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        button7.gif         Lettre 173 : Psychographie


    Résumé de la lettre 173

    Elle présente une troisième façon actuelle d'interagir avec les morts : l'écriture automatique censée dictée par ces derniers animant la main de l' écrivain d'outre monde qui ne sait ce qu'il retranscrit de cette manière dite faussement « automatique ». La lettre aborde le problème que pose l'ampleur de cette littérature : de quels esprits émane-t-elle ? Comment en contrôler l'orthodoxie, la fiabilité, la valeur ? Certains courants chrétiens plus permissifs que d'autres de ce mode d'interaction assez florissant ont élaboré au cours des siècles des procédures de validation intéressantes qu'évoque la lettre 173, tout en indiquant qu'en lettre 174 de rentrée 2018 elle introduira le lecteur ainsi prévenu à une œuvre psychographique majeure en langue française, de la première partie du XX ème siècle, émanant d'un défunt de confession protestante, en posant clairement le défi : comment cette personne décédée s'y est-elle prise pour parvenir à faire que sa pieuse mère, son interlocutrice unique, privilégiée, surmonte les interdits religieux liés à ce type d'échanges transgressifs puisque contraires à ses croyances? Accepte la transaction ? Communique avec son fils sans culpabilité insurmontable, potentiellement et puissamment inhibitrice ?


    De tous les modes d'interaction avec les défunts déjà examinés, à savoir les relations spontanées, les médiumnités (Multiples dans la diversité des parcours individuels et des charismes observés), les diverses transcommunications instrumentales (Diverses du fait de la variété des supports techniques impliqués) la « psychographie » s'avère à la fois le plus troublant, le plus complexe à analyser, potentiellement le plus riche aussi, mais également le plus contrasté ; en effet on y trouve nombre d'écrits éphémères et sans grande valeur, messages à portée individuelle, enfin véritables œuvres sur lesquelles nous allons plus attentivement nous pencher.

    Comme à notre habitude nous invitons l'internaute à consulter l'article dédié au thème sur Wikipédia, l' encyclopédie en ligne avec laquelle nous ne saurions entrer en compétition, ne cherchant qu'à la compléter. Il la définit ainsi, en se référant d'ailleurs au spiritisme d'Allan Kardec, excellent observateur du phénomène: « Écriture des esprits par la main d'un medium ». Le lecteur se demandera non sans quelques bonnes raisons comment sait-on qu'il s'agit toujours d' un esprit qui animerait la main ? Des éléments de réponse viendront dans la suite de nos courriers.

    Si les personnes ordinaires comme nous le sommes presque tous peuvent n'avoir aucune expérience manifeste d'un contact avec ce qu'on appelle un « esprit », il n'en va pas de même de certains individus qualifiés pour cela de « médiums » ; dans la tradition spirite les esprits profitent de ces derniers pour interagir avec nous via, entre autre (Car ce peut être aussi par inspiration, prise de possession transitoire du système vocal du sujet (1), de sa main) tablettes, guéridons, tables, miroirs (2) ou objets divers dont crayons ou stylos. La personne va dès lors se mettre à écrire, souvent sans même savoir ce qu'elle couche ainsi sur le papier, n'en prenant connaissance qu'après coup.

    Il va en résulter une littérature assez fournie dont une infime partie accède à la publication ; sans doute 98 % dans une estimation des plus approximative échappe à toute visibilité sociale pour au moins 4 raisons : faible intérêt des données écrites, caractère éminemment personnel des messages, données fragmentaires sans lien véritable ne pouvant donc donner lieu à publication, taboutisation éventuelle liée à maints interdits culturels, sociaux, politiques ou religieux. Les trois religions du livre, tous courants internes confondus, sont des plus réticentes à examiner sereinement la psychographie ; elles accusent quelques difficultés à tenir la bonne distance face au phénomène pour des raisons tant historiques que mystiques et théologiques, la principale d'entre elles tenant au rapport jaloux, sourcilleux qu'elles entretiennent avec leur révélation et leurs propres saints écrits qu'elles considèrent inspirés, voir même directement dictés par Dieu (Coran), ce qui, est-il besoin de le préciser, n'est en rien le cas de la Bible, de ses deux testaments réunis. Certes elles admettent bien toutes l'existence d'un monde surnaturel peuplé d'esprits ; mais accepter que ces derniers interagissent librement et dans un désordre apparent avec nous autres humains excède leurs capacités de contrôle institutionnel d'un phénomène humain les débordant de toute part puisque chaque individu se voit alors potentiellement susceptible de recevoir un beau jour des communications de l'au-delà d'une extrême diversité, concernant à peu près tous les sujets imaginables, risquant constamment d'être prises pour autant de vérités transcendantes. La littérature « canal » du New Age est à cet égard fort édifiante, d'innombrables entités dotées de superbes noms venant chaque jours plus nombreux délivrer une pluie de messages abreuvant les personnes qui leur sont branchées.

    Un peu d'ordre si possible!

    L'église catholique, pour conjurer ce risque de chaos assez prévisible, sut affronter un aussi redoutable problème en créant élégamment une fois pour toute une distinction entre ce qu'elle appelle la Révélation officielle (Livres canoniques) fixée définitivement depuis des siècles, s'imposant à tous constitutionnellement pour ainsi dire et les innombrables révélations dites privées qui sans cesse irriguent depuis 2000 ans la communauté tant humaine que plus particulièrement ecclésiale des croyants. Autrement dit la communication avec les esprits, l'interaction avec les innombrables Saints comme avec Dieu ou son Messie Jésus ressuscité y est généralisée, universelle sans pour autant s'avérer courante ni normale puisque cela relève de ce qu'on y appelle un don, un charisme, une grâce particulière gratuitement octroyée au sujet, à l'individu pour sa sanctification et pour l'édification éventuelle d'autrui mais ne s'imposant jamais à l'ensemble des croyants, à la différence du canon des Écritures. Tant dans l'orthodoxie que dans le catholicisme on se trouve donc, de par ce concept de « révélations privées » devant une conception du monde, une anthropologie, une cosmologie, un fonctionnement d'une luxuriance incomparable, pratiquement sans équivalent dans les autres grandes religions mondiales.

    Mais pour réguler comme il convient, du moins à minima et grosso modo, statistiquement pourrait-on dire, un tel flux d'informations en provenance de Dieu, de son Messie Jésus (ou Jeshua), des saints, de ceux qu'on tente de faire canoniser à grands frais, flux proprement gigantesque et d'une incomparable richesse en grande partie méconnue, l’Église catholique en particulier a développé au fil des siècles un art du discernement associé à des procédures variées permettant de séparer autant que faire se pouvait le bon grain de l'ivraie comme on dit, les fantaisies délirantes , hystériques, vaines, prétentieuses ou sottes de la messagerie potentiellement utile et pertinente. Notre propos n'est point ici de nous engager trop avant dans l'exposé de ces stratégies discriminantes complexes, élaborées qui mériteraient à elles seules qu'un site entier s'y consacre.

    La condition de recevabilité des messages reçus de l'au-delà, toujours fort délicate à établir, est déjà de ne point entrer en contradiction avec ce que l'on sait déjà et dont on est absolument sûr par des siècles d'expériences intimes collectives et de validation mystique, expérientielle, sapientielle. Si cet esprit conteste de manière par trop rebelle le magistère établi depuis des siècles qui garantit une certaine unité croyante, on sait qu'il convient de le congédier comme non avenu. Les individus imprudents qui transgressent ces quelques règles élémentaires de bon sens le font à leurs risques et périls, sans se rendre compte qu'ils sont devenus des otages aliénés, produisant alors des écrits exprimant à peu près tout et son contraire, mixtant parfois non sans une certaine habileté le vrai et le faux, l'admissible et l'inadmissible, le sensé et l'insensé, endossant alors des postures de nouveaux prophètes ou messies capables d'induire en erreur les personnes naïves, en recherche éperdue de nouveautés séduisantes (3).

    Lorsque naquit la Réforme avec Luther, ce système communicant homme/au-delà, homme/esprits, hommes/défunts sanctifiés ou sanctifiables fût rejeté avec la dernière violence comme autant de « manifestations païennes » si bien qu'il est impossible de trouver désormais dans aucun temple protestant du monde (A l'exception de Taizé) une seule statue, une seule icône, une seule image, une seule figure, une seule représentation, un seul visage, une seule relique de saint comme de martyrs ; leurs lieux de culte en sont vides à la différence des lieux de culte orthodoxes ou catholiques qui, au contraire, en sont remplis, tapissés, des voûtes aux dallages des sols en passant par les colonnes ! On n'y compte plus les centaines de millions de fidèles catholiques qui de par le monde allument des cierges devant ces effigies ! C'est suggérer par là l'immense fossé entre ces confessions pourtant chrétiennes, les unes promouvant la relation contrôlée avec les défunts, les autres la refusant avec la dernière énergie, allant même jusqu'à la démoniser ou diaboliser au prétexte qu'elle ne serait pas conforme aux Écritures ni à la Tradition telle qu'ils l'entendent.

    Caché sous cet argumentaire d'apparence raisonnable se trouve une montagne de griefs émotionnels, passionnels, économiques, politiques, culturels, théologiques, institutionnels, ecclésiaux qui débouchèrent autrefois sur des affrontements civils d'une rare violence qui nous étonnent et nous scandalisent bien aujourd'hui où nous nous sommes accoutumés à vivre paisiblement ensemble, les uns avec leurs saints, leurs statues, leurs images et leurs cierges, leurs prières aux saints, les autres sans, dépouillés, nus, tous désormais d'avantage attentifs à ce qui nous réunit : les Saintes Écritures qu'à ce qui nous divise : le rapport aux morts  et la communication avec eux !… Les uns dotés d' une grande échelle de Jacob entre terre et ciel, d' autoroutes et de flux de circulation mystique, d' apparitions, de visitations, d' anges, de pèlerinages, de chemins de Compostelle etc... les autres refusant cet appareillage surnaturel qu'ils considèrent encombrant, redondant, coûteux, dispendieux, inutile, voire pernicieux ou nuisible, bref de mauvais aloi ! Nous avons peu à peu appris à nous respecter mutuellement, chacun ayant ses propres moyens de locomotion pour un ciel désormais conçu bien plus vaste et diversifié qu'il n’apparaissait à nos pères dans la foi (4).

    Nous nous permettons d'exprimer tout cela ici car notre premier défunt communiquant sera précisément un… jeune protestant décédé, enfreignant de ce fait frontalement un Himalaya de préjugés, de croyances auto-limitantes, en entreprenant d'échanger psychographiquement avec sa propre mère affectionnée, endeuillée aussi, protestante de haute et vieille souche, bardée de défenses et d'interdits à ce propos ! Tel sera le sujet abordé par notre future 174 ème lettre de rentrée de septembre 2018 : vous faire découvrir comment ce jeune défunt moderne, des plus sympathique et attachant, va s'y prendre pour briser les défenses maternelles, inciter sa mère à accepter l'interaction, l'échange, l'aider enfin à surmonter l'étonnement, l'effroi, le sentiment de transgresser les règles de sa communauté, le doute tenace aussi. Que va-t-il lui dire ? Comment va-t-il s'y prendre pour se rendre un tant soit peu crédible aux yeux de sa mère comme de son père ? Redoutable challenge pour ce milieu familial protestant à priori fort hostile à toute communication avec les personnes disparues, fussent-elles membres de la famille !

    Dans cette attente, bonnes vacances à vous tous, très chers lecteurs internautes !

    Notes et bibliographies

    (1) Souvenons-nous du cas Daniel et Maguy Lebrun longuement évoqué en lettre 172

    (2) Nous renvoyons ici à l'étude d' Evelyne-Sarah Mercier et de Djohar Si Ahmed sur la production artificielle de visions à partir de miroirs sur le modèle d'hypothétiques pratiques païennes antiques, présentement encore mal connues : Expériences autour d'un miroir, JMG Editions, Agnières, 2002

    (3) Les exemples ne manquent pas de personnes qui, au contact d'un « esprit »,vont en quelque sorte en devenir l'otage, prenant ce que ce dernier leur raconte, psychographie ou medium aidant, pour argent comptant et cherchent alors à fonder ou refonder une religion, rédigeant des ouvrages témoignant de leur expérience singulière sans le moindre étayage sur des tiers.

    (4) Nous renvoyons le lecteur à l'ouvrage récent de J. Rousse-Lacordaire, Ésotérisme et christianisme. Histoire et enjeux théologiques d'une expatriation, coll. Cogitatio Fidei, Paris, Cerf, 2007. Il est l'un des très rares à témoigner d'un effort actuel de pensée théologique chrétienne sur l'ésotérisme contemporain, concerné aussi par la psychographie.

Elie Sorlin        


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