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        button7.gif         Lettre 176 : De l'au-delà des Morrannier, Mère et fils


    Résumé de la lettre 176

    Elle s'ingénie à présenter sommairement l’œuvre psychographique de George Morrannier et de sa mère qui retranscrivait ce que son fils défunt lui dictait ; la lettre 176 cherche à montrer en quoi cette oeuvre psychographique est intéressante mais aussi à en indiquer les limites de fiabilité en la comparant à celle de Pierre Monnier sur laquelle nous reviendrons prochainement ; le premier décrit son environnement dans sa physicalité en quelque sorte comme le second se l'interdit volontairement pour se cantonner au coaching spirituel de son interlocutrice (Sa mère) afin de la faire évoluer au plus vite. Ce n'est pas le souci premier de George vis à vis de sa mère qu'il cherche au contraire à utiliser comme ambassadrice de sa conception du monde.


    Nous reviendrons, si vous le voulez bien, sur l’œuvre psychographique monumentale de Pierre Monnier pour traiter ce mois-ci de celle, plus restreinte, de George Morranier. Ce dernier, jeune scientifique d'excellent niveau tombe en dépression qu'il cherche à colmater en investissant de manière désordonnée la spiritualité hindoue ; il finit par se suicider par arme à feu chez sa mère le 13 septembre 1973, pensant en finir une bonne fois pour toute avec ses souffrances morales. Quelle n'est pas sa stupeur, une fois décédé, de découvrir qu'il est toujours vivant et que sa mère prénommée Jeanne, professeure de sciences parfaitement matérialiste comme lui-même l'était encore juste avant sa mort, ne croyant donc pas en une survie, est en réalité une authentique medium douée mais qui s'ignore. Dès lors il comprend vite qu'il va lui être possible de communiquer avec elle si toutefois il parvient à lui faire comprendre non sans difficultés d'ailleurs qu'il est toujours vivant et profondément désireux d'échanger avec elle.

    Cela lui demandera plusieurs mois pour arriver à ses fins et parvenir à lui dicter ses premiers messages d'un grand intérêt pour les raisons suivantes : esprit soucieux d'objectivité et d'une grande honnêteté intellectuelle couplée néanmoins à une certaine naïveté (1), il n'aura de cesse de transmettre à sa mère des informations capitales sur ses multiples activités, ses déplacements, sur son environnement tel qu'il l'éprouve, l'expérimente, tel qu'il le comprend aussi et parvient à l'utiliser, à le mobiliser pour tenter de réaliser son grand projet : œuvrer à l'instauration d'une religion universelle qui tiendrait en 7 principes que voici : 1/ Il n'est pas d'autre Dieu que Dieu 2/ Ce dernier est l'âme de l'Univers, son Créateur 3/ Tout se déroule dans un cadre évolutif 4/ La réincarnation est au cœur du processus évolutif tant de l'être humain que des innombrables esprits peuplant l'au-delà 5/ La survie de l'âme est immédiate après la mort du corps physique 6/ Dans l'au-delà les âmes se répartissent dans sept sphères spirituelles 7/ Enfin la vie éternelle (Avec, en Dieu) est proposée à tout le monde comme but ultime.

    Tous ces points y compris son travail dans l'au-delà, ses rencontres vont se voir abordés, traités dans sept ouvrages de valeur inégale (Du fait qu'on y trouve maints commentaires historiques d'un bien faible intérêt documentaire pour nous renseigner sur l'au-delà) représentant en grande partie ses dictées à sa mère qui vont s'étaler pratiquement du 23 mai 1974 à la disparition de cette dernière, le 13 octobre 1996.

    Les thèmes qu'aborde cette œuvre assez magistrale, hors du commun, sont aussi divers que des informations de première main sur les 7 « sphères », leur population, le passage de l'une à l'autre, la réincarnation, l'organisation étonnante présidant à toute vie dans l'au-delà, l'arrivée dans l'au-delà ou « transition », les propriétés du nouveau corps dont on est doté dès qu'on est décédé, la médiumnité et ses risques, la manière de les conjurer, l'évolution spirituelle, les guides, les couleurs des auras permettant de discerner où on en est au plan spirituel sans qu'on puisse le cacher à soi-même comme à autrui, le sort des animaux, le travail qui nous attend dans l'au-delà, du moins dans la sphère où se trouve George avant de devoir se réincarner encore une fois, ce qui ne lui sourit guère d'ailleurs tant il se trouve plutôt bien là où il est. Comme on peut s'en rendre compte on se trouve devant une multitude de données toutes plus précieuses les unes que les autres concernant l'au-delà. C'est une œuvre psychographique majeure se détachant nettement par sa qualité documentaire dans le paysage de la littérature sur le sujet !

    Elle a par rapport à l’œuvre monumentale de Pierre Monnier sur laquelle nous reviendrons prochainement un avantage incomparable : elle se veut objectivement descriptive de la vie dans l'au-delà et elle y parvient comme aucune autre œuvre connue à notre disposition. Tandis que Pierre Monnier s'interdit autant qu'il lui est possible de fournir ce type d'informations à sa mère, son but exclusif étant de l'accompagner spirituellement, de la faire évoluer spirituellement pour qu'elle parvienne un jour prochain à le rejoindre dans sa sphère, probablement la sixième dans le système morranier, sphère fort évoluée on en conviendra aisément, après bien sûr s'être familiarisé avec ce genre de « cartographie » de l'autre monde comme on dit !

    Mais l’œuvre magistrale des Morrannier a toutefois un défaut, une faille lorsqu'on l'ausculte attentivement : les renseignements qu'elle fournit sur les sphères 6 et 7, s'ils sont assez fiables, sont néanmoins très limités ; George comme sa mère se veulent réalistes, objectifs et dans le vrai ; ils cherchent à ne pas tromper le client et se révèlent d'une grande honnêteté, d'une grande droiture d'intention ; mais tous les deux sont d'une ignorance abyssale concernant le cœur même de la religion chrétienne, du christianisme, du catholicisme ; d'un côté ils affirment que les sphères 6 et 7 sont peuplées de prophètes et de saints ayant atteint le sommet ou la fin de leur évolution humano-spirituelle après maintes réincarnations : 4 ou 5 au minimum et d'un autre côté ils n'ont pas la moindre réflexion correcte ou sensée sur les parcours essentiellement, foncièrement religieux de ces « élus » qui d'ailleurs peuvent provenir de maintes religions, mais assurément aussi et surtout du christianisme avec ses 2000 ans de gens canonisés, de martyrs etc.

    Bref concernant le rapport à la religion reconnaissons que les Morrannier sont faiblement compétents tant ils ignorent ce qui fait l'essence même du phénomène religieux à savoir la vie intime avec Dieu dans la quotidienneté, l'engagement amoureux total envers Lui. Ils ont une conception intellectualiste et distante d'un phénomène qu'ils soupçonnent mais qu'ils ignorent dans les faits, expérientiellement. Leur projet de religion universelle est parfaitement respectable et louable certes mais il manque à vrai dire d'inspiration prophétique ; l'Esprit Saint, sa puissance de feu n'est pas au rendez-vous ; c'est tout à fait noble cette religion universelle mais elle appartient d'avantage à la philosophie, à ses propres catégories qu'à la religion proprement dite ! On n'y sent pas véritablement l'engagement du cœur ; les Morrannier se situent à des années lumières de l'univers des grands mystiques ignorés ou connus de toutes les religions réunies ! Ils ont à évoluer eux aussi sur ce plan ! Ce qui ne remet pas en question leur immense bonne volonté et leur générosité ainsi que l'indéniable qualité des descriptions ou témoignages de ce qu'ils expérimentent et vivent.

    Pierre Monnier dans ses innombrables lettres s'interdira tout descriptif volontaire ; mais il sera incomparable dans ce qu'il va nous dire, nous révéler de sa vie avec le Christ ; il rejoindra à 90 % ce que nous raconte l'ami George du travail d’assistance d'autrui, de la transition, du corps spirituel ; mais sa connaissance religieuse reste admirable tant elle nous fait pénétrer dans l'essence même de la vie en Dieu, avec Dieu, et dans son interprétation non ésotérique des écritures ; l'interprétation ésotérique est propre à de grands ignorants du sujet ; c'est une interprétation tout simplement « à côté de la plaque », ne résistant pas à la moindre analyse sérieuse comme à la moindre expérience mystique authentique et de qualité d'un être humain. Entre Monnier et Morrannier il y a un abîme ! Le second ne fait que pressentir de fort loin ce que nous exprime le premier concernant l'univers spirituel dans lequel, disons-le franchement, le second n'est pas encore rentré, ne demeurant que sur son seuil !

    Par contre au plan de la description triviale de l'environnement qui est le sien propre, Morrannier reste supérieur à Monnier, non par incompétence de ce dernier que par les choix délibérés pour celui-ci de ne parler, de ne traiter jamais que de réalités spirituelles et non phénoménale/triviale. Morrannier a encore du temps devant lui… puisqu'il va lui falloir, à son corps défendant, se réincarner une dernière fois avant d'accéder là où se trouve Pierre, son magnifique devancier !

    Très peu de gens, à notre connaissance, ont fait l'effort d'un croisement de ces deux œuvres sous l'angle que nous proposons ici et qui repose sur un important travail anthropologique d'amont dans la ligne de pensée de Bruno Latour que nous avons déjà présentée à nos lecteurs (2).

    Chers internautes que ce mois de novembre nous permettent de repenser affectueusement à nos disparus les plus chers et d'avoir souci de quelques autres aussi peut-être moins chanceux, qui sait ?

    Notes et bibliographie

    (1) Prenons le simple exemple suivant : à un certain moment George traite du titre de « Fils de l'Homme » que se donnait habituellement Jésus en parlant de lui-même, pour dire qu'à l'évidence et pour l’ésotérisme dont il est partie prenante cette appellation est bien la preuve définitive que Jésus n'était qu'un homme et qu'il se reconnaissait bel et bien comme tel précisément par cette façon de se désigner lui-même. Or si l'on prend soin d'ouvrir l'ouvrage récent : « Le Christ juif » de l'universitaire américain Daniel Boyarin on y trouve un long chapitre consacré à cette expression, soit plus de trente pages d'une grande érudition émanant de l'un des meilleurs spécialistes actuels de la question, de religion juive orthodoxe de surcroît ! Qu'y lit-on ? Que les commentaires concernant cette expression étrange pour nous autres modernes non juifs remplissent des centaines d'ouvrages et furent le thème âprement débattu de milliers d'articles dans les deux derniers millénaires et qu'à l'évidence, après consultation du sens qu'on donnait à cette expression avant même la venue de Jésus au monde, elle signifiait au contraire paradoxalement la divinité du personnage associé à une telle appellation tandis que l'autre expression « fils de Dieu » dans le monde judaïque du premier siècle de notre ère ne renvoyait pas nécessairement à un être divin puisqu'on pouvait l'appliquer à maints hommes justes !

    C'est d'autant plus intéressant que Boyarin ne croit aucunement en cette divinité du personnage Jésus tout comme George Morrannier d'ailleurs, chacun pour ses propres raisons ; mais le premier est incomparablement plus compétent que le second dans le sens à donner à cette expression demeurant énigmatique pour un moderne ignorant de la période où cette expression « fils de l'homme » fit son apparition en Israël.

    Bel exemple de l'ignorance sur laquelle se fondent certaines affirmations péremptoires de George et sa mère ; dans ce cas tous deux parlent de choses qu'ils ne connaissent pas ou très mal et c'est à nous autres lecteurs de les corriger sans pour autant disqualifier dans son ensemble leur bien belle œuvre !

    (2) Pour Bruno Latour, l'un de nos meilleurs penseurs européens de la modernité et de surcroît parmi les plus cités au monde dans la littérature prolifique des sciences humaines, l'être ou le réel ne se réduit pas à une ou deux catégories seulement mais à une quinzaine de modes d'existence ; chacun d'eux a sa façon de dire vrai, d'énoncer le réel, de le faire, de le valider ou prouver : la science par exemple a le sien propre, excellent par ailleurs et que nous avons tendance à porter au x nues tant il s'avère performant lorsqu'elle nous parle de la matière ; mais le droit a aussi sa façon à lui de dire vrai avec un impact objectif dans le réel : vous vous en rendez compte lorsqu'on vous met en prison par exemple après vous avoir condamné! C'est très réel et très vrai cette incarcération en dépit du fait qu'elle n'est pas fondée sur un réel scientifique ! Son « réel » objectif est donc effectif et bien autre. Il en va de même pour la religion et ainsi de suite jusqu'au quinzième et dernier mode identifié à ce jour de son enquête sur… les « modes d'existence ». Le vrai, le réel n'est donc en définitive pas aussi simple qu'on le laisse entendre parfois ; il ne se réduit pas une ou deux catégories seulement comme la « Science » avec un grand S ! Le droit a aussi sa vérité propre… redoutable tout comme la religion etc...

Elie Sorlin        


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