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        button7.gif         Lettre 148 : Nouvel exemple d'anomalie avérée : la chirurgie non conventionnelle de chamanes mexicains


      Résumé de la lettre 148

    Elle présente les observations d'un ethnologue de métier concernant les transplantations pulmonaires et rénales de la chamane mexicaine Pachita qui ne peuvent que défier l'entendement de nous autres occidentaux totalement étrangers à ce genres de pratiques, notre propre histoire ne nous fournissant aucun exemple de ce genre aussi loin que nous remontions dans le temps. Il est donc compréhensible que la majorité d'entre nous ne puisse y souscrire, tant cette chirurgie échappe aux standards, à la norme.

    Il faut pour pouvoir les admettre avoir une confiance de principe en la valeur du témoignage humain et se dire prêt à faire son enquête soit en allant à même le terrain, soit en croisant les données numériques sur le sujet, toutes choses qui n'étaient guère possible de cette manière voici encore 20 ans. On peut enfin trouver des occidentaux ayant bénéficié eux-mêmes de cette chirurgie non conventionnelle, accompagnés de leurs proches ayant pris des vidéos. L'internet est devenu en moins de 20 ans un gigantesque « bureau de constatations » analogue à celui de Lourdes dont on connaît l'honnêteté légendaire, ou en tout cas une plateforme numérique incomparable de « miraculés » sortant des mains de ces fameux chirurgiens « à mains nues ».


    La chirurgie spirituelle n'est pas l'apanage des deux guérisseurs d'exception que sont Orbito et Jean de Dieu que nous vous avons présentés dans notre dernière lettre. A lui seul le Brésil compte plus de 7000 guérisseurs non conventionnels fonctionnant en parallèle et de façon légale avec la médecine officielle. La plupart d'entre eux ne sont pas des « chirurgiens » à mains nues. En outre, comme en toute pratique humaine, se côtoient démocratiquement fraudeurs, escrocs, gens intéressés avec dévoiements possibles dans l'argent (Souci déréglé d'enrichissement personnel), le sexe (Abus divers et perversions), la notoriété comme la volonté d'emprise, pareil charisme étant susceptible de conférer un certain pouvoir sur autrui. Les grands thaumaturges contemporains alliant de manière stable, éprouvée, à la fois talent, sagesse, modestie, désintéressement, efficacité demeurent évidemment l'exception.

    Étonnante Pachita

    On trouve aussi au Mexique d'éminents chirurgiens spirituels dont témoigne, portraits à l'appui, avec compétence, précision et honnêteté l'universitaire J. Grinberg-Zylberbaum dans son livre : RENCONTRE avec des CHAMANS du Mexique, Ed. Le Mail, Aix-en Provence, 1994. Il y présente le profil de 18 de ces praticiens actuels, représentatifs d'une institution et de modus operandi ancestraux : 6 du Yucatan et de Quintana Roo, 3 du Chiapas, du Guerrero et d'Oaxaca, 4 des régions de Mexico, Veracruz, Puebla, 4 de Morelos, 1 de la Sierra Tarahumara. Comme nous allons le voir bientôt, certains d'entre eux, peu connus des médias occidentaux dont ils sont culturellement et géographiquement protégés, exercent d'une manière défiant également l'entendement.

    Parmi eux voici le cas de Barbara Guerrero, surnommée Pachita. Elle naît en 1900 à Parral, ville du Nord du pays et commence par ignorer ses dons jusqu'à l'âge 15 ans où elle se surprend à guérir, sans comprendre très bien comment, un éléphant malade dans une représentation de cirque à laquelle elle assistait. Puis elle oublie pendant des années l'incident avant d'exercer ses talents, une fois adulte, à Mexico même dans les années 30, afin d'en vivre tout en assurant un service auquel elle se sent intérieurement mandatée. L'ethnologue Grinberg va la rencontrer longuement tandis qu'elle est déjà une octogénaire continuant néanmoins d'opérer avec une remarquable efficacité. Dans les années 80 il a l'occasion d'assister à maintes de ses interventions chirurgicales sur des tumeurs cancéreuses, toujours à l'aide d'un couteau de chasse équipé d'une lame de 15 cm., sans jamais recourir à la moindre anesthésie.

    Lorsqu'elle réalise l'incision, toujours avec légèreté, qu'elle effectue l'ablation, extraie la tumeur, les patients expriment leur douleur en gémissant mais sans qu'aucune contention soit nécessaire pour les tenir immobilisés durant l'intervention. L'ethnologue observateur des faits put ainsi voir de ses propres yeux Pachita effectuer de cette manière peu ordinaire l'ablation d'un cancer utérin sur 2 femmes nord-américaines. Deux années après il pût vérifier aux États-Unis la guérison sans séquelles de ces mêmes personnes. Il fût en outre le témoin de plus d'une dizaine de transplantations pulmonaires, d'au moins quatre transplantations rénales ainsi que d'autres organes que Pachita obtenait tantôt de la morgue, tantôt d'une matérialisation quasi instantanée produite dans une gestuelle étrange et simple qu'il décrit ainsi : bras et mains se balançant lentement en l'air de gauche à droite et vice versa.

    Transplantations pulmonaires par Pachita

    Pour les transplantations de poumons, toujours avec son couteau de chasse, elle incisait la peau ; puis à l'aide d'une scie de plombier elle sciait les côtes, sortait le poumon atteint qu'elle remplaçait sur le champ : « L'organe transplanté était absorbé d'une manière étrange depuis l'intérieur du corps et, après un bruit caractéristique ressemblant à un ballon qu'on gonfle, la plaie se fermait et le malade était placé en récupération. Après les opérations les patients étaient bandés sur la partie opérée de leur corps et laissés au repos pendant une demi-heure dans la même pièce … après cela, on l'aidait à retourner chez lui, où il devait garder le repos absolu pendant encore soixante-douze heures. » relate Grinberg-Zylberbaum.

    Comme un certain nombre de grands chirurgiens charismatiques, connus ou non, elle n'avait aucune conscience de ce que faisait son corps pendant l'intervention dont elle attribuait d'ailleurs tout le mérite à l'esprit du dernier empereur aztèque Cuauthémoc (1). Ce dernier l'investissait dans une transe initiée par un moment de prière intense et de recueillement profond, Cuauthémoc se déclarant en outre chargé d'une tâche proprement cosmique de protection préventive et curative de notre planète. C'est du moins ce qu'elle disait et d'une certaine manière semblait montrer.

    Le réel tel que le perçoit et comprend notre civilisation occidentale fondée sur un consensus généralisé non critiqué ne comporte il est vrai aucun cas connu de ce type d'anomalie. Même le mysticisme chrétien pourtant riche d'une multiplicité de phénomènes hautement étranges, souvent bouleversants et dûment certifiés par d'innombrables procès-verbaux soigneusement recueillis sur près d'un millénaire ignore complètement ce type de chirurgie spirituelle amérindienne. On comprend dans ces conditions que des témoignages même croisés ou provenant de gens prudents, circonspects et sérieux relatant ce genre de performance réalisée sur un autre continent, au sein de cultures mal connues, ne puissent être acceptés. Certains, iront jusqu'à les attribuer au démon, réaction traditionnelle bien connue. D'autres, moins affirmatifs, plus prudents et sans aucun doute plus raisonnables, les rangeront dans la catégorie des « phénomènes préternaturels » servant de façon pratique de bon « débarras ».

    Nos défenses contre le réel

    La tentation pour se réassurer que notre réel (Celui dont on a expulsé tous ces phénomènes dérangeants par une opération de purification ontologique) est bien le seul qui soit vrai sera dès lors grandement renforcée; on convoquera des magiciens assez connus dans les années 70/80 tels Randi pour les USA, Majax pour notre pays (2) ou leurs émules pour proclamer en chœur que rien ne serait plus aisé que de simuler habilement ce type de performance. Le but d'une telle démarche peut être conjuratoire et défensif : on lutte alors contre le risque de voir s'écrouler sa propre vision du monde qu'on tenait pour assurée tandis que des phénoménologues reconnus comme Gilbert Durand (3) montrent que les entreprises visant à démythologiser sont elles-mêmes sans s'en douter souvent mythiques. Des médecins seront appelés en renfort pour confirmer ces illusionnistes quelque peu prétentieux, des savants aussi (4). Tous ces opérateurs fonctionnent alors comme autant d'agents chargés d'exercer une forme de « police de réalité » efficace, expulsant d'autorité ce qui n'obéit point aux standards en disqualifiant et condamnant l'anormal, le prodigieux, l'étrange afin de le chasser si possible de sa vue. C'est un exorcisme visant à purifier notre propre aire ontologique naturaliste pour qu'elle ne contienne plus que des événements plausibles, normalisés, reproductibles et consensuels, les autres étant déclarés irrecevables du fait de leur écart à la norme. Semblable attitude est à la fois asymétrique (Elle tend à disqualifier les sociétés ne pensant pas comme nous et à les traiter de haut) et peu rationnelle.

    On pourrait objecter que nous autres Français formulons habituellement peu de réserves envers Lourdes dont on connaît la piscine miraculeuse avec son Bureau des Constatations qu'anime et supervise un collège de médecins cooptés pour leur compétence professionnelle et leur probité (5). Si nous menons assurément une politique de purification ontologique consistant à lutter contre les guérisseurs à l'aide d'un arsenal législatif, réglementaire, avec des ordres et des institutions savantes outre une multitude de chercheurs, de meneurs d'opinion, de regroupements de prestidigitateurs, tous acteurs relayés par des médias amplifiant condamnations, disqualifications, Lourdes épargnée constitue bien chez nous une exception : à bien regarder on n'y trouve aucun guérisseur comme ceux que nous venons de mentionner, donc personne susceptible d'entrer frontalement en compétition avec le corps médical, ses chirurgiens et l' Ordre si sourcilleux.

    En outre les vertus parcimonieusement curatives de l'eau attribuées à une entité invisible bien identifiée (La Vierge Marie), devenue peu à peu familière, affectionnée, ne mettent plus en danger un ordre public sourcilleux ; dès lors le corps médical non menacé se trouve associé au processus de reconnaissance des quelques guérisons spectaculaires mais rares qui s'y produisent épisodiquement. Enfin, dès l'origine du pèlerinage il y eût comme un miracle dans le miracle pour en autoriser le déploiement qu'on connaît. La purification ontologique ne s'y exerce donc pas tout à fait comme ailleurs, mais au prix d'un encadrement équivalant à la délimitation d'un enclot de confinement du prodigieux, comme si ce dernier risquait en s'en échappant de contaminer le reste de l'hexagone. L'autorité vaticane laisse enfin les gens libres d'adhérer ou non à cette thaumaturgie singulière.

    Achevons notre incursion en pays mexicain puis pyrénéen en disant que Grinberg-Zylberbaum, à partir de ses propres observations distingue dans l'introduction de son livre déjà cité, pour l'aire couverte par son enquête, cinq degrés de compétence dans l'exercice du chamanisme : ils vont de la grande maîtrise du chaman-hahual (Niveau 1) dont témoignent à leur manière Dona Pachita de Mexico, Dona Maria Sabina d'Oaxaca, Don Juan Manas de Sonora et Don Panchito du Yucatan, à celui de l'apprenti (Niveau 5).

    L'avènement du numérique change la donne

    A nouveau rappelons que l'internet, la photo et les vidéos d'amateurs viennent étayer les dire, les illustrer. Leur masse prêtant à recoupements multiples, quasiment en temps réel, n'ont plus rien à voir avec la circulation de l'information antérieure aux années 95. On se trouve actuellement devant ce que les spécialistes désignent par « singularité technologique » changeant la donne dans notre propre rapport de réalité, avec la réalité. Les sceptiques ne se trouvent plus comme avant devant quelques bizarreries erratiques, conjecturales et lointaines mais confrontés désormais à un tsunami d'informations en provenance des quatre horizons; à la vue de la vague qui les menace il leur est loisible de lui tourner le dos avant qu'elle ne les bouscule, attardés qui n'en croyaient pas leurs yeux, et ne les abandonne sur un rivage puissamment balayé.

    En mai : infime anomalie avérée

    C'est en mai 2016 que dans notre 149 ème missive nous vous proposerons un exemple d'infime anomalie différant donc des hautes étrangetés précédentes, afin d'élargir le spectre des transgressions avérées aux lois de la nature comme d'enrichir le contenu du pôle droit de notre axe anomalique, nouvelle dimension objectivable du réel.

    Notes et bibliographie

        (1) Cuauthémoc : dernier très jeune empereur aztèque, neveu du précédent, vaincu et fait prisonnier par Cortès lors de la prise de la capitale de l'empire, l'ancien « Mexico ». Quelques années plus tard lors d'une expédition déraisonnable du conquistador dont il était pour ainsi dire le noble otage plutôt bien traité, il fomenta une rébellion contre ce dernier qui prenait alors des risques insensés. Trahi par l'intelligente et célèbre maîtresse de Cortès, la Malinche, il fût pendu sur le champ dans la jungle. Les historiens considèrent cette folle expédition et cette exécution comme n'étant point vraiment à l'honneur du grand homme que fût Cortès, par ailleurs protecteur plutôt magnanime des aztèques qu'il chercha toujours à défendre contre les rapacités de Charles Quint et de son entourage.

        (2) On connaît en effet l'illusionniste américano-canadien James Randi qui depuis plus d'un demi siècle déjà s'évertue à démontrer que la principale et nouvelle fonction de la magie n'est plus vraiment de récréer comme autrefois mais de s'employer à faire croire que le paranormal n'est que tricherie malhonnête. Dans cette optique polémique, toute personne développant des pouvoirs paranormaux est immédiatement perçue comme un rival menaçant dont il convient au plus vite de dénaturer l'image que le public peut s'en faire en la disqualifiant et vilipendant par tous moyens à disposition. Communiquant habile, joyeusement narcissique, son activisme débordant aboutit tardivement à la création de la JREF (James Randi Educational Foundation) : une photo récente sur le net le représente d'ailleurs en animateur occupant le centre d'un triple cercle de très jeunes gens partageant sa jovialité conquérante. Son imitateur français n'est autre que l'illusionniste Majax actuellement âgé, n'ayant jamais toutefois bénéficié de l'aura de son modèle d'outre atlantique. Tous deux furent en leur temps les pourfendeurs médiatisés du paranormal tant avéré qu'allégué, bien incapables de distinguer l'un de l'autre puisqu'ils les considéraient identiques.

        (3) Gilbert Durand, Introduction à la mythodologie, Albin Michel, Paris, 1996, p. 38 : « L'Occident, sacrifiant aux mythologies démythologisantes... ». Consulter également l'excellent article de Wikipedia sur les phénoménologies.

        (4) Tel le professeur Y. Lignon, actuellement à la retraite, ayant monté le 12 janvier 1977, (Il occupait alors non sans difficultés la seule chaire universitaire française de parapsychologie) avec deux prestidigitateurs professionnels un simulacre facétieux de chirurgie aux mains nues visant à démontrer le caractère charlatanesque de ces opérations prétendues, dans une mise en scène calquée sur celles que réalisait dans le même temps Randi outre atlantique. On lui doit par ailleurs une sorte de journal de sa vie de laboratoire, à la fois honnête, humain, généreux et plein d'un humour à revendre avec : L'autre cerveau. La part du vrai dans la parapsychologie, Albin Michel, Paris,1992. Il sait aussi y rendre des compte !

        (5) Voir l'excellent article « Les guérisons de Lourdes » sur Wikipedia avec une bibliographie appropriée.

 

    Mots-clés : chirurgiens - chamans - transplantations - témoignage - internet - plateforme numérique

    Elie Sorlin        


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