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    button7.gif   Lettre 43 : De la puissance miraculeuse de « l’effet parenté «  …


      A cette lettre nous aurions tout autant pu donner le titre suivant : « Un jeune homme psychotique et sa mère » puisqu’il s’agit en effet d’un garçon hospitalisé depuis une dizaine d’années environ pour « folie » dans un pavillon fermé d’hôpital psychiatrique et dans les années 8O. Presque tout le monde sait qu’aujourd’hui cela ne se fait plus ; je veux dire que l’on a ouvert les murs des asiles, libérés les «  fous  » désormais  et le plus souvent  abandonnés sans soins dans nos villes (1). Donc jeune homme replié sur lui, et quasi mutique. Voici qu’un beau jour de juin 1978 le personnel infirmier qui s’occupe de lui avec le plus grand dévouement et ce depuis des années le voit en quelque sorte ressusciter : il demande soudain à sortir en sollicitant une permission. Avec une prudence de sioux l’équipe médicale et paramédicale de l’époque accède à sa demande, à l’essai.

      Tout se passant bien on décide qu’il ira chez lui, dans sa famille, un long mois d’été ; simultanément on programme une ou deux visites de « secteur » pour vérifier que tout se déroule comme on le souhaite !

      C’est alors que les infirmiers psychiatriques  le surprennent avec étonnement peignant soigneusement les volets de la maison familiale où sa mère âgée coule une retraite paisible ; ils apprennent qu’il y fait les courses ; ce patient connu comme particulièrement « apragmatique » les reçoit même avec déférence, leur offrant à boire ; bref un autre homme ! Tandis que cela faisait bien dix ans qu’on le voyait s’étioler dans le pavillon fermé ! Bien étrange resurrection, soudaine, à première vue inexplicable !

      Rien ne justifiait en effet un tel changement chez ce patient chronique : les conditions d’hospitalisation étaient stables ; on n’avait rien changé aux prescriptions de neuroleptiques qu’on lui administrait depuis belle lurette ! Il ne bénéficiait enfin d’aucun traitement psychothérapique individuel ou collectif qu’il aurait d’ailleurs refusé.

    Les questions du ménéticien

      On peut les formuler ainsi : primo y-a-t-il quelque chose dans la généalogie justifiant un tel changement. La réponse dans son cas est la suivante : on ne sait pas, aucune recherche n’ayant été  menée de ce côté ; on ne peut donc rien dire sur le plan du temps « pur », de la chronologie, de la période d’apparition d’une telle métamorphose, de son moment d’éclosion : serait-il « ménétiquement régulier » ? Pourrait-on aussi l’arrimer à un changement similaire observé chez un ancêtre ? A une « figure d’identification », auquel cas on dirait alors que ce jeune homme copie ainsi un prédécesseur. Hélas aucune information transgénérationnelle.

      Secondo observe-t-on quelques changements dans l’environnement familial et dans la conjoncture susceptibles d’être reliés à une telle modification de comportement.? Le ménéticien soupçonne qu’il a pu se passer « des choses » dans la famille  et dans les mois précédents le changement observable. Il va donc questionner la famille, orientant son investigation sur les « entrées », les « sorties », les alliances, les naissances, les décès éventuellement survenus dans l’année écoulée. Et nous découvrons immédiatement que les trois frères cadets de notre patient aîné SE SONT MARIES dans l’année, confrontant l’entité familiale à une « hémorragie » de « capital affectif » conséquente ; en effet s’ils n’investissent pas leurs épouses, elles les quitteront ! Et le quantum investi ne saurait venir de nul part ; il est prélevé sur l’existant, sur le placement dans la …mère, veuve.

      Le ménéticien se dit alors qu’il n’est pas possible que la mère soit demeurée de marbre devant une telle hémorragie de capital ; elle a dû réagir, d’une manière ou d’une autre, somatiquement, psychosomatiquement, mentalement, comportementalement et/ou sur le mode accidentel, en se cassant un fémur par exemple ! Après enquête on apprend alors que la mère, l’été précédent, a fait un infarctus et qu’on dût la faire hospitaliser en cardio.On tient désormais l’élément moteur du changement observé chez notre patient : il court au chevet de sa mère en manque de ses trois autres fils occupés ailleurs ,et transitoirement plus disponible (en attendant que des petits enfants à venir n’en viennent à la réoccuper).

      Et voici maintenant comment on pourrait plus ou moins humoristiquement résumer les faits :

        • Etat initial : fratrie partagée entre un aîné fou et enfermé puis 3 frères non fous ; mère veuve
        • Etat suivant : le trio des puînés se marient simultanément confrontant la mère à un changement significatif, à une fuite de capital affectif conjoncturelle.
        • Etat suivant : la mère développe un effet parenté sur mode somatique : infarctus
        • Etat suivant : l’aîné enfermé comprend le signal : moment favorable pour s’offrir une échapée belle auprès de la mère et se compenser un peu en la compensant : elle est transitoirement disponible comme elle ne l’a jamais encore été !
        • Etat suivant : le patient comprend intuitivement qu’il convient de ne pas abuser de la situation ; s’emparer de la mère risquerait de lever des jalousies fratricides : il signale à l’équipe soignante qu’il convient de reprendre assez vite la vie d’avant ; mais cette dernière sans théorie adéquate et toute heureuse du miracle qu’elle croit définitif ne comprend pas le patient ; elle lui propose sorties sur sorties et diminue les posologies médicamenteuses.
        • Etat final : le patient est contraint d’en venir aux mains pour se faire comprendre : il est toujours malade ; il faut revenir à l’état symptomatique antérieur, à la « vie de château » dans le pavillon fermé. L’équipe met du temps à accepter le caractère transitoire de l’embellie ! Tout revient dans l’ordre tandis que la mère se prépare à devenir grand’mère. Comme aîné de famille notre patient a tout compris, chargé qu’il se trouve  du maintien de l’ordre…dans une période de l’histoire de la psychiatrie où c’était encore possible…Oh, quelles étaient belles les années 70-80 en France et dans nos hôpitaux psychiatriques richement dotés de grandes structures d’hébergement, de personnels spécialisés disparus dans le tsunami du diplôme infirmier unique (1) et de psychiatres en nombre pratiquant avec enthousiasme, en sachant mouiller leur chemise,  politique de secteur, thérapies de groupe audacieuses…Ces temps bénis ont disparu, laissant  place à un univers désolé où l’on entend jour et nuit pleurer une humanité en détresse.
            •                                                          

      (1) La féminisation outrancière de la profession infirmière psychiatrique passant d’un sex-ratio équilibré dans les années 75 à 80 pour cent d’effectifs féminin en 2005 (que peut une femme de 60 kg contre un dément furieux ou un jeune agité, un alcoolique en crise ou un coléreux de 80 kg ?), la disparition programmée de la profession d’infirmier psychiatrique avec anéantissement brutal de tous les instituts de formation de la filière par le « diplôme unique », la dissociation de l’hébergement  d’avec le soin (suppression des deux-tiers des lits en 15 ans !), la volonté de ne soigner que si le patient le veut tandis que l’essence même des grandes maladies mentales est justement de ne pas se reconnaître malade mais de considérer que ce sont les autres qui le sont !…, l’impunité quasi totale dont jouit présentement ce type de pathologie lorsqu’il s’exprime contre la loi (dans la ville où nous habitons une femme ayant défenestré sa nièce de 7 ans qui l’importunait, enfant désormais handicapée à vie, passant en jugement, eût l’heureuse surprise d’entendre que le juge se déclarait en cette affaire…incompétent : elle est retournée tranquillement chez elle comme si  rien ne s’était passé), l’assimilation effective des maladies mentales aux maladies organiques, l’incompétence majeure des grands services d’état pour gérer sur le long terme le champ de la psychiatrie lourde font traverser à cette dernière l’une des plus graves crises de son histoire : c’est un champ tout simplement sinistré aboutissant à abandonner à eux-mêmes, sans soins, sans suivis, un grand nombre de malades mentaux, dans l’indifférence générale et sur fond d’épuisement des personnels affectés au traitement du problème (la médecine psychiatrique est elle-même actuellement en voie de disparition dans notre pays) : www.menetic-site.net lance un cri d’alarme, un S.O.S, sa petite bouteille à la mer…Le sauvetage est possible : par exemple : rééquilibrage autoritaire du sex-ratio : 50/50, abandon de la dissociation automatique du soin de l’hébergement, remise en place de la spécialisation, introduction dans la sélection de critères sportifs et/ou morphologiques du fait de la violence inhérente à maintes pathologies mentales, invention de prises en charge autoritaires mais respectueuses des personnes qui ne se reconnaissent pas malades, réinscription du malade mental dans le champ juridique selon des formes à inventer, triplement des effectifs de médecins psychiatres, sélection drastique des médecins-chef fondée sur leurs compétences et sur leurs qualités humaines et non point seulement sur leur capacité à réussir des concours ou sur leurs motivations carriéristes, instauration de commissions d’élus et de cabinets indépendants pour suivre en temps réels la mise en place de telles mesures salvatrices etc…autant de pistes du plus élémentaire bon sens citoyen, n’en déplaise à la pensée unique comme aux pratiques irresponsables ayant cours actuellement paraissant émaner d’ un système à la logique totalitaire !

       Le ménéticien (alias Elie Sorlin)    


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