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        button7.gif         Lettre 192, Suite de la lettre 190 et d’une voyance annonçant à l’avance la guerre de 70


    Résumé de la lettre 192

    Elle achève la présentation du cas de Léon Sonrel qui, répétons-le, est un scientifique d’excellent niveau et non un voyant professionnel mais occasionnel et de surcroît performant, n’obéissant pas aux codes ancestraux de pratique de la voyance. Cela nous donne occasion de rappeler que notre ontologie de moderne nous interdit d’adhérer à ce type de témoignage pour une raison fondamentale : l’extension des règles de fonctionnement de nos sciences dures au fonctionnement proprement humain. La lettre 191 d’avril prochain cherchera néanmoins à savoir s’il existe une différence entre ce type de voyance et celles dont font état de façon récurrente les grands prophètes bibliques. Comme on le verra la réponse à ce genre de question est capitale pour la suite de nos propos !


    Il s’agit ici de poursuivre la voyance spontanée d’une précision exceptionnelle concernant l’implication du voyant également « spontané » Sonrel et de son ami Tardieu dans la guerre à venir de 70, totalement improbable au moment des faits :... « Oh ! Mon Dieu ! Ma pauvre femme est enceinte d’un enfant que je ne connaîtrai jamais... » Tardieu qui nous rapporte le fait dont il est le seul témoin note alors que son ami Sonrel se met à pleurer, puis il continue de plus belle : « Oh ! Mais tu es là ! Tu as soin d’eux! Oh ! Que tu es bon... » Le voyant malgré lui, L. Sonrel manifeste alors une grande douleur et prédit les désastres du fameux siège de Paris avec les dangers que son ami Tardieu allait alors encourir lui aussi.

    « Ah ! Tu crois rester à Paris et faire le concours de l’École de Médecine. Et bien oui, te voilà en province t’engageant en politique. Ah ! Mais tu n’oublies pas ma femme ni mes enfants ! … Ah ! Tu te maries, tu as des enfants. Ah ! Mon pauvre ami, que tu souffres ! Tu pleures près d’une femme aimée qui agonise… Courage, courage, tu triompheras de tes peines. Que je te plains mon pauvre ami ! »

    C’est pendant plus de deux heures que L. Sonrel décrivit par le menu dans son exact déroulement la vie de son ami le futur Dr Tardieu avec un luxe de détails précis, tous plus impressionnants les uns que les autres avant de s’écrier… : « Quel désastre pour la France !… Ah, mon Dieu !...Ma patrie est perdue. La France est morte !... » Et de se remettre soudain à pleurer avant de reprendre de plus bel: « Ah ! La voilà sauvée ! Elle va jusqu’au Rhin ! O France ! O ma patrie bien-aimée, te voilà triomphante, tu es la reine des nations...ton génie resplendit sur l’Univers...tout le monde t’admire... »

    Le Dr Tardieu résume ensuite ce qui effectivement arriva et que l’on peut lire en pages 72 et 73 de l’ouvrage du Dr Osty : La connaissance supranormale. Étude expérimentale, Ed. Exergue. On se trouve là devant une voyance stupéfiante et dans ses modalités exceptionnelles, sa longueur, sa spontanéité, le profil des sujets en cause, la précision des détails fournis, l’absence totale de vouloir connaître l’avenir de la part des deux amis et le caractère hautement improbable de ce qui est annoncé, « prophétisé ».

    Léon S. se voit nommé en novembre 1870 commandant du Génie auxiliaire sous les ordres du colonel Laussedat. Quinze jours après nous dit Amédée Tardieu il attrape la vérole noire et meurt en trois jours comme il l’avait prédit tandis que sa femme était elle-même enceinte de trois mois. Tardieu qui ne cessait de prévenir son entourage atterré de ce qui allait arriver dirigea la cérémonie de deuil tant en l’Église de Montrouge qu’au cimetière de Montparnasse ; en outre il se dépensa sans compter pour aider l’infortunée veuve de son jeune ami.

    Le siège de Paris s’achevant de la manière que l’on sait il rentra en Auvergne où il devint dès 1871 Conseiller général du Puy-de-Dôme et fit voter en 1873 comme son ami l’avait annoncé la création de l’Observatoire du Puy-de-Dôme. Il profita également de sa position pour demander puis obtenir du ministre Jules Simon une pension pour la veuve de son ami mort pendant le siège : 1200 francs. Il se maria en 1874 tandis que sa jeune épouse atteinte d’une tumeur au foie mettra six longues années avant de mourir en lui laissant deux fillettes, toutes choses également prédites.

    Enfin sachant d’avance qu’allait éclater bientôt la première guerre mondiale il informa le Pr Richet, Nobel de médecine, de la prémonition qu’il en avait et qu’il conservait précieusement depuis plus de 4 décennies. C’est par ce dernier que l’IMI prit connaissance de ce témoignage hors du commun que cite in extenso le Dr Osty, membre émérite de cette institution de qualité sur la recherche paranormale dans notre pays.

    Léon Sonrel était un homme plein de promesses parti trop tôt ; on lui doit la rédaction d’un manuel de géologie conforme au programme de 1866 et surtout un merveilleux ouvrage de vulgarisation : Le fond de la mer, écrit en collaboration avec Yan Dargent et Jules Ferat, l’illustrateur talentueux en étant Mesnel dont la première édition date de 1868, soit un peu moins d’une année avant la fameuse séance que nous venons de rapporter.

    Il va de soi que l’ontologie des modernes ou manière de comprendre le monde, d’accéder à la réalité, de s’en faire une représentation, étiquetée « naturaliste » par l’anthropologue P. Descola interdit pratiquement à ces derniers d’être en mesure d’admettre pareil témoignage pour une double raison : déni de toute valeur au témoignage humain, impossibilité d’admettre la plausibilité de la voyance.

    Ces deux raisons se fondent sur une généralisation indue de ce qui se passe dans nos sciences de la matière dont le succès légitime repose sur le rejet du témoignage au bénéfice de l’expérience contrôlable et reproductible ; si cela vaut dans un tel champ c’est inapproprié au domaine de l’humain du fait que tout n’y est pas reproductible à volonté comme dans nos sciences. Un fait historique par exemple, s’il demeure en principe vérifiable au plan de son authenticité, n’est pas réitérable puisqu’il arrive une fois pour toute ; on ne peut donc prouver sa réalité comme on le fait pour le reste du cosmos !

    En outre on disposera souvent de plusieurs versions en provenance de témoins différents : souvenons-nous de cet accident de car scolaire dont la conductrice avait franchi une barrière abaissée de passage à niveau ; les 3/4 des témoins oculaires affirmaient que la barrière n’avait pas fonctionné et qu’elle autorisait donc la conductrice à traverser ; les rares témoins affirmant le contraire furent un temps réduits au silence jusqu’à ce qu’une longue enquête technique autant que sociale et médicale révèle que la conductrice prenait des anti dépresseurs à effets vigilo-moteurs et qu’elle était bien passée, barrière baissée !

    Les modernes aiment ce genre de situations pour oser affirmer que le témoignage humain ne vaut rien ; c’est oublier un peu vite qu’on peut néanmoins parvenir à des certitudes au prix d’enquêtes sérieuses et que la polémique ne concernait en rien la réalité du drame lui-même sur laquelle tout le monde s’accordait, à savoir que le car avait été heurté de plein fouet par une locomotive puis coupé en deux ! Pour un moderne tout est bon pour justifier son ontologie ! Il n’hésitera pas à prétendre : «  Voyez à quel point il convient de se méfier comme de la peste des témoins oculaires ! »

    C’est l’évidence même dans toutes nos sciences dures sans exception ; mais c’est une aberration que d’affirmer une telle chose en matière humaine ; l’humain ne se traite pas de la même façon ; les chemins de la vérité le concernant lui sont propres, heureusement !

    On voit par cet exemple que la vision de l’avenir est humaine ; sans qu’on en comprenne le mécanisme on se trouve devant un fait non point scientifique mais humain, simultanément objectif et subjectif, contrôlable mais non comme dans nos sciences ; ça implique d’admettre avec modestie et contre toute logique cartésienne que ce qui n’est pas encore s’inscrit néanmoins quelque part ; simultanément ça n’existe pas et ça existe pourtant comme l’avenir le révélera. Profonde énigme que cette relation de l’homme au temps/non temps, à l’avenir.

    Dans notre lettre d’avril nous poursuivrons notre réflexion sur le sujet pour tenter de saisir la différence entre ce type de voyance naturelle et spontanée, non délibérée, involontaire et celle des grands prophètes bibliques : qu’est-ce qui les distingue puisque ces derniers peuvent aussi prédire un drame à venir, une guerre, une catastrophe ?

    La réponse à de telles questions est de la plus haute importance comme nous le verrons bientôt !

Elie Sorlin        


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