrestres ou satellitaires, au nombre sans cesse croissant, coûtant chacun des fortunes ; la douzaine d'observatoires prestigieux du seul Mauna Kea d'Hawaï dont 4 multinationaux peuvent en fournir une idée, sans compter tous les autres instruments en cours de construction pour tenter de trouver ces fameux 95 % de matière et donc de réalité demeurant toujours désespérément invisible en cette fin 2015. La question est de taille puisque, rappellons-le, elle concerne plus des quatre cinquièmes de notre cosmos tout entier !

    Ces quelques remarques nous invitent à clairement différencier ce type d'énigmes récurrentes, éminemment dynamisantes et mobilisatrices, d'autres formes d'anomalies ou d'aberrations que représentent notamment prodiges, faits extraordinaires inexplicables et miracles. Loin de mobiliser l' homme de science, ces phénomènes étranges bien au contraire tendent plutôt à le perturber, voir à le désorganiser, suscitant son emportement et même parfois risquant même de le déprimer. Il suffit pour s'en convaincre d'observer la manière dont se comporte la communauté savante internationale vis-à-vis d'eux. Se refusant dans son ensemble de les prendre en charge comme objets d'étude, elle les exclue de la nature comme de la société, signalant ainsi non seulement son manque de confiance dans sa capacité à sereinement aborder cet aspect particulier de notre monde (4) mais aussi ses craintes d'être débordé par un aspect inquiétant, voire menaçant de la réalité, en tout cas peu rassurant au plan cognitif. Matériellement très marginaux, s' ils ne mettent effectivement point en péril le fonctionnement global du cosmos, au plan des grands équilibres, ils ne manquent pas d'intérêt au plan humain : ils alertent et peuvent être porteurs de « sens ».

    Objectivation scientifique du deuxième groupe

    Une telle attitude se révèle pleine d'intérêt pour notre propos puisqu'elle va immédiatement nous permettre d'objectiver, de circonscrire le second groupe de phénomènes, antinomique du précédent, en le fondant sur la Science même dans la manière qu'elle a de le désinvestir et même de le contre investir, opérant ainsi de facto un partitionnement du réel entre ce qui relève d'emblée de son obédience et ce dont elle ne veut entendre parler à aucun prix, qu'elle abandonne et même rejette parfois non sans virulence ou mépris.

    Dégagement d'une nouvelle dimension dans le réel

    Ce groupe délaissé d'anomalies, de prodiges et de miracles va dès lors nous aider à justifier la construction d'une nouvelle dimension dans le réel. Rappelons à ce sujet que le terme de « dimension » ne renvoie ici ni à la philosophie ni au mathématiques mais à la psychologie qui en fait depuis longtemps usage; les nombreux tests qu'elle n'a cessé de construire depuis plus d'un siècle déjà en témoignent (5). Ces derniers avec leurs « dimensions » naissent, vivent et meurent comme autant d'outils de circonstance au service de pratiques d'analyse, d'évaluation et d'intervention d'une grande diversité dont le public non spécialisé a peu idée (6).

    Inutile enfin d'ajouter que le groupe des phénomènes anormaux par rapport à l'autre formé de ceux qui ne le sont pas est restreint. S'il n'en n'était ainsi en effet, si par exemple les deux groupes quantitativement s'équivalaient ou si le premier prenait subitement le pas sur le second, le monde réel dans lequel nous évoluons risquerait tout simplement de nous être fatal en devenant irrégulier, chaotique, moins prévisible, en tous cas peu vivable du fait qu'on ne pourrait plus autant s'y fier . Nous avons besoin pour survivre en tant qu'espèce vivante d'un minimum de stabilité dans ce qui nous environne qu'exprime ce que nous désignons par « ordre de la nature » (7) dont maints désordres étroitement contenus dans des limites peuvent d'ailleurs constructivement faire partie. Cet ordre dit « naturel » qui semble aller de soi pour la plupart des gens et que nous considérons comme normal est celui d'un monde presque arrêté sur image pour satisfaire nos propres et nombreux besoins, monde moyen, approximatif, plus ou moins stabilisé que nous avons pris l'habitude de substantifier (8).

    Dans nos lettres 145, 146 et 147 et peut-être 148 nous vous présenterons cinq cas pris un peu au hasard dans un florilège des plus fourni (9) afin de permettre que vous saisissiez aisément ce qu'il convient d'entendre ici par « anomalies avérées ». Le premier offre un cas exceptionnellement bien documenté de lévitation, le second une spectaculaire marche sur le feu ; le troisième met en scène des gestes chirurgicaux non conventionnels réalisés par des guérisseurs sud-américains contemporains, le quatrième d'infimes anomalies détectées dans le rapport du corps vivant à de petits automates ; le dernier est emprunté à ce qu'on appelle l' « affaire de la mémoire de l'eau » du chercheur français Benveniste, amplement médiatisée lorsqu'elle survint dans les années 80. Ils ne sont pas destinés à provoquer l'étonnement de l'internaute ni même sa curiosité compréhensible mais à justifier d'entrée de jeu à la fois le concept de transgression aux lois de la nature, violations non destructrices à la différence de celles dont nous sommes souvent les auteurs responsables ainsi qu'à contribuer à la constitution/construction d' une catégorie particulière de la réalité, de l'être.

    Premier exemple : un lévitant hors norme

    Illustrons donc d'un premier exemple connu, maintes fois cité, le contenu de ce groupe d’événements contrevenant outrageusement à l'ordre du monde et provoquant frontalement notre ontologie, mettant en péril nos manières de concevoir la relation familière que nous entretenons avec l'environnement, la nature. Nous avons choisi pour cela un phénomène rarissime comme peut l'être la lévitation spontanée d'un être humain, en sélectionnant le lévitant le plus prodigieux de toute l'histoire occidentale. Nous disposons à son sujet d'une documentation exceptionnelle. Mais commençons par fournir une définition de ce type d'anomalie : phénomène selon lequel certains êtres s'élèvent sans équipements, sans appui, au-dessus du sol et flottent de façon incompréhensible dans les airs.

    Au dire d'excellents spécialistes sur la question (10) il s'agit sans contestation possible du moine franciscain italien Joseph de Copertino (1603 - 1663) dont on peut lire sur Wikipédia une excellente notice le concernant.

    Suite en lettre 145 de janvier 2016. Nous souhaitons par ailleurs un joyeux Noël 2015 à tous nos lecteurs occasionnels ou réguliers, en dépit des rigueurs du temps. Que la lumière de cette fête tant religieuse que séculière réchauffe un peu les plus démunis ou les plus souffrants d'entre nous.

    Bibliographie de la lettre 144

      (1) 2004, Les figures 11.1 et 11.2, pp. 258 et 260. L'ouvrage est l'une des plus récentes tentatives parmi de nombreuses autres menées depuis un siècle pour rendre compte scientifiquement de notre certitude intime, universelle d'accéder à la réalité. Une importante partie de la communauté savante internationale s'entend pour considérer pareille certitude comme une croyance primaire, naïve, innée dont on ne peut toutefois logiquement rendre compte mais qui constitue néanmoins l’inébranlable soc de toutes nos connaissances ultérieures, si élaborées fussent-elles. Cela ne justifie aucunement l'idéalisme de quelques uns, assimilable dès lors à une simple croyance ou à une idéologie construite.

      (2) Le concept de nature est actuellement l'objet d'un vaste remaniement sous la pression de la biologie notamment. Nombre de disciplines cherchent à en redéfinir le contenu comme à en retracer les limites : droit, philosophie, sociologie, anthropologie, géographie humaine, sciences du climat sans compter une certaine théologie participent à ce débat animé ponctué d'âpres controverses. Dans ce tout début de chapitre 1 de notre livre virtuel nous lui conservons son sens traditionnel et bien sûr contesté.

      (3) Deux composantes majeures de notre univers n'émettant aucun rayonnement mais dont on est cependant assuré de l'existence par maintes preuves indirectes et concordantes. Un effort international sans précédent est consenti pour résoudre cette énigme le plus rapidement possible.

      (4) Comme nous l'avons déjà noté, la modernité se fonde sur un bicamérisme latent : une chambre de la nature et une autre de la société que sépare une ligne de démarcation (Le Grand Partage). Chacune est dotée par notre civilisation de représentants, la plupart auto proclamés. Chacune en outre essaie de faire taire l'autre tout en projetant sur elle ses fantasmes. L'homme moderne pensant que cet édifice bicaméral est naturel , qu'il va de soi, qu'il est le meilleur, ne se rendant pas compte de son artificialité, va s'employer à l'imposer au reste du monde sans prise de distance ni esprit critique suffisant permettant de remédier à certains effets non souhaités dans le rapport à la réalité qu'il génère.

      (5° La première échelle métrique de développement de l'intelligence date en effet de 1905 (Binet) : construire des tests ou des échelles évaluant ou mesurant les états, les aptitudes ou de multiples aspects du fonctionnement des individus, les transposer d'une population à une autre et les valider est devenu au fil des décennies une activité à part entière.

      (6) Des maisons d'édition connues, à l'usage quasi exclusif de professionnels et de chercheurs, relayées par des revues techniques de haut niveau se chargent de diffuser ces produits en renouvellement constant. Le terme de « dimension » y est d'usage fort courant.

      (7) Toujours au sens traditionnel de (2)

      (8) On doit l'expression de « monde moyen » au biologiste anglais R.Dawkins. A bien réfléchir c'est un monde réduit, fermé, sans surprise, en voie de renormalisation perpétuelle qu'aucune anomalie prodigieuse ni aucun miracle n'est censé jamais venir perturber. Si à tout hasard c'était le cas, le phénomène troublant se verrait instantanément ignoré, expulsé, dénié comme phénomène indésirable. Au mieux on pourrait s'en divertir comme fait divers passager, sans lendemain ou l'ignorer pour simplifier l'équation.

      (9) Le florilège est dit fourni puisque bientôt l'internaute se retrouvera bientôt (Voir Plan) devant une douzaine de « régions », chacune pourvoyeuse de prodiges, d'anomalies, de miracles tous plus étonnants les uns que les autres, l'ensemble constituant un vaste continent.

      (10) Tel l'historien, parfois fort partial mais généralement bien documenté, J. Bouflet, spécialiste des phénomènes anormaux dans le mysticisme chrétien qui, ne l'oublions pas, compte 2000 années d'existence et demeure toujours d'actualité, bien vivant, actuellement à l'abri des médias tant pour des raisons ontologiques, tant séculières que théologiques.

     

    Mots clés : évidence innée, digne, indigne, science, dimension, axe anomalique, lévitant

                       Elie Sorlin        


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