sansnom2_htm_smartbutton2.gifsansnom2_htm_smartbutton3.gifsansnom2_htm_smartbutton5.gifsansnom2_htm_smartbutton6.gifsansnom2_htm_smartbutton7.gifsansnom2_htm_smartbutton8.gifsansnom2_htm_smartbutton9.gif


    button7.gif   Lettre 53 : Dans « ERAGON » l’Effet Parenté s’abat sur oncle Garrow !


    En avril nous avons vu comment le jeune romancier américain à succès Christopher Paolini déployait une grande énergie dans le premier tome de sa saga à inscrire son héros Eragon(1) dans une filiation prestigieuse, c’est-à-dire dans la généalogie des dragonniers. Dans nos livres sacrés chrétiens en est-il autrement lorsque nous voyons à quel point les évangélistes s’emploient à inscrire leur héros divin : Jeshua ben Joseph, issu pourtant d’une bien modeste bourgade galiléenne (2) dans la filiation héroïco-royale de David ? Il en va de la crédibilité même de la personne autour de laquelle s’organise l’action, sur laquelle se focalise le regard et dans ce dernier cas la foi du croyant. Ces remarques sont de quelque intérêt sur un site de psychogénéalogie, fût-elle … alternative ! Nous ne cherchons pas ici à saper les fondements de la foi mais à bien faire repérer par l’internaute familier de « menetic-site.net » l’un des grands invariants humains, mécanisme en quelque sorte universel  s’exprimant aussi bien dans la naissance d’une nouvelle religion, grandiose création collective que dans la création romanesque contemporaine.

    Dans cette lettre 53 montrons maintenant comment le romancier ne parvient  pas non plus à s’extraire de « l’autocuiseur familial », marmite en ébullition intermittente comme les volcans, à s’échapper de l’ « automate » familial quand bien même il tend à s’évader de la fade quotidienneté par une création imaginaire échevelée, sorte de chevauchée fantastique paraissant pourtant le libérer de toutes contraintes de réalité !

    Rappelons les faits : le jeune Eragon en fin de partie de chasse dans une montagne perdue trouve un galet d’une grande beauté qu’il ramène chez lui, chez l’ oncle Garrow  son père nourricier. Ils vont dans un premier temps chercher à le négocier comme on fait avec les pierres précieuses, en vain : « La pierre avait peut-être une immense valeur ; il s’en moquait désormais. Sa décision était prise : il allait l’emporter loin d’ici et l’enterrer. A cet instant la pierre … frémit. Dégringola par terre dans un craquement. Le garçon recula vers la porte, inquiet, tandis que la pierre roulait vers lui. Soudain une fissure apparut sur la surface. Puis une autre craquelure. Puis une brèche…. Après une série de couinements, une petite tête noire émergea du trou, suivie par un corps curieusement replié…Bientôt la créature s’extirpa totalement de sa prison, se figea un instant, puis voleta dans le halo lunaire. Eragon la regardait, les yeux exorbités, sous le choc. Devant lui, en train de se débarrasser de la membrane qui l’enveloppait, se tenait un dragon. Un bébé dragon ! » (p. 56)

    Convenez avec moi que nous nous trouvons bel et bien devant l’analogue d’une naissance dans une famille ou devant l’irruption, devant l’introduction d’un nouvel être dans la famille, dans le « système familial » au sein duquel évolue le jeune Eragon, naissance plus ou moins préparée par tout ce qui la précède : la découverte de la pierre, de la gemme-œuf dont l’évocation, soit dit en passant, coïncide avec les œufs de Pâques de la période que nous traversons….

    Comme nous l’avons vu maintes fois dans nos lettres précédentes l’introduction d’un nouvel être, d’un nouvel objet dans le « système » en perturbe, en bouleverse l’organisation interne, celle qui préside à la distribution du fameux « capital affectif » ou « quantum », quantité d’amour dont dispose à chaque moment donné du temps généalogique ou familial le groupe ou l’ensemble flou des membres apparentés reliés les uns aux autres par des liens affectifs, que ces derniers soient marqués par l’amour, la haine ou l’indifférence apparente !

    En effet cet être nouveau qui soudain apparaît à l’horizon, à la frontière puis à l’intérieur même de la « marmite » (c’est-à-dire du système ou du groupe familial organisé) réclame sa part d’attention, d’amour ou d’investissement sans quoi il ne saurait longtemps se maintenir en vie ! Comment cela se traduit-il concrètement ? D’abord par des préoccupations anxieuses occupant l’esprit et le cœur, les pensées de ceux qui vont l’investir, placer en lui, sur lui de l’amour, une part d’amour ; par de multiples mouvements aussi : par une place à lui donner quelque part, par des prestations alimentaires variées etc…etc…Pour Eragon la tâche se révèle des plus délicates : il veut d’abord cacher au reste de la famille et donc à l’oncle Garrow, le chef de clan, son trésor ; comme le dragon est petit il va falloir le nourrir et donc se mettre en quête d’aliments qui lui conviennent, les lui apporter, lui construire une sorte de nid, de hutte dans la forêt, bref s’en occuper comme on le fait pour un petit animal qu’on vient d’acquérir ou même pour un enfant qui vient de naître et dont on est pour ainsi dire l’unique parent à en avoir la charge. Sa vie va en être transformée du jour au lendemain.

    Qu’on comprenne bien que tout cela n’est pas gratuit ! Eragon doit prendre du temps sur ses activités antérieures et habituelles pour les consacrer à son protégé, de la viande séchée à prélever en cachette sur le stock de réserve etc…etc…En résumé Eragon va devoir donner de l’amour; ce qu’il va reporter sur sa petite dragonne ne saurait venir de nulle part ou d’un stock quantitativement illimité ; il va devoir en quelque sorte prélever cette part reportée sur sa protégée sur le stock d’amour dont il disposait antérieurement à l’arrivée de la nouvelle venue ; en d’autres termes il va amputer d’autant le stock d’amour dont il disposait préalablement. Tout comme dans les placements boursiers qui font qu’on ne peut investir sans prélever ici ce qu’on va mettre là, l’amour qui fait le lien entre les membres apparentés ou en voie d’apparentement, s’il constitue une manière de trésor, d’avoir ou de « capital affectif » dont dispose chacun à chaque moment du temps fluctue en fonction des placements qu’on réalise au fur et à mesure de nos investissements successifs.

    L’arrivée d’un nouvel être, d’un nouvel « objet » dans le système, l’organisation, la famille, le groupe coïncide toujours avec une perturbation plus ou moins grande, avec un remaniement qui se paye par des effets bénins, modérés, forts ou cataclysmiques selon les cas, effets que l’on observe dans l’exacte mesure où l’on dispose de la présente « théorie observationnelle »(3) chez les individus qui « perdent » dans l’opération ! Eragon ne perd rien puisqu’il prend ici ou là pour le placer sur sa nouvelle et précieuse acquisition ; il est en tout point comparable à un boursicoteur empruntant pour une OPA, pour une acquisition qui le rend transitoirement plus riche qu’il n’était antérieurement ! Dans ce cas qu’on ne s’attende pas à ce qu’il soit le plus fragilisé, affectivement parlant. Mais attendons-nous à observer très prochainement la survenue d’une catastrophe dans le système ! Ce sera pour le mois prochain chers amis internautes conviés à contempler comme aux premières loges et gratuitement (sans ticket d’entrée)… l’explosion du chaudron familial !…

                                                        Le ménéticien (alias Elie Sorlin)  


      Ce texte vous a interpellé, vous souhaitez de plus amples informations, laissez un message cliquer ici.     


[Découvrir] [Actualités] [Courrier] [Glossaire] [Bibliographie] [Liens] [Contact]

aniwhite02_back.gif   Page d'accueil

 www.menetic-site.net - contact@menetic-site.net

Début de page   aniwhite02_up.gif