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        button7.gif         Lettre 178 : Nul/Nullissime appliqués à l'au-delà !


    Résumé de la lettre 178

    Elle traite de la distinction à opérer entre deux catégories de sujets dans leur rapport à la question débattue de l'au-delà  dans nos sociétés modernes: celles des personnes nullissimes et des personnes nulles. Tandis que les premières sont persuadées qu'il n'y a pas d'au-delà, les secondes n'en n'ont aucune expérience mais demeurent toutefois motivées pour en savoir plus, ce qui n'est pas le cas des autres du fait de croyances auto-limitantes. Un ouvrage possible et tel que « L'au-delà pour les nullissimes » devrait dès lors obéir à un cahier des charges bien particulier que s'efforce d'imaginer la lettre 177 : éviter à tout prix de commencer par parler de phénomènes anormaux que les « nullissimes » sont bien incapables d'admettre dans un premier temps du moins. Cet ouvrage imaginaire éminemment souhaitable et que personne ne rédigera probablement devrait impérativement proposer deux « préalables » susceptibles d'autoriser les « nullissimes » à s'ouvrir à la réalité telle qu'elle est et non telle qu'ils le pensent et croient. Tirons le premier de ce qu'on appelle : « philosophie de la connaissance » où l'on admet avec modestie que toutes nos connaissances humaines reposent sur le socle d'une certitude innée autant qu'universelle que nous sommes capables d'atteindre la réalité objective du monde dont nous sommes partie prenante, certitude logiquement injustifiable, quasi « instinct » que tentent d'expliquer deux groupes de théories du réalisme, l'un direct et l'autre non, les deux cependant ne niant pas que l'être humain puisse finalement accéder à la réalité. Le second consiste à faire appel à une nouvelle anthropologie philosophique nous autorisant à inscrire dans la réalité le rapport des humains aux « esprits », imaginée par l'un de nos meilleurs penseurs actuels, le français Bruno Latour : www.menetic-site.net est présentement un site proposant ces deux préalables autorisant l'homme moderne « nullissime » à penser l'au-delà, l'incitant également, s'il le souhaite, à s'ouvrir à cette réalité « ultime ».


    Nul/Nullissime appliqués à l'au-delà !

    Si d'aventure vous allez au magasin Carrefour Quetigny voisin il y a des chances qu'à l'entrée, à droite vous y trouviez une console de journaux et magazines divers et variés puis une autre pleine de BD avec en face des étagères dont l'une vous propose des ouvrages de la fameuse collection « Pour les nuls ». Vous aurez alors la surprise d'y découvrir quelques nouveautés du genre l'Internet et la Cuisine pour les « nullissimes » et non plus seulement, comme auparavant, pour les seuls nuls !

    De la personne « nullissime »

    Si l'on souhaite appliquer le concept à notre rapport au praeternaturel, au surnaturel, à l'anormal, à l'extraordinaire, au prodigieux, au miraculeux ou plus simplement à notre relation aux défunts, à l'après vie, à l'au-delà, on peut en première approximation considérer qu'une personne « nullisssime » pourrait être une personne pour laquelle tout s'arrêterait à la mort, pour laquelle il n'est donc nulle survie imaginable, pensable, possible ; une telle personne souffrirait en outre d'une croyance auto-limitante consistant à se répéter inlassablement pour s'en convaincre que les lois de la nature ne sauraient admettre ni tolérer la moindre dérogation ou transgression ; dès lors cet individu ainsi muré, enfermé dans son monde à l'horizon rétréci pour ne pas dire clôt serait momentanément incapable d'en sortir sans une autorisation ou incitation susceptible de lui être providentiellement fournie par un ouvrage du genre … « Pour les nullissimes ! ».

    Il va de soi qu'un tel livre trahirait sa mission s'il se cantonnait à ne vouloir délivrer que des détails purement techniques sur les phénomènes en question ou à les additionner ; il lui faut évidemment trouver l'argumentaire adéquat pour fissurer l'épaisse cuirasse lourdement défensive d'un tel sujet vivant dans une bulle qu'il ne voit pas, assuré d'avoir raison, s'étayant enfin souvent sur de grands esprits défaillants dans leur rapport à la réalité, mais surdoués pour faire partager leurs convictions qu'ils prennent pour d'ultimes vérités sur le monde (1). Pareil ouvrage destiné aux « nullissimes » se doit de donner à penser d'une autre manière le réel, le monde, la réalité et ne point se cantonner à la présentation de phénomènes anormaux susceptibles d'induire chez cette catégorie de gens particulièrement allergiques maints réflexes de rejet.

    Un ouvrage futuriste comme « L'au-delà pour les nullissimes » se présenterait donc comme une introduction à la philosophie de la connaissance visant à rappeler qu'à la base de toute connaissance humaine fût-elle scientifique il en est une autre impossible à justifier logiquement : à savoir la certitude native et universelle que nous atteignons le réel lorsque nous regardons, sentons, touchons etc... Ce sentiment premier demeure à ce jour encore rationnellement injustifiable et doit donc nous rendre modeste puisque cela revient à dire que nos connaissances les plus élaborées, celles que nous pensons les plus solides, les plus incontestables au plan scientifique reposent finalement, en toute dernière instance, sur un socle qui ne l'est pas! Les plus grands logiciens mondiaux contemporains le savent pertinemment mais se gardent bien de le révéler au grand public en termes simples et compréhensibles (2) si bien que les « nullissimes » demeurent généralement dans leur grande illusion consistant à penser ou plutôt croire que leurs certitudes reposent toutes sur un socle d'une implacable logique comme d'une rationalité sans faille.

    Cet ouvrage évidemment encore à rédiger, couplerait à cette piqûre de rappel d'une dose homéopathique de philosophie de la connaissance largement partagée par nos meilleurs spécialistes de la question une présentation sommaire de l'anthropologie philosophique du grand intellectuel français Bruno Latour, l'un des auteurs actuellement les plus cités au monde en Sciences humaines (3), permettant de réinscrire enfin dans le réel la relation aux esprits, de la penser aussi (4) ; ces deux références : l'une à la logique de la connaissance, l'autre à la philosophie de l'être ne sauraient se confondre avec une phénoménologie anomalistique qu'elles doivent impérativement précéder pour la rendre intellectuellement admissible.

    De la personne « nulle »

    Maintenant penchons-nous aussi un instant sur la personne « nulle » en matière d'au-delà : ce pourrait être par exemple un sujet doté de trois traits de caractère : il n'aurait par exemple jamais commercé de toute sa vie avec un défunt ; il n'en n'aurait rencontré aucun. Secondo : il n'aurait jamais fait d'incursion dans l'au-delà, de voyage, d'aller-retour comme les bénéficiaires de NDE/EMI par exemple; enfin ce pourrait être aussi un sujet dépourvu du moindre charisme médiumnique. En quelque sorte nanti négativement de ces trois manques, il se montrerait néanmoins enclin à vouloir en savoir d'avantage, cherchant dès lors à pallier à ses ignorances en se documentant de son mieux sur le thème. Chers internautes c'est justement notre cas si ce n'est le vôtre qui pouvez avoir fait une NDE ou qui êtes susceptibles d'avoir quelques dispositions médiumniques qui me font défaut. Bref le nul, vous l'aurez compris, occupe une position intéressante pour s'enquérir sur l'au-delà du fait qu'il dispose d'atouts motivationnels dont manquent cruellement les « nullissimes », habituellement imbus de certitudes auto-limitantes.

    Dans nos prochaines lettres nous poursuivrons tranquillement, modestement, notre exploration pionnière de la Région V qui n'est pas l'au-delà, précisons-le bien, mais une vaste région peuplée de nombreux phénomènes concernant l'au-delà, l'après-vie, le commerce ou l'interaction avec les défunts outre tout ce qui spontanément peut s'y associer.

    Très bonne année à vous tous, chers jeunes et vieux amis fidèles à www.menetic-site.net

    Notes et bibliographies

    (1) Nous pensons ici à F. Nietzsche dont la figure de son « surhomme » offre un bel exemple de fascination sur maints de nos contemporains peu sensibles pourtant au fait qu'on se trouve devant un saltimbanque (Nietzsche lui-même) finissant par dramatiquement se crasher puisqu'il passera les dix dernières années de sa jeune vie mélancolique et souffrante en fauteuil roulant, sans plus jamais dire un mot, pur objet dépendant totalement de sa sœur Élisabeth, ex aventurière aux pratiques et aux idées politiquement autant que socialement douteuses, peu correctes. Ces aspects manifestes témoignent d'une discordance préoccupante entre vie et œuvre, l'une étant le contraire de l'autre à presque tous points de vue. On est en droit d'attendre, humainement parlant, une congruence minimale entre les deux !

    (2) Il y a consensus des spécialistes de la logique de la connaissance sur ce ce point : impossible de justifier logiquement la certitude innée qu'ont les êtres humains d'accéder à la réalité tandis qu'entre elle et eux, qu'entre la chose et le mot qui la désigne se trouve un espace, une distance finalement incomblée : Louis Allix, Perception et réalité. Essai sur la nature du visible. CNRS éditions, mai 2004

    (3) Consulter à ce propos l'article documenté que lui consacre Wikipédia, l'encyclopédie en ligne.

    (4) Grâce notamment à sa catégorie de l'être qu'il désigne par le terme « Métamorphose » dans son maître ouvrage publié en 2005: Enquête sur les modes d'existence.

Elie Sorlin        


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