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    button7.gif   Lettre 41 : Un crime « culinairement » régulier !…


    Je ne puis manquer, chers internautes familiers, en ce doux printemps 2005 marqué dans notre pays par l’âpre débat entre les partisans du Oui ou du Non de citer in extenso la lettre d’une de nos lectrices anonymes, une certaine « Léa II » qui ne manque pas de sel, de poivre ni même de piment :

    Cher Elie Sorlin

      Cela fait deux mois que vous nous annoncez presque solennellement l’analyse prochaine du crime « ménétiquement régulier » des sœurs Papin. Votre savante étude tardant à venir sous le prétexte que vous ne disposeriez toujours pas d’une généalogie à la hauteur de vos espoirs mais m’ayant néanmoins mis l’eau à la bouche, j’ai pris mon courage à deux mains pour me replonger dans quelques annales de l’époque et divers commentaires à ma portée. Bref j’ai souhaité en quelque sorte vous devancer et même si possible vous coiffer au poteau.

      Hélas, pas l’ombre de l’une ou l’autre de vos fameuses relations entre crimes, temporalité chronologique ou la moindre circulation de capital affectif  dans l’environnement des deux sœurs assassines ! N’ayant pas l’habitude de me tenir pour battue et de surcroît fin cordon bleu au dire de l’entourage qui m’aime et m’apprécie, je n’ai pas manqué d’être frappée par le fait que les deux servantes concernées, Christine et Léa sa sœur, tuèrent leurs maîtresses, Madame Lancelin et sa fille presqu’à l’heure où l’on prépare le repas du soir (c’était la Chandeleur) : 17h30 environ.

      En outre elles firent les choses à la manière dont on apprête les lapins dont on veut régaler ses convives, lapins qu’on assomme d’abord, puis qu’on saigne, dont on enlève les yeux, puis sur lesquels on pratique des ciselures avant de les rôtir ou mettre à mijoter.

      Tout cela pour conclure qu’à défaut de « régularité ménétique » personnellement introuvable, le double meurtre des deux sœurs semble bien obéir à une « régularité culinaire ». Les deux victimes ont été tuées et préparées dans les règles de l’art de notre bonne cuisine. D’une certaine façon leur crime obéit à un code de bonne conduite…. cuisinière.

      Avec tous mes encouragements d’internaute impertinente qui cherche, à sa manière, à dépasser le maître et souhaite la poursuite de ce site de psychogénéalogie …alternative.

      Léa II                    

    Réponse d’Elie Sorlin

    Ma chère Léa II merci très vivement pour votre courrier qui m’interpelle au plus profond de ma sensibilité de gourmet attentif aux plats qu’on lui propose. Le vôtre est succulent. Vous êtes sans trop le savoir dans le droit fil de certaines analyses publiées (La solution du passage à l’acte) qui avaient déjà mis le doigt sur cet aspect « conventionnel » d’un crime barbare qui défraya les chroniques de l’époque. Sans votre courrier j’aurais tout simplement laissé tomber mon analyse sauvage faute de données généalogiques fiables et suffisantes sur le foyer d’origine des deux criminelles et/ou ceux de chacun de leurs deux parents, Gustave et Clémence. Permettez-moi donc, chère léa II, d’y aller, moi-aussi… de mon petit grain de sel.

    Qu’ajouter sur  ce effroyable fait divers après Jean Genet (Les Bonnes), Sartre (Le Mur), Simone de Beauvoir (La Force de l’âge), Paulette Houdier (Le diable dans la peau), Jean Pierre Denis (Les blessures assassines), Gérard Gourmel ( L’ombre double), Darblade- Mamouni Sophie (L’affaire Papin), Léa II et bien d’autres encore sans parler des films qui lui furent dédiés, l’un des derniers en date  étant signé de Claude Ventura et de Pascale Thirode (En quête des sœurs Papin) . On a dès lors l’impression que tout est déjà dit et que l’on vient trop tard ! Pourtant  le ménéticien ne saurait laisser échapper quelques furtifs indices « d’ordre » complétant le précédent « ordre culinaire »…

    Mort «  ménétiquement  régulière » de Christine

    C’est le 18 mai 1937 que décède en prison Christine. Elle a 32 ans : c’est l’âge qu’avait sa mère Clémence quand elle devint mère pour la dernière fois de sa dernière sœur Léa dont elle fût si proche que certains considèrent à juste titre qu’elle formait avec elle un couple homosexuel passionnel. Cette coïncidence suffit au ménéticien pour inscrire sa mort dans une « phrase ménétique » ou structure temporelle de correspondances désormais classique qu’on peut représenter de diverses manières, en tableau chronogénéalogique, par algorithme etc…

      Diagramme chronogénéalogique de la mort de Christine

      Structure de corespondances temporelles au décès de Christine. Phase ménétique de sa mort.

    Dans ce diagramme on voit clairement que Christine décède tandis qu’elle atteint 32 ans ; simultanément sa sœur Léa atteint quant à elle l’âge de 26 ans. Le premier âge est un âge actif de décès porté par la disparue ; le second, de 26 ans, est un âge de deuil porté par la survivante. Ces deux âges ou mènes simultanément atteints le jour du décès ont un sens, analogues qu’ils sont aux mots du langage ordinaire puisque tous deux ils renvoient à deux âges successivement atteints par leur mère Clémence lorsqu’elle les mit successivement au monde autrefois, 26 ans et 32 ans, ce qui autorise l’écriture algorithmique suivante :

                                                                  Léa             

                      d                  =                  a               

                 Christine                            mère          

                   32 ans           =                32 ans        

    ou                                                   

                                                              cz               

                     d                   =                 a                 

                      b                                      2                

                 32 ans                                 32 ans       

      Ecriture littérale du temps

    qui signifie que la durée de vie « d » de Christine, fille de rang de naissance B, équivaut à l’âge (a) qu’avait sa mère (2 en numérotation Insee ou Monginot) lorsqu’elle mit au monde sa dernière enfant Léa, de rang de naissance CZ. On remarquera en passant que le « communo » ou « mène d’angle (coin haut droit du diagramme ou de la structure temporelle) » qui n’est autre que l’âge auquel la mère perd sa fille Christine équivaut à la somme de deux âges clés dans la vie de cette femme perverse dont l’inconscient fût l’un des commanditaires du double meurtre barbare commis par ses filles (perversion révélée par l’abandon de ses filles en bas âge, leur reprise en main par voie d’injustice (le juge lui confia les enfants après divorce !) pour les placer aussitôt …au Bon Pasteur, redoutable institution pseudo-éducative de l’époque, main mise quasi absolue sur leurs gains lorsqu’elles furent en âge de travailler, disqualification de tout ce qu’elles voulaient vraiment faire ou qu’elles appréciaient tel que le placement chez les Lancelin, jalousie féroce envers ces derniers qui prirent parti pour les filles contre leur mère, filles qui allèrent jusqu’à considérer leur future victime, Madame Lancelin mère comme leur propre mère, l’appelant parfois « maman » ! au grand dam de Clémence Dérée la vraie et redoutable mère. Les filles ne s’y trompèrent point d’ailleurs qui rompirent avec elle plusieurs années durant, jusqu’au jour du drame témoignant ainsi de l’extrême violence du Rattachement.

    Clémence, la mère, révèle presque caricaturalement la pertinence de nos deux concepts de « double ménétique »(1) et de « violence ménétique »(2) ; dans ses lettres elle manifeste un tendre amour pour ses filles, une sollicitude maternelle compréhensible et d’allure normale tandis que ces dernières ont coupé les ponts sans qu’elle sache ni ne comprenne pourquoi ; mais au fond elle en veut « à mort «  à leur patronne qui les a détachées d’elle et soutenues dans leur revendication à garder pour elles l’argent qu’elles gagnaient en tant que domestiques. Christine et Léa exécuteront alors le souhait caché de leur mère comme dans une sorte de film à la Hitchcock. De ce point de vue le double meurtre des sœurs Papin révèle la violence qu’il y a à vouloir quitter sa famille, à vouloir s’inscrire dans une autre famille, à « s’exogamiser » en quelque sorte, à vouloir changer de parents, voire de mère, à prendre « belle-mère ». C’est dans un tel fait divers d’exception que transparaît la brutalité des forces en jeu ou « violence ménétique » quand risque de se modifier la « forme de la famille ». Le double s’exprime dans la commande de meurtre (mais ce pourrait être  de nos jours dans un accident routier, un suicide, une décompensation somatique, un avatar social significatif et pourquoi pas ’’d’un enlèvement par soucoupe volante’’, ‘’d’une apparition’’,…) échappant bien sûr à toute conscience sociale pour mieux opérer (couplage de l’ombre et de l’automaticité).

    Nous achèverons ces quelques réflexions désordonnées suscitées par la lettre de Léa II en suggérant aux internautes intéressés d’aller voir du côté des diverses nativités, celles d’Emilia, l’aînée, de Christine ou de Léa la dernière. Ils ne manqueront pas d’observer l’effet dans toute sa splendeur : à peine née le 8 mars 1905 Christine se voit confiée à la tante paternelle Isabelle, le 6 avril 1905. En 1911 tandis que va ou vient de naître Léa la dernière, on apprend que Gustave, le père, aurait violé  Emilia son aînée : ces deux violences de nature différente sont autant d’effets témoignant de la variété des formes qu’il peut prendre.

    Et qu’on nous pardonne de n’être point parvenu à inscrire le double assassinat  de février 1933 dans une logique temporelle crédible faute, pensons-nous, de ne pouvoir disposer d’une documentation chrono-généalogique fiable sur un minimum de trois foyers : celui d’origine des deux sœurs, de leur père Gustave, de leur mère Clémence ; chacun de ces foyers ou cercles nucléaires devant nécessairement comporter les dates de naissance comme de décès de chaque  couple parental et de tous leurs enfants, les dates d’adoption ou d’abandon éventuels. C’est le minimum exigé pour entreprendre un examen virtuellement fructueux susceptible de ramener nos fameuses coïncidences témoignant d’un « ordre caché de vie et de mort données et/ou reçues ».

       Le ménéticien (alias Elie Sorlin)    


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