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    button7.gif   Lettre 58 : Théorie ménétique des temporalités sociales: suite


    Dans les sociétés ancestrales, traditionnelles, primitives ou sauvages, disions-nous, sociétés premières aussi à moindre investissement du temps chronologique, sociétés sans investissement des horloges ou des montres comme chez nous autres gens de modernité comme de progrès, sociétés sans états civils ou sans codage élaboré du temps comme sans généalogies intensément chronologisées telles que nous les connaissons depuis plusieurs siècles déjà, l’organisation socio-familiale y est principalement assurée par les règles d’organisation de la parenté dont l’étude a toujours fait les délices de l’anthropologie savante.

    La production du temps chronologique et son investissement de masse si l’on y regarde de près semblent bien être liés à un désinvestissement des règles sociales organisant la famille comme à la diminution corrélative des aptitudes individuelles et collectives censées les produire, les conserver ou les transmettre (tradition orale, folklore, mythologies diverses, intelligence figurative ou concrète etc…).

    La production du temps chronologique et son investissement de masse associé à la production d’innombrables moyens de le calculer pour qu’il contribue à l’aménagement de la vie sociale et familiale s’associe encore au développement de l’intelligence opératoire ou abstraite elle-même liée à une certaine atrophie de la pensée symbolique, par image ou par « participation », pensée dite parfois « prélogique ».

    Par suite de cette équivalence anthropologique fondamentale que nous établissons entre le temps compté, chronologisé et les règles traditionnelles ou ancestrales puisque l’un comme l’autre assurent, chacun à sa manière, l’organisation de la société comme des petites sociétés familiales qui la composent, leur heureux fonctionnement, leur conservation, leur maintien dans le temps et l’espace et donc les transmissions que tout cela nécessite, on est alors en droit d’attendre que le temps chez nous participe à l’organisation du champ de l’alliance !

    Le temps ménétique à l’œuvre dans le mariage

    En d’autres termes encore nous sommes en droit d’espérer pouvoir observer que le temps contribue à sa manière, originalement à informer nos amours modernes ou postmodernes !

    « menetic-site.net » n’a cessé de chercher à le faire d’une manière ou d’une autre dans le cours des 57 lettres précédentes publiées au fil des mois et ce depuis février 2003, comme dans maints articles publiés dans d’honorables revues de Sciences Humaines comme dans un livre publié chez L’Harmattan en 1995.

    L’inavouable raison cachée de cette entreprise désespérée qui va à contre courant des conceptions contemporaines sur le temps c’est de tenter un évitement : c’est d’éviter à tout prix qu’il y eût comme deux humanités, l’une dite sauvage, organisant pourtant au plus haut point l’art de s’allier, de prendre femme pour un homme, de se marier (1) et l’autre, dite de progrès, consistant paradoxalement à laisser pour ainsi dire faire la nature !

    Tandis que dans les dernières tribus du globe en voie d’extinction d’ailleurs on observe une luxuriance de règles d’apparentement, d’alliance, de mariage qui peuvent en prime s’associer à plus ou moins de liberté sexuelle, à un nombre plus ou moins grand ou contraignant de tabous, d’interdits, chez nous autres gens de modernité comme de progrès on assiste à une libéralisation certaine de la manière dont les hommes … s’échangent les femmes ou dont les femmes s’échangent les hommes. Une relative anarchie préside assurément aux unions entre femmes et hommes comme si les familles n’avaient pratiquement plus leur mot à dire sur cette affaire importante.

    « menetic-site.net » n’a cessé de chercher à montrer comment le temps puissamment informait en sous main nos alliances en apparence libérées, libérales, anarchiques. Nous savons désormais que cette apparente anarchie, cette anarchie de façade se révèle de la plus haute importance pour nous rassurer que nous sommes bel et bien libres. A la    faveur de cette impression rassurante mais illusoire, l’organisation peut dès lors mieux opérer en sous-main, en « pilotage automatique », sans que personne n’ait à débattre, à discuter, à contester.

    Dans nos sociétés modernes l’organisation de la famille, de la parenté aussi vitale, aussi nécessaire que dans les sociétés les plus traditionnelles du globe est assurée bon an mal an, que nous le voulions ou non, que nous en soyons contents ou mécontents, par des automatismes, des régulations, des boucles occultes d’allure omnipotente. La différence avec les dernières tribus c’est que nous l’ignorons, ne le savons point ou le dénions avec vigueur pour mieux marquer nos singularités, nos supériorités !

    L’attentif examen de nos généalogies révèle aux ménéticiens qui savent voir comment les individus – à leur insu – tiennent compte du temps pour se reconnaître, se choisir, s’allier, s’unir, se marier.

    L’attentif examen de nos généalogies sait encore nous montrer comment le temps compté préside à déterminer le moment convenable, « ménétiquement régulier » pour réaliser l’union, accéder à la cohabitation, entrer dans le processus de nuptialité. Ce qui nous fait dire que chez nous autres gens de modernité comme de progrès, gens postmodernes, le temps contribue  aussi bien au choix du partenaire, du conjoint, à son élection qu’au moment de ce choix et donc au moment du surgissement du désir ou du besoin puissamment informé par ce mystérieux temps ménétique : relisez à ce sujet la lettre sur l’accès d’Adèle à la cohabitation (lettre 35 ) ou bien l’article publié sur elle (2). Tout cela revient à prétendre que le temps chez nous comporte syntaxe et sémantique et qu’il contribue, à l’instar des règles de la parenté chez les « sauvages » à organiser le champ immense de nos amours.

    Nous poursuivrons chers amis internautes, familiers du site, en lettre 59, le développement de notre théorie ménétique des temporalités sociales en nous attachant cette fois à l’organisation temporelle de nativité. Et nous convions les uns et les autres à relire attentivement les nombreuses lettres introduisant à ce thème si passionnant pour les femmes qui attendent un enfant ou se penchent rétroactivement sur leurs maternités, afin qu’elles recherchent, découvrent, observent comment – après elles bien sûr- leurs filles ou petites filles vont-elles-mêmes accoucher à des dates ou des moments familiaux ménétiquement fort significatifs… Affaire à suivre !…

                                                Le ménéticien (alias Elie Sorlin)  


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