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    On est en banlieue. Univers tagué. Barres pour horizon. Des insultes, des cris jaillissent d’une fenêtre située au second d’une tour qui fait bien 15 étages. Courons vite, sur le champ montons voir ce qui se passe. Au nom de la ménétique ne perdons surtout pas une minute, pas un brin de ce qui arrive chez la mère Thomas et braquons notre caméra invisible sur le trou de la serrure : deux de ses grands fils s’empoignent comme des chiffonniers et se battent pour une question de bagnole. Tout autour la smala des enfants et petits enfants assistent à la scène, médusés ou terrifiés de voir leur père ou oncle, d’ordinaire si calmes se taper dessus dans une ambiance de grand soir de boxe. La mère Thomas assiste involontaire, au pugilat, telle un arbitre de touche. Un uppercut assomme soudain l’un des deux frère qui vacille. La mère s’effondre elle aussi, ce qui a le don de stopper net le combat en mobilisant les deux  gaillards s’inclinant enfin au chevet de leur pauvre mère gisant inanimée.

    Qu’est-ce qui a bien pu se passer dans cette famille honorable et modeste qui soit capable de mobiliser une telle déflagration d’énergie ayant pu tout aussi bien dégénérer en violence mortelle : la chaleur ? nenni ; tout simplement l’Effet, le si redoutable Effet Parenté qui tantôt tue en recourant à la maladie,  tantôt à des comportements à risques comme c’est ici le cas, tantôt enfin à l’accident ou à l’attaque mentale, psychiatrique. L’Effet a frappé simultanément les deux frères en les désorganisant ponctuellement . Vulgairement dit  il leur a fait « pèter les plombs » ou « disjoncter ».

    Après enquête « ménétique » menée tambour battant voici l’arrière fond de la querelle virtuellement fratricide ! Les deux principaux protagonistes appelons-les – pour respecter leur identité véritable- Joe 1 et Joe 2.. Joe 1 marié divorcé, ayant pris maîtresse vient de voir cette dernière accoucher d’un enfant dont il est le père ; le bébé a trois mois. La jeune mère Amélie vient de chasser de chez elle Joe 1, père de l’enfant, son compagnon qui, à la rue, décide alors de revenir chez sa mère, veuve (notre mère Thomas de tout à l’heure), scène où se déroule le psychodrame familial.

    Joe 1 et Joe 2 ont une sœur : Anastasia sur le point d’accoucher de jumeaux. C’est la seule fille de la fratrie et ce sont ses futurs premiers enfants. Elle est actuellement en voyage dans la belle famille. Ainsi, comme vous pouvez vous en apercevoir, nous nous trouvons devant un phénomène de double nativité intensément perturbateur conviant le système familial à de puissants remaniements.

    Retour de Joe 1 dans le giron maternel

    La théorie dite du Capital Affectif permet de jeter un peu de lumière sur tout cela et d’abord sur ce qui arrive à Joe 1 : il se sépare de sa compagne actuelle qui le chasse de chez lui l’incitant naturellement à revenir cohabiter avec sa mère. Qu’est-ce qui peut bien le pousser à régresser ainsi comme à susciter la vindicte de sa compagne qui va jusqu’à l’expulser de chez elle ? Il y a assurément une composante caractérielle, une problématique de couple antérieure à la crise conjoncturelle mais qui ne sauraient totalement l’expliquer ; il y manque un détonateur, un déclencheur qui n’est autre que le fait que la mère Thomas se trouve tout occupée par ce qui arrive du côté de sa fille Anastasia. Cette dernière va bientôt la rendre grand-mère et l’inciter à redistribuer autrement le capital affectif dont elle dispose, capital fini comme les réserves pétrolières mondiales ou comme la totalité des actifs boursiers à un certain moment du temps t. Autrement dit la mère Thomas s’apprête à « puiser dans ses réserves », dans son bas de laine amoureux, à soustraire une certaine quantité de capital affectif des sites où elle le plaçait antérieurement, précieusement, pour le reporter sur les nouveaux venus auxquels va donner naissance sa fille unique et qui sont déjà là, en préparation, en attente !

    Ainsi Joe1 se trouve devant un risque de perte de capital du côté de sa propre mère qu’il ne saurait compenser du côté de sa maîtresse elle aussi en train d’investir comme il se doit son bébé et donc contrainte de soustraire d’ici pour donner là, de déshabiller Pierre pour habiller Paul. Joe 1 se retrouve ainsi confronté à une double perte de capital affectif. Sa compagne n’a plus que faire d’un homme qu’elle désinvestit en partie pour investir son enfant, d’un homme qui la désinvestit pour se consacrer corps et âme à tenter de retrouver des compensations (illusoires) du côté de sa propre mère bien occupée par ailleurs.

    Du côté de Joe 2 il est clair qu’il n’est pas heureux de voir son frère revenir auprès de sa mère ; cela mobilise chez lui une jalousie originaire, viscérale, archaïque et sauvage (la même qui fait haïr le frère ou la sœur qui a le malheur de s’occuper d’un parent vieillissant, invalide ou mourant !), jalousie attisée par le fait que lui aussi se trouve « en manque de mère » ailleurs occupée…

    L’affaire tente de se régler manu militari comme on vient de le voir ! La vieille histoire de Caïn et d’Abel est-elle si différente ? Nous vous convions, chers internautes, à relire attentivement nos lettres 6 et 7 de juillet et août 2002 qui vous proposèrent en leur temps une analyse originale de ce drame originel.

    Le règlement de compte entre les deux frères se présente bel et bien comme un magnifique effet parenté d’intensité 2, le niveau 3 ayant réclamé que l’un des deux s’en aille en prison, en asile ou même au cimetière. Il s’exprime sur le mode comportemental. Il en eût été autrement si Joe 1 s’était déprimé, s’il avait cassé sa voiture dans un banal accident de la route où s’il avait encore développé un cancer de circonstance : on eût dit alors qu’il aurait « psychiatrisé » ou bien « accidentalisé » ou bien encore « organicisé » en évitant soigneusement l’odieux terme de « somatisé » que personne ne prend au sérieux.. Les deux frères ont ici simplement « comportementalisé ». Tout devrait bien se passer désormais dans l’attente des heureuses naissances. Joe 1 semble plus calme jusqu’au …prochain « Effet » qui fondra sur lui tel la misère sur le pauvre monde.

                                                        Le ménéticien (alias Elie Sorlin)  


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