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        button7.gif         Lettre 159 : De la pulsion revisitée : l'ulsion


    Résumé de la lettre 159

    L'homme de l'Anthroposphère expérimente des états débordant ce qu'appréhendent habituellement nos sciences humaines et ses concepts ou ses modèles divers. Le modèle pulsionnel freudien se voit dès lors ici complété non par les pulsions de mort ou de conservation que nous conservons en le cantonnant toutefois au pôle sexuel, biologique mais par l'ulsion désignant le pôle eschatologique de la pulsion ; il correspond à l'étape postsexuée ou postbiologique de la destinée humaine individuelle qui n'est absolument pas caractérisée par l'accalmie pulsionnelle mais au contraire par la sortie des régulations et l'entrée dans un univers émotionnellement et cognitivement enrichi ; la majorité des sujets revenant d'une NDE/EMI en témoignent amplement comme on peut aller s'en rendre compte par exemple sur le site recommandé : www.nderf.org


    Le concept général de pulsion que Freud parvient à dégager à partir de son réexamen de la sexualité humaine doit être revisité dans ce nouvel environnement humain qu'est l'Anthroposphère. Sa bipolarité, son dualisme s'y confirme, s'accentue même entre un pôle régressif, tirant pour ainsi dire le sujet en arrière, vers le biologique, la reproduction, le sexuel, la conservation de l'espèce, la procréation, la survie et tout ce qui s'y associe traditionnellement en psychanalyse ; certes la sexualité projette les individus vers l'avant, le devenir des générations ; mais la partageant avec le monde tant végétal qu'animal, elle ne nous hominise pas particulièrement, nous renvoyant de ce point de vue à nos origines moins différenciées de vivants.

    A ce pôle relativement régrédient s'oppose un autre, progrédient ; concevons-le d'autant moins affecté par la sexualité qu'on tend vers lui, qu'on s'en approche par vieillissement inexorable, obsolescence plus ou moins bien assumée d'ailleurs. Tandis que chez Freud ce sont les pulsions du moi ou d'auto-conservation qui s'opposent à la sexualité, qui la contiennent, chez nous ce n'est absolument rien de tel ; de la même manière, tandis qu'en 1920 Freud imagine un nouveau dualisme pulsionnel selon lequel s'opposent pulsions de vie et pulsions de mort sans nul doute bien utile en clinique psychanalytique, nous ne saurions ici trop qu'en faire.

    Ce dont nous avons besoins dans l'Anthroposphère c'est d'un dualisme pulsionnel dont la partie « basse » demeure ce qu'elle est dans la théorie freudienne, à savoir immergée dans le biologique, la sexualité, le procréatif, ce qui est mortel y prenant racine, mais dont la partie « haute » va tendre vers le « post biologique », l'eschatologie, ce qui est censé survenir après la sexualité lorsque décroît son emprise sur le sujet qui n'en n'a généralement plus que faire, parvenu au terme de son existence brève ou longue. Que nombre de personnes dans une société intensément sexualisée comme l'est la nôtre (Principalement au plan fantasmatique) se refusent à envisager une telle éventualité n'enlève rien à sa pertinence objective et subjective.

    A bien regarder les gens sont dans ce registre pulsionnel lorsqu'ils s'investissent dans l'altérité, le service pur et désintéressé d'autrui, le relationnel. Ils valident ainsi l'opérativité de ce pôle de plus en plus dénarcissisant au fur et à mesure qu'on y tend, non point inatteignable quoique sans horizon discernable, sans véritable limite repérable. En usant d'une analogie astro-physique, cet extremum pulsionnel fonctionnerait à la façon du « grand attracteur » de notre super amas galactique Laniakea découvert voici peu (1). On s'y dirige sans même le savoir ou nous en douter, pris dans un vaste mouvement cosmique témoignant d'une organisation insoupçonnée prenant des allures de hasard.

    Contentons-nous de considérer ce pôle comme une fiction géométrique stimulante tirant l'espèce vers le « haut », à savoir diverses formes d'accomplissement. Qu'un courant de pensée contemporain n'en veuille point pour des raisons essentiellement terre à terre n'enlève rien aux observations suivantes : ce pôle « fictif », imaginaire, concrétise l'ouverture vers l'enchantement dont notre espèce éprouve un besoin lancinant et viscéral ; il paraît correspondre en outre, comme nous le verrons par la suite, à d'innombrables observations effectuées dans plusieurs régions-sources d'anomalies patentes ; enfin, une composante néguentropique discrète certes, mais paraissant à pied d’œuvre dans certains parcours humains rend ce pôle heuristiquement pertinent quand bien même il aurait l'heur de déplaire à certains.

    De l'ulsion

    Continuant d’appeler pulsion le pôle originaire traditionnellement exploré par la psychanalyse, désignons du terme d' « ulsion » l'autre, en apparence opposé, complémentaire. L'ulsion concerne donc l'après sexuel, le post-sexuel ou post-biologique, thanatos demeurant du registre du biologique auquel il semble mettre un terme définitif pour l'homme moderne. L'ulsion n'est point entropique ; on ne doit pas la concevoir comme un état d'accalmie des tensions ou d'éternel repos mais bien au contraire comme un espace-temps ouvert sur une expansion des émois, un accroissement de l'intensité des états éprouvés par les sujets que le biologique n'autorise pas, constellé qu'il est de limitations, de seuils, de régulations physiologiquement protectrices, soumis à des aléas, des fluctuations, des hauts et des bas, des scénarios répétitifs.

    L’éros dans nos grands romans est habituellement associé à des catastrophes personnelles ou familiales qui en font le sel, le piment au point que les happy-end sont souvent mal vus, déconsidérés, mal venus, transformant l'auteur en écrivain à l'eau de rose. Le témoignage de certains de nos grands mystiques chrétiens occidentaux est là signalant que lorsqu'on pénètre dans le territoire de l'ulsion, dans son champ attractif, territoire du postsexuel, toutes nos échelles existantes construites pour évaluer, jauger l'intensité des éprouvés pulsionnels voient leurs barreaux céder les uns après les autres, comme si, le pulsionnel ayant fait son temps, il laissait place à quelque chose de nouveau ouvrant la route à des émois hors du commun, à des anomalies prodigieuses : amour incandescent associé à une modification de la thermogénèse, du métabolisme corporel par exemple (2). Nous aurons l'occasion d'en reparler en parcourant l'immense continent du prodigieux, de l'anormal (3).

    Pour asseoir la pertinence de l'ulsion il suffit au lecteur d'aller sur le site : www.nderf.org qui contient des milliers de cas de gens revenus de la mort clinique ; ils disent avoir éprouvé un état amoureux indicible, souvent sans objet discernable, si intense qu'ils ne disposent d'aucun mot approprié pour l'exprimer comme il faudrait ; ils pleurent alors disant souvent qu'il leur fallut des mois pour revenir … sur terre comme on dit, dans la grisaille quotidienne de nos existences ordinaires. Beaucoup voient leur vie transformée, coupée en deux : celle d'avant leur NDE/EMI (4) régie par le pulsionnel freudien, célébré, exalté par nos plus grands artistes ; celle d'après irriguée par l'expérience potentiellement transformante de la lumière de l'ulsion, de ce futur qu'elle irradie à sa manière si singulière.

    L'ulsion nous incite à faire le deuil d'un univers fantasmatique de désirs souvent confondu avec la vie, l'élan vital tandis qu'il est associable à l’insatisfaction chronique et à la répétition cyclique obsédante pour ne pas dire obsessionnelle pour nous diriger vers un univers plénier prometteur dont les revenants chanceux de NDE témoignent avec réalisme, franchise et générosité.

    Mots-clés : pulsion - ulsion

    Notes et bibliographie

    (1) Voir à ce propos l'ouvrage de la découvreuse, Hélène Courtois de l'Université Lyon 2, Voyage sur les flots de galaxies, Dunod, Paris, 2016

    (2) Dont le phénomène mystique désigné par « Incendium amoris » fournit une illustration

    (3) Notamment la région du mysticisme

    (4) Acronymes d' Expériences de Mort Imminente ou de Near Death Experiency

Elie Sorlin        


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