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          button7.gif         Lettre 151 : D'un nouveau modèle de monde humain l'Anthroposphère


        Résumé de la lettre 151

    Le modèle de monde dont nous disposons actuellement, en dépit de nos prétentions à l'exhaustivité, est tronqué du fait qu'il reste amputé de la totalité des phénomènes anormaux. Hors nous verrons progressivement que leur nombre est considérable et riche leur variété foisonnante. Cette lettre esquisse donc les grande lignes d'un nouveau modèle de monde proprement humain capable enfin d'accueillir le prodigieux, le miraculeux, le transgressif, l'anormal, l'étrange mais à l'expresse condition qu'il soit avéré, réel, constaté, observable, expérimenté effectivement par des individus : ce sera désormais l'Anthroposphère dont notre terre avec tous ses contenus est comme la graine, le noyau.

    L'anthroposphère se divise en deux hémisphères Hag et Had que sépare une paroi interhémisphérique Pi. Tandis que Hag contient notre globe avec son humanité et la totalité des expressions de ses artefacts, des conditions pour les produire comme de ce qui s'y passe quotidiennement, que ce soit ou non connu, Had est conçu telle une boîte noire censée contenir les ateliers et les usines à prodiges outre les mystérieux agents producteurs de ce que nous observons parfois, épisodiquement, en Hag. La source de l'anormal s'exprimant en Hag se trouve donc hypothétiquement, par modélisation artificielle, en Had.

    Pareil modèle est destiné à modifier la donne puisqu'il instaure les conditions de puissantes interactions entre hémisphères auparavant invraisemblables et va nécessiter de repenser l'humain en fonction de ces mêmes interactions ; enfin Had n'appartient pas, dans ce type de modèle, à un autre monde ; ce n'est pas un univers parallèle ; c'est ni plus ni moins « la moitié » même de notre propre monde humain. Toute une gamme de problèmes nouveaux va naître de ce type de représentation comme par exemple la question de l'incommensurable impossible à loger conventionnellement dans ce genre de « maison » ou de sphère tripartite (Hag, Pi, Had).


    Dans nos lettres précédentes, à l'aide de quelques exemples choisis, nous avons confronté l'internaute qui mensuellement prend la peine de nous lire à l'irréductible composante anormale de notre monde. Nous avons aussi constaté qu' en tant que modernes nous ne voulions plus guère en entendre parler. Dès lors, si tel est bien le cas, notre modèle du monde est tronqué : il en manque une portion dont l'importance apparaîtra mieux par la suite. Certes les cartes dont nous disposons actuellement sont de plus en plus exactes et réalistes pour les territoires officiellement reconnus ; mais elles n'indiquent toujours pas où se trouve la composante irréductiblement anormale de notre monde, zone reléguée, officiellement non reconnue : si nous voulons la loger, l'accueillir, l'héberger il va donc nous falloir les redessiner en partie.

    Mais, plutôt que de recourir dans ce cas à l'analogie de la carte que nous réservons pour autre chose (1), nous allons user plutôt de la métaphore de la sphère, suivant en cela le grand philosophe allemand Peter Sloterdijk auquel on doit comme on sait une monumentale « sphérologie » déjà citée (2).

    Nouveau modèle de monde : l'Anthroposphère

    Ce nouveau modèle de monde se présente telle une sphère flottant dans l'espace solaire dont la terre que l'on connaît n'est que le noyau apparent, si manifeste qu'on pense qu'elle seule existe. Quand on examine attentivement cette bulle, toujours du point de vue des anomalies avérées qui s'y produisent et surtout sans préjugés excessifs, on remarque qu'elle se divise en deux parties complémentaires, celle de gauche, celle de droite. Nous parlerons dès lors d'hémisphères et non plus de parties, de faces ou portions. Cette sphère est à imaginer plus vaste que notre globe terrestre lourd et dense, son noyau et son support avec son atmosphère qu'elle enveloppe telle un halo vital.

    Nous distinguerons désormais dans cette nouvelle mappemonde enserrant notre petite planète tellurique un hémisphère gauche que nous désignerons par l'acronyme Hag signifiant « Hémisphère Anthroposphérique Gauche » ; puis son Hémisphère Anthroposphérique Droit complémentaire qu'indiquera, de son côté, l'acronyme « Had ». Les deux sont séparés par une paroi ayant au moins trois fonctions, l'une de protection, l'autre d'interactions et d'échanges outre celle de différencier nettement deux territoires que mesurent des temps fort différents.

    Hag, l'hémisphère gauche contient à minima les quelques six milliards d'êtres humains vivants dans leur environnement familier avec l'intégralité de leurs artefacts et tout ce qu'il faut pour les réaliser. C'est l'humanité telle que nous nous l'imaginons avant toute idée d'anthroposphère.

    Had, l'hémisphère droit abrite quant à lui, du moins en première approximation, avant examen plus approfondi, l'ensemble des ateliers, des usines où les prodiges sont censés se fabriquer, où s'élaborent les anomalies avec leurs instigateurs éventuels quelqu'en puisse être d'ailleurs la nature , que ceux-ci nous soient ou non connus, voire soupçonnés, objets de représentations particulières : esprits divers, dieux, éventuels aliens de toutes formes et espèces, peut-être même ce que nous appelons les anges. L'internaute aura vite saisi qu'il s'agit ici de recourir au stratagème de la « boîte noire » qui, dans un premier temps du moins, permet à l'observateur de modéliser simplement une réalité si complexe qu'elle est capable de le faire sombrer, sans ce subterfuge utile bien connu, dans une confusion assurée.

    C'est de cette boîte noire hadienne qu'est censée sortir la quasi totalité de ce qui lentement, au fil des 175000 (3) dernières années au moins a peuplé en hag, dans l'autre hémisphère, le champ du prodige, des anomalies de toutes sortes. En imaginant un martien qui découvrirait soudain cette structure flottant dans l'espace, analogue à une serre, bulle ou niche cosmique hébergeant une espèce vivante improbable : notre espèce humaine, d'un coup d’œil il se rendrait compte assez vite qu'il s'agit d'un biotope assez précisément circonscrit ou délimitable, non entièrement superposable à la petite planète tellurique qu'il enveloppe et semble lui servir de support fonctionnant tel un épicentre. Il discernerait aussi qu'à sa gauche assez translucide, lorsqu'il l'observe attentivement, il y a de l'humain, du non humain (Minéraux, végétaux, animaux, artefacts multiples), des hybrides tandis qu'à sa droite l'hémisphère est beaucoup plus opaque et qu'une sorte de membrane tout à la fois le sépare et le réunit à l'autre hémisphère.

    Cette première description n'est point exhaustive. Nous la proposons à titre de premier essai. Il est probable qu'au fur et à mesure que nous progresserons dans l' inventaire et la description de chaque hémisphère nous rencontrions des problèmes. Le premier à se profiler d'emblée consiste dans le logement de l'incommensurable et de ce qui est transcendant. Le cosmos dans lequel flotte l'anthroposphère est doté d'un horizon ; d'une manière ou d'une autre, si grand paraisse-t-il, il n'en demeure pas moins limité. Il est possible par exemple que certains prodiges ne proviennent pas d'ateliers hadiens ou que des entités comme les anges n'y puissent loger en permanence mais n'y faire que passer. Mais il est pratique, en toute première approximation de se dessiner ce genre de boîte noire hadienne puis de repérer ensuite les divers problèmes qu'elle va probablement nous poser. On ne pourra sans doute tout placer en had, tout mettre ce qu'on y voudrait ; assurément l'incommensurable par nature même n'y tiendra pas, refusera de s'y laisser circonscrire ou enfermer. On va pouvoir néanmoins y loger pas mal de réalités qu'on ne savait où placer correctement auparavant.

    Finalement, à bien regarder, ce genre d'architecture peut offrir un moyen de penser autrement et, paradoxalement de façon plus réaliste, notre propre monde humain en réintégrant ainsi sa partie absente, manquante. Un univers d' interactions insoupçonnées entre les deux hémisphères va soudain apparaître dont il ne restera plus qu'à dresser l'inventaire, puis confectionner la cartographie (4). Enfin la mise en place d'une paroi « poreuse » analogue à celle de nos cellules autorisera des échanges interhémisphériques auparavant strictement interdits au nom de nos sciences les plus dures, celles qui s'occupe du « noyau », de la partie lourde et dense, la plus tellurique (5).

    Pareille maquette inaugure une famille de modèles (6) dont l'invention reste à faire par les internautes les plus motivés. Ils pourront l'améliorer ou même en redessiner les plans, la seule contrainte imposée consistant à éviter toute fiction ou projection fantastique, imaginaire, gardant constamment à l'esprit le ferme souci d'accueillir dans leurs modèles issus de leur imagination créatrice le plus de réalité anormale possible sans jamais la dissocier de ce qui est familier, attendu, normal et non transgressif.

    Dans notre lettre 152 de rentrée (Septembre 2016) nous progresserons dans le descriptif de cette ébauche d'Anthroposphère afin de commencer d'en montrer usages, utilité, fonctionnement. Nous souhaitons à chacun de nos lecteurs fidèles ou occasionnels de très belles vacances d'été.

    Notes et bibliographie de la lettre 151

    (1) La carte servira, le moment venu, à régionaliser la totalité des anomalies de notre monde.

    (2) Peter Sloterdijk cité dans nos lettres antérieures. Consulter aussi l'excellent article qui lui est dédié sur Wikipedia.

    (3) Les savants vont de découvertes en découvertes sur les hominines, les hominidés, et les hominiens ne cessant de reculer l'avènement des sapiens comme des néanderthaliens révélant une richesse culturelle qu'on ne leur soupçonnait pas voici encore 50 ans. On ne sait plus très bien actuellement où situer avec précision dans le temps un vrai et franc saut à la fois culturel, symbolique, technique, religieux, sociétal chez nos ancêtres déjà bien évolués voici près de 200.000 ans ! Certes on ne dispose d'aucune grotte ornée datant de cette période, mais l'habitat, les objets, les sépultures sont là témoignant d'une hominisation rampante certaine. Prétendre que les « choses sérieuses » commencent à – 40.000 n'est plus de mise, si à cette époque on a assurément de grands artistes s'exprimant un peu partout sur le globe.

    (4) La cartographie concernera 12 ou 13 régions clairement identifiables dans l'état actuel de nos connaissances.

    (5) Paroi interhémisphérique dont l'acronyme sera « Pi »

    (6) On appartiendra à cette famille à partir du moment où reconnaissant l'intégralité du contenu hadien (= totalité des phénomènes anormaux) on l'intégrera d'une manière ou d'une autre, variable selon les modèles, dans une architecture hypothétique accueillante dotée d'un fonctionnement, d'une circulation dynamique. L'objectif ne sera jamais la « vérité » mais le vraisemblable à partir d'un réel appréhendé avec honnêteté, sincérité, modestie, hors idéologie ou dogmatisme.

    Mots-clés

    Anthroposphère - Hag - Had - Pi - hémisphère - interactions - modèle - incommensurable

    Elie Sorlin        


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