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      Maud est une fillette de deux ans qui se fait profondément mordre à la main, un dimanche matin par un chien du nom de Brebiau. Il faut qu’on mette à l’enfant au moins trois agrafes et ça va lui laisser une belle cicatrice 

      L’une des questions que d’emblée se pose le ménéticien devant cette petite blessure personnelle et familiale peut se résumer en ces termes : à quoi peut bien servir la morsure ? Quelle en est la fonction cachée ? Joue-t-elle un rôle utile dans l’économie affective du moment au sein du groupe?Remarquez qu’un guérisseur africain, féticheur de surcroît, ne se poserait pas la question en termes tellement différents…Ce qui tend à montrer que ce genre de question n’est point aussi anodin qu’il y paraît au premier abord, qu’elle touche, mine de rien, à ce qui fait le ciment du groupe, le…RATTACHEMENT ! (1) et que se la poser ne nous propulse pas particulièrement du côté de la fin de l’Histoire puisqu’elle nous fait apparemment « régresser » vers l’ancestralité et flirter dangereusement avec certaines manières de voir propres aux peuples premiers, aux sociétés primitives, aux dernières tribus du globe d’ailleurs en voie de disparition

      En tentant de réinscrire le «  symptôme », la morsure, l’événement, la discontinuité, le fait divers survenant inopinément un dimanche matin au fin fond d’une de nos campagnes perdues dans une « boucle de régulation » régissant secrètement les relations affectives des membres apparentés, leur proxémie, les distances qui les séparent ou les relient mutuellement, réciproquement,  le ménéticien joue au « chaman » doté peut-être (en tout cas ce serait mieux pour lui) d’un don de double vue lui permettant d’entrevoir l’occulte du groupe, soigneusement caché à la prunelles des yeux pour que tout  y fonctionne sans discussions, sans débats, automatiquement, économiquement (2).

      Et maintenant voici que notre guérisseur ou chaman nouvelle mouture, je veux dire le ménéticien veut essayer de lui faire jouer un rôle à cette morsure ! Il ne saurait être question, à priori bien sûr, d’être mordu pour rien, « pour des prunes ». Elle doit servir à quelque chose, mais à quoi précisément ? S’il réussit, alors il aura ennobli le hasard, arraché l’ incident au désordre autant qu’à la pure inutilité ; contribuant ainsi modestement à mettre un brin d’ordre dans le fourbi du moment. Puis, en prime – petite cerise sur le gâteau - il aura commençé à lancer la première pile d’ un pont entre  sociétés sauvages et petites familles libérales, modernes ou même postmodernes en suggérant qu’elles ne sont pas si différentes qu’il y paraît au premier abord et qu’il est probablement possible de réinscrire une multitude de faits divers que nous consommons quotidiennement avec notre petit déjeuner et nos croissants matinaux dans ces fameuses « boucles de régulation » réglementant plus ou moins brutalement nos relations sociales les plus chères, les plus intimes, les plus protégées : nos relations familiales.

      Le ménéticien « chaman » au pied du mur… en action !

      La situation de départ avant la morsure est celle d’un père, d’une mère et de leurs deux enfants, un garçonnet d’environ six ans, Yannou, puis Maud autour de qui nous organisons l’auscultation groupale. Les deux parents ont approximativement 25 ans, sont , semble-t-il, plutôt amoureux. Leur couple apparaît différencié de ceux des beaux-parents qui vivent éloignés. On sait toutefois que la relation de la mère de Maud à sa belle-mère est « coûteuse » en ce sens qu’elle doit  constamment lutter pour maintenir une distance confortable. Elle sort éreintée de plusieurs mois de conflit ouvert avec cette dernière développant d’ailleurs des problèmes d’ordre psychiatriques. C’est depuis peu qu’elle vient de se raccommoder avec elle.

      C’est sur ces entrefaites que la famille décide de s’offrir un week-end à la campagne chez des amis ayant comme eux un chien : Brebiau. La mère de Maud révélera à l’enquête sur la morsure qu’elle n’était pas vraiment chaude pour aller à cette réunion dominicale pour la simple raison qu’elle allait y retrouver une personne qu’elle n’aimait point et que nous appellerons « Nathalie ».

      Par contre son mari se réjouissait car il éprouvait pour cette femme de quinze ans son aînée une sincère amitié et même un peu d’admiration, sans plus. La mère de Maud trouvait que cette Nathalie l’accaparait un peu trop. Quand le père de Maud disait qu’il la considérait comme sa sœur aînée, la mère de Maud répliquait : « je trouve qu’elle est un peu comme une mère vis-à-vis de toi ! » Et le mari de reconnaître que c’était sans doute un peu vrai, Nathalie ayant quelque chose en plus que sa mère n’avait pas et qu’il eût aimé qu’elle possédât, à savoir une forme de générosité particulière.

      La morsure

      C’est le matin.Tandis que Maud joue dans la cour de ferme portée par une autre enfant le chien des amis, Brebiau, se met à courir après l’autre chien ; passant tout près d’eux il mord soudain profondément la main pendante de Maud ; le père est alors fiévreusement occupé à préparer la journée avec Nathalie ; la mère de Maud se morfond à devoir participer sans plaisir personnel véritable à cette journée pourtant mémorable. Yannou joue seul.

      « Fonction dynamique du symptôme »

      Les parents se précipitent au chevet de l’enfant mordu, se mettant en quête d’un médecin difficile à trouver en ce dimanche matin campagnard : convenons qu’ici le « symptôme » est doté d’une « fonction dynamique » facile à trouver maintenant : arracher le père à Nathalie, en quelque sorte le remettre au pas et sortir la mère de son déplaisir passager en lui redonnant son mari comme son enfant dont ils vont le reste de la journée devoir s’occuper ensemble.

      On saisit aisément comment une simple morsure peut servir à parer au risque d’une hémorragie de capital en ramenant tout simplement le fauteur de troubles, le père en l’occurrence, à ses devoirs familiaux. C’est au fond une manière de décliner « la bourse ou la vie ! » Il risquait d’investir ailleurs que dans sa petite famille qui risquait de perdre un quantum de capital affectif. Maud, involontairement, inconsciemment, automatiquement et donc économiquement, efficacement s’est sacrifiée pour les besoins de la Cause. Sa morsure n’est pas perdue ; elle sert ; elle joue un rôle fort utile dans la conjoncture. C’est cela qu’en ménétique on appelle pompeusement « Fonction dynamique du symptôme » pour exprimer qu’il tend à ramener l’état de la cocotte minute ou du ressort, de la dyade, du couple ou de l’ensemble des couples à leur situation d’équilibre ou de déséquilibre INITIAL.

      Le don de double vue du ménéticien « chaman » c’est de percevoir presque naturellement cette fonction cachée de tout ce qui peut arriver d’allure fortuite dans la généalogie ou la famille. Qu’il soit enfin bien clair que cette réactivité occulte se transmet tel un trésor dans nos familles, nous transformant du même coup les uns les autres en autant d’opérateurs ou d’agents, d’instruments oeuvrant pour …la conservation du capital ou le ralentissement de sa dilapidation, de son exportation.

      En octobre nous reviendrons chers internautes, au « temps pur », à ce langage si particulier du temps généalogique, à sa grammaire de première génération, à sa syntaxe comme à sa sémantique. En lettres 44 et 45 nous évoluions dans une sorte d’ici et maintenant, de conjoncture, d’instantanéité événementielle pour ainsi dire a-chronologique : il n’est pour preuve que d’y constater l’absence de toute datation ; c’est arrivé un jour, un matin etc…Mais ce faisant l’événement scande le temps, contribue à son édification, à son enrichissement en « l’informant » : après lui plus rien n’est comme avant car c’est arrivé à un moment donné datable : alors la banque événementielle de la famille s’enrichit d’autant comme la vie de la petite Maud. La morsure contribue à l’un des sens du temps. Sans elle ce matin là eût été ordinaire. Alors pas de lettre 45 pour l’immortaliser….

         Le ménéticien (alias Elie Sorlin)    


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