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    button7.gif   Lettre 35 : Toujours à propos de l’Effet Parenté… Le cas d’Adèle G. (1)


    Adèle G., 45 ans, est l’aînée de Gina qui vient de perdre son mari. Gina a deux fils, le premier accomplissant son service militaire dans l’Algérie d’alors, en guerre , et l’autre s’apprêtant à l’y rejoindre.

    Les deux femmes  ne connurent pratiquement pas leur père, tué dès le début des hostilités, lors du premier conflit mondial de 14 -18, laissant ainsi une veuve qui le demeura toute sa vie, avec deux orphelines.

    Peu de temps après le décès de son beau-frère, Adèle qui, jusqu’alors, habitait seule dans un petit appartement parisien, tout en fréquentant dans la plus grande discrétion un homme marié, prend soudain la décision de vivre avec lui, tandis qu’il entame de son côté, une procédure de divorce.

    La chute d’Adèle

    C’est donc neuf mois après avoir enterré son beau-frère qu’elle emménage dans un nouvel appartement à Bobigny, y fait une chute malencontreuse en y nettoyant sa cuisine. A partir de là plus rien n’ira comme avant ! Elle qui était pourtant une femme courageuse et dure au travail, jamais malade, va devoir s’aliter, commencer à souffrir de migraines et consulter sans résultat un nombre croissant de médecins qui vont la mettre en arrêt maladie. Elle va finalement rencontrer une équipe hospitalière pluridisciplinaire composée essentiellement de psychosomaticiens qui recueilleront soigneusement, magnétoscope aidant, son entretien d’accueil, sa confession, pour la publier d’ailleurs avec six autres observations (2). S’ils ne parviennent  pas à la soulager, du moins leur travail va nous servir : nous allons en faire une relecture…ménétique !

    Comme il est d’usage en pareil cas l’investigateur questionne longuement la patiente sur les troubles dont elle se plaint, cherchant à les mettre en relation avec sa personnalité, son enfance…Parmi les questions qu’il se pose il en est qui reviennent avec insistance : comment se fait-il que cette femme coopérative, dotée de toutes les qualités qui habituellement permettent de se marier plus tôt, ayant autrefois éconduit maints prétendants, demeurée si longtemps célibataire, soit entrée si soudainement, si tardivement, si furtivement en concubinage avec un divorcé qu’elle présente d’ailleurs comme son mari à sa mère comme à sa sœur Gina lorsqu’elle leur rend visite en juillet de cette année-là ? L’entretien s’achève sans qu’aucune réponse ne vienne à l’esprit du questionneur.

    Inventaire des « effets parenté »

    Nous autres …ménéticiens commençons par repérer les « effets parenté » dans ce cas exemplaire : en accédant à la cohabitation, en entrant en concubinage dans son nouvel appartement de Bobigny, Adèle G. nous en propose un premier, superbe : tandis que disparaît le mari de Gina apparaît au grand jour l’ homme d’Adèle dont elle éprouve le soudain besoin d’officialiser la venue en le présentant aux deux veuves comme son mari avec qui elle vivrait depuis un certain temps déjà. Le changement de domicile, l’acquisition de ce nouvel appartement : premier effet parenté de la disparition du beau-frère. Nous remarquerons qu’il est de nature constructive, s’inscrivant dans une logique de réorganisation positive qui va dans le sens de la vie, du projet, du bonheur, de l’amour !

    Mais lorsqu’elle chute dans sa nouvelle cuisine nous voici en présence d’un second effet parenté d’une tout autre sorte : tandis que le premier effet était constructif  le second ne l’est pas puisqu’il va initialiser une série de problèmes conduisant Adèle à une invalidation progressive ; il est à mettre au compte  du nouveau statut matrimonial de la jeune femme, à l’actif du concubinage, de la soudaine cohabitation qu’il ponctue ou sanctionne d’une manière un peu brutale il est vrai !

    La mère meurt d’infarctus en août : nouvel effet parenté imputable au nouveau statut matrimonial d’Adèle, sa fille aînée. D’un point de vue ménétique considérons-le comme un effet d’alliance à la suite de maintes observations analogues dont témoignent nos lettres précédentes. Ainsi le décès brutale de la mère doit-on le comprendre comme une réaction parentale catastrophique au changement qui s’opère chez sa fille aînée, la chute dans la cuisine étant à voir comme la réaction chez cette fille au même changement, l’une réagissant au plan organique ou cardiaque, l’autre au plan de la vigilo-motricité par l’accident. Ces deux manières de réagir à l’événement nous sont devenues beaucoup plus familières depuis nos observations successives d’Amélie, des fiançailles de Claudine,la fille aînée des Yelnick, d’Eric et de bien d’autres encore exposées dans nos lettres précédentes.

    Il ne s’agit pas ici d’établir une liaison fantaisiste produite par une imagination débordante entre le mariage, l’alliance, les diverses formes d’unions matrimoniales et toutes sortes de catastrophes ! Pour mémoire rappelons que nous avons vu des pères foudroyés d’infarctus en rédigeant pour le compte de leur fils qu’ils aidaient le faire-part de mariage ou des remerciements pour les cadeaux offerts, après la fête ; des jeunes mariés ou l’un des frères perdre un œil en débouchant joyeusement une bouteille de champagne pendant le repas de noce, des jeunes gens de la famille se tuer sur la route en revenant de la célébration, des mères développer d’innombrables affections à compter de la date où se mariaient l’un de leurs enfants. Le père de la première épouse du fils de Johnny Halliday développa un cancer du foie lorsqu’ils se fiançèrent pour en mourir lorsqu’ils se marièrent : autant de réactions plus ou moins fortes aux alliances qui s’ébauchent et se contractent dans nos sociétés libérales. Comme si le groupe familial en se dilatant (s’adjoindre un nouveau membre), en se comprimant (perdre l’un de ses membres qui s’en va), en se déformant, en se transformant libérait une énergie plus ou moins considérable et capable de se convertir en travail destructeur ou constructif, en réorganisation ou en désorganisation. Cette imagerie empruntée à la physique permet de comprendre intuitivement la variété des réactions individuelles aux changements qui s’opèrent au niveau du rattachement reliant organiquement les membres apparentés les uns aux autres et la multiplicité des cibles potentielles : pères, mères, frères, sœurs, grands parents, animaux familiers faisant partie de la famille de par l’investissement dont ils sont l’objet, entrant ainsi par la force des liens d’investissement dans des boucles de régulation auto-organisant  les liens d’investissement unissant les membres de la famille les uns aux autres.

    Pour mieux comprendre l’effet parenté dans la famille d’Adèle G. disons qu’elle fait entrer un homme dans le circuit tandis qu’il vient d’en perdre un dans la personne du beau-frère emporté l’automne précédent ! Ainsi devient-il plus facile de saisir intuitivement qu’elle « travaille » à son insu, automatiquement (et donc à la manière d’un automate…) à la survie, au rééquilibrage du groupe familial.

    Cette compensation, cette régulation, ce comportement homéostatique transparaît d’autant mieux que l’internaute ménéticien prend en considération le fait qu’Adèle réalise cette opération tandis que tous les hommes du groupe sont déjà partis ou en voie de le faire : le grand-père autrefois, le beau-frère, le fils aîné et le dernier qui va bientôt le suivre, lui emboîter le pas ! Autrement dit le désir tardif de paraître mariée comme de cohabiter enfin naît chez cette femme lorsque son cercle familial étroit traverse une conjoncture marquée par le départ quasi simultané des trois derniers hommes qui s’y trouvaient encore ! Emerveillés nous assistons ici comme aux premières loges aux conditions synchroniques, conjoncturelles, actuelles présidant à l’éclosion secrète d’un désir intime de cohabiter comme de paraître mariée aux yeux de la famille dans le cœur d’une femme moderne et quadragénaire confirmée ! Maints spécialistes cherchent midi à 14 heure ; les astrologues vont tenter de relier cette éclosion du désir aux divers mouvements des astres dans le ciel ; nous autres ménéticiens situons cette éclosion dans une simple boucle de régulation et la considérons comme une manifestation discrète de l’automate qui tient les ficelles de notre destinée amoureuse !

    D’un point de vue économique, boursier, la mort du beau-frère rapproche affectivement Gina la cadette endeuillée de sa mère, toutes deux habitant d’ailleurs la même ville : Mâcon et partageant le même statut de veuve. Elles s’investissent mutuellement d’avantage, se fréquentant d’avantage et s’entraidant comme elles ne pouvaient le faire auparavant.

    En vertu du principe de constance régissant les rapports d’investissement entre individus apparentés rattachés selon lequel ce qu’on donne d’un côté ne peut qu’être repris ailleurs, cette modification observable de la distribution du capital affectif au sein de la famille restreinte interagit automatiquement sur l’aînée, Adèle, la confrontant inexorablement à une soustraction proportionnelle d’investissement qui se reporte sur les deux femmes, la mère et Gina ; rendue dès lors plus disponible du fait qu’elle voit mère et benjamine se compenser mutuellement mais aussi en rupture d’équilibre du fait que cela se réalise d’une certaine façon contre son gré, à son détriment, une portion du capital qu’on lui allouait antérieurement s’étant reporté dans la dyade mère/benjamine, Adèle « entre en manque » : on la voit alors se mettre en route pour se compenser sur un tiers, se rendre disponible et l’inciter à investir lui aussi dans la relation en engageant enfin une procédure de divorce.

    Quand soudain meurt la mère en août, cette perte confronte immédiatement et automatiquement Gina la cadette à une solitude difficilement compensable puisqu’elle n’a plus ni mari, ni mère, ni fils (partis à la guerre), ni – d’une certaine façon – de sœur aînée disponible, fort occupée ailleurs. Et l’on assistera bientôt à la production mécanique d’une grande culpabilité chez Adèle associée à un accroissement significatif des troubles dont elle se plaint, toutes manifestations peu compréhensibles pour qui ne dispose pas d’un modèle explicatif convenable (l’équipe médicale ne parvient pas à comprendre ce qui se passe et d’où peut venir cette culpabilité soudaine, à leurs yeux inexplicable.

    Que le cas exemplaire d’Adèle G. nous incite à l’observation discrète de notre propre environnement familial ou amical afin d’y saisir – la main dans le sac – à l’œuvre l’effet parenté tandis que l’on s’y fiance ou marie dans l’exultation générale. Soyons attentif à ce qui se trame dans l’ombre de nos chaumières. Projetons un peu de lumière sur les agissements secrets de l’automate. Faisons-le rentrer dans le langage en désignant ses opérations, en mettant des mots dessus. Participons ainsi à sa socialisation croissante, devenant dès lors nous-mêmes plus humains, moins immergés dans des boucles de régulation sauvages, moins automatisés, moins inconscients béats, plus circonspects. Rêvons enfin ensemble l’utopie d’une Adèle qui ne chute point dans sa cuisine  où elle emménage avec son ami et de mères qui ne décompensent point quand leurs enfants les quittent pour amour !

    Tandis qu’en lettre 35 nous n’avons pu nous pencher sur les paramètres temporels du moment d’éclosion du désir de cohabiter chez Adèle puisque nous ne disposions d’aucun éléments de sa généalogie, nous n’avons pu en préciser le moment intensément signifiant en le mettant en relation avec le passé chrono-généalogique, c’est ce que nous pourrons réaliser en lettre 36 à propos du décès du père de S. Freud grâce à la généalogie publiée. La présente lettre permet à l’internaute de clairement différencier l’approche synchronique, conjoncturelle autant que spatiale d’un moment clé, de l’approche diachronique, purement temporelle : la première concerne des relations affectives, des distances entres membres apparentés, des circulations de matière, d’énergie et d’information en faisant l’économie d’un quelconque rapport à la généalogie comme en témoigne le présent texte qui ne fait référence à aucune date précise.


    En lettre 36 il ne sera question que de chronologie, de « pure » temporalité puisque nous ne connaissons pratiquement rien de ce qui se passa chez les Freud quand mourut son père, ou si peu de choses : la lettre 35 traite des coïncidences …alpha ; la 36 traitera des coïncidences…bêta chacune témoignant à sa façon de la pertinence à différencier sans ambiguïtés ces catégories de correspondances, de coïncidences ou de synchronicités habituellement confondues !

       Le ménéticien (alias Elie Sorlin)  


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