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    button7.gif   Lettre 37 : E.T. ou la régulation par l’azote !


    Qui ne connaît et qui n’a vu le film d’E.T. le petit extra- terrestre qui illumina nos écrans de Noël 1982 ? Nous allons vous en proposer une « relecture » ménétique !

     Le cinéaste S.SPIELBERG y met en scène, comme on sait, une famille dans laquelle manque un membre clé : le père, parti au loin, au Mexique.

    C’est alors qu’on assiste, médusés, à l’irruption, fortuite en apparence, d’E.T. l’extra-terrestre perdu, le vaisseau spatial dont il faisait partie l’ayant manifestement oublié.

    Cet être parfaitement étranger à la famille qui bientôt va l’accueillir, laid de surcroît,  initialement incompréhensible puisqu’il ne parle aucune de nos langues, tombe sur le jeune Eliott sorti en trombe pour rattraper une balle perdue au fond du jardin dans la nuit.

    Débute alors une histoire d’amitié entre l’enfant et cet être étrange qui vient d’ailleurs, égaré chez nous autres êtres humains auxquels il va révéler – à son insu évidemment- un secret « caché depuis le commencement du monde »…

    Une fois les premiers contacts établis, la surprise réciproque étant surmontée,  E.T. commence par s’attacher les bonnes grâces de l’enfant qu’il suit, tel un petit chien familier, jusque dans la chambre qui va lui servir de retraite, de repaire, de cachette.

    Puis échanges et communication iront croissants en intensité comme en qualité non seulement avec celui-ci mais avec tous ses frères et sœurs et ce jusqu’à la fin du film ;  E.T. va faire la connaissance de ces derniers qui succomberont les uns après les autres à son charme magique, à sa gentillesse, à son intelligence intuitive, à sa puissance aussi.

    La mère se rendra bientôt compte que quelque chose de mystérieux se passe chez elle : elle sent aussi que ses enfants lui « échappent » (un ménéticien dirait  qu’elle sent qu’ils investissent ailleurs que dans la famille : bref elle sent une hémorragie de capital affectif !). C’est  aisément compréhensible du fait qu’une part notoire de leurs journées se consacrent désormais à l’intrus auquel ils ne cessent de penser, dont ils ne font que parler entre eux, à qui ils apprennent leur langue, qu’ils nourrissent et qu’ils s’emploient collectivement à cacher.

    De ce fait la mère perd en partie ses enfants dans la conjoncture : ils lui consacrent moins de temps, lui sont moins disponibles d’autant plus qu’il leur faut s’arracher un peu à elle pour s’adonner aux échanges avec le nouveau venu dans la famille. C’est ce qui se passe d’ailleurs quand un enfant vous quitte pour aller aimer quelqu’un d’autre que vous : un étranger à la famille. C’est tout cela qu’elle ressent confusément à la fois et de toutes ses fibres maternelles !

    Attendons-nous donc à une remise des pendules à l’heure, à une intervention correctrice, à une tentative de retour à l’ordre, à un effort pour reconquérir le capital affectif en train de s’exporter, pour enrayer la fuite de capitaux et leur  placement sur  des sites étrangers à la famille, à une opération automatique, inconsciente et puissante de régulation sauvage visant à remédier au désordre, à la perturbation.

    La mère va requérir l’intervention de la force publique comme du savoir institué (les savants), tous garants de l’auto-organisation intrafamiliale. Ceux-ci vont arriver, dénicher le fauteur de troubles, s’en emparer brutalement et le plonger dans l’azote liquide, excellente métaphore d’un refroidissement bienvenu devant les risques de surchauffe du système.

    L’opération réussit puisque le film s’achève sur le départ de l’extra-terrestre s’en retournant sur sa planète comme il en était venu.

    Ce qui nous importe avant tout dans cette histoire merveilleuse et moderne c’est de relever le rôle éminemment compensateur d’E.T. apparaissant précisément quand le père vient de disparaître ; un homme part au loin, un « martien » vient en quelque sorte le remplacer  auprès des enfants, colmater la perte, la fuite, l’hémorragie affective.

    Certains nous diront qu’il y a décalage entre le départ de l’un et l’irruption soudaine de l’autre ; ce à quoi nous répondrons qu’il en est habituellement ainsi dans tout effet parenté ou de capital ; il s’écoule du temps entre l’action et la réaction, l’instauration du désordre et l’opération tendant à y remédier ; le décalage est à interpréter en terme de temps utile ou nécessaire pour enclencher l’effet, le préparer, le produire, ce qui permet à la plupart des acteurs impliqués de ne pas percevoir de connexion, de relation entre l’effet et sa cause. De cette manière l’auto-organisation se réalise à l’insu des protagonistes instrumentalisés autant que profondément inconscients de ce à quoi ils contribuent, de ce pourquoi ils fonctionnent : c’est cérébralement économique, on en conviendra !

    Lorsqu’un moderne invente une histoire de toute pièce il ne saurait s’échapper du cadre humain dans lequel il évolue tel un poisson dans l’eau. Le jeune Eliott qu’on voit pensif et presque triste en début de film cherche à se distraire dans un jeu de balle. La créature qu’il rencontre sur le green ne va guère lui laisser le temps  de s’apitoyer sur son sort. Elle le distrait d’emblée en l’ouvrant à une réalité différente qu’il peut toutefois intégrer dans son univers enfantin puisqu’il va la cacher au milieu de ses pluches. Il est intéressant de relever que si les enfants y gagnent, la mère y perd , les enfants la délaissant au bénéfice du nouveau venu avec qui ils partagent dans  la clandestinité des secrets dont elle est exclue, des plaisirs et des aventures qu’elle ne saurait leur fournir telle la promenade à vélo dans les airs. Remarquons encore la souveraine liberté de tous les acteurs de cette pièce inventée : à aucun moment on ne voit E.T. manipuler les enfants ni ces derniers imposer leur loi au petit étranger qu’ils accueillent librement. La fantaisie dont tout le monde fait preuve sait parfaitement bien composer avec l’auto-organisation ; nous ne sommes pas devant une « robotique » familiale ; et pourtant il y a bel et bien régulation, automatisation, action et réaction, effet parenté, coïncidence alpha !

    Si l’on commet l’impertinence d’assimiler chaque étape de l’histoire à un processus de régulation thermique et qu’on dote l’ambiance familiale initiale d’une température dite « normale » de 37,5 quand tout le monde est  réuni et le père présent, il s’ensuit que lorsqu’il part la température descend de quelques degrés par diminution des échanges. On peut alors observer par l’arrivée d’E.T. une accélération des échanges et une remontée de la température à la constante d’équilibre Ko. Puis on en arrive assez rapidement à une surchauffe lorsque tous les enfants sont au parfum et qu’E.T. se transforme en animateur surdoué les emmenant par monts et par vaux dans des chevauchée fantastiques et qu’il leur met la tête dans les étoiles !

    Le nombre de gens au courant augmentant sans cesse et les évènements se précipitant on en arrive à une agitation telle, à une élévation de la température telle que ça déclenche automatiquement une intervention du type « refroidissement » par l’azote liquide, métaphore géniale de ce qui se passe en sous main : enfin la fièvre retombe !

    Notons pour terminer que la tentative de correction du désordre aurait tout aussi bien pu échouer, ce qui aurait accru les chances de ne pas percevoir sa fonction cachée pour tout autre observateur qu’un ménéticien chevronné comme vous l’êtes désormais, chers internautes familiers du site depuis près de deux ans. Relevons enfin – à nouveau – que tout cela concerne les relations affectives rattachant les membres les uns aux autres et donc l’espace, les distances, les échanges entre les êtres, entre membres apparentés.

    En lettre prochaine nul doute que nous ne parvenions à dénicher quelques nouveaux indices de cet ordre caché du temps de vie et de mort présidant à la coproduction de nos généalogies sachant allier savamment ordre et désordre, hasard et nécessité. Alors nous ne serons plus dans l’espace mais évoluerons dans le temps, dans une sorte de spatio- temporalité concernée par un autre type de coïncidences : les coïncidences bêta.

       Le ménéticien (alias Elie Sorlin)  


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