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    button7.gif   Lettre 61 : De l’inceste généalogique


    Dans leur livre : « Se libérer du temps généalogique. Comment déprogrammer son destin par la Psycho-généalogie » publié en 2002 aux Chemins de l’Harmonie Elisabeh Horowitz et Pascale Reynaud parlent longuement de l’inceste. Les chapitres VI et VII lui sont entièrement consacré. Elisabeth Horowitz considère le sujet comme essentiel.

    Elle y distingue deux formes d’inceste, le véritable inceste sexuel bien connu et l’autre qu’elle appelle « inceste géographique » et qui consiste à habiter, une fois adulte, sur le territoire des parents ou même à revenir dans sa région d’origine.

    Elle considère que la réalisation d’un  désir d’appropriation da sa maison natale ou de réintégration d’un lieu d’enfance est à mettre au compte de cet « inceste géographique ». En effet, dit-elle, se cache dans ce désir un mouvement régressif de retour au passé, aux racines. Cette régression ne serait pas sans risques : elle consommerait de l’énergie dès lors indisponible pour aller au loin, changer de cadre, se différencier, quitter l’orbite basse de la famille d’origine.

    Ses propos, les exemples qu’elle donne à l’appui, sont impressionnants et ne peuvent pas manquer de faire réfléchir les légions de malheureux qui se sont mis en croyant bien faire dans une telle situation, ayant pris le risque de suivre leur penchant naturel de retour au pays.

    Comment dès lors se tirer de l’ornière une fois qu’on est rentré au pays ?

    De notre point de vue cette manière pessimiste de voir les choses d’Elisabeth Horowitz est intrinsèquement liée à certains aspects de la théorie psychanalytique concernant les fantasmes régressifs et les compulsions de répétition, aspects habituellement associés à la pulsion de mort, à une certaine morbidité pour ne pas dire mortiféralité. Elle est liée au rapport qu’entretiennent ces fantasmes avec leurs divers scénarios de réalisation.

    Ces références cliniques sont de la plus grande utilité pour traiter, interpréter, comprendre de nombreux cas rencontrés en pratique de cabinet. Le concept « d’inceste géographique » se révèle, à l’usage, parfaitement cohérent avec la théorie clinique.

    Mais il n’est pas cohérent avec notre théorie de l’invariant familial (1). Qu’est-ce que cet « invariant » : c’est l’ensemble des moyens qu’utilisent les membres d’une même famille pour maintenir la forme de leur famille en dépit des aléas de l’environnement, de l’histoire. Cette forme c’est ce qui permet de la repérer, de la discerner, de la différencier du milieu.

    La théorie de l’invariant permet de revisiter l’inceste :  admettons hypothétiquement qu’il n’y aie point de tabou de l’inceste. Dès lors tout le monde peut se lier avec tout le monde de façon indifférenciée, la mère, la sœur, les cousines pour un homme étant réduite, sur ce plan, à n’être point différentes de toutes les autres femmes de la société en générale.

    On comprendra facilement que l’abolition du tabou de l’inceste aboutit inexorablement à dissoudre la forme même de la famille dans le nuage ou dans le gaz social, l’intérieur du groupe familial ne différant plus de son extérieur puisque « tout le monde il est pareil », pareillement désirable et pareillement autorisé. C’est la disparition des frontières entre l’intérieur et l’extérieur du groupe familial ! Abolies les règles d’alliances matrimoniales présidant à toutes les unions contractées sur notre planète !

    Les comportements géographiquement incestueux ne sont pour nous autres ménéticiens que de simples manifestations des multiples manières d’honorer l’invariant familial, de le « bichonner », de l’entretenir. Les individus, tous les individus sans exception, ont un tribu à payer non point à César mais pour l’entretien de ce fameux invariant. Certains vont payer plus cher, d’autres un peu moins ; mais, grosso modo tous payent un prix plutôt lourd.

    En commettant l’inceste géographique on sacrifie à l’invariant, à l’un de ses paramètres ; on témoigne à la surface du monde qu’on ne vient pas s’installer n’importe où à la manière des molécules d’un gaz dans un nuage. On s’agglutine de façon justement différenciée. On consacre, temps, énergie, argent et libido pour l’entretien de la « forme » qui justement en a besoin. La famille n’a pas eu son compte et nous réclame. Malheur à nous si nous ne répondons pas « présent ». Tandis qu’Elisabeth Horowitz aurait plutôt tendance à s’écrier : « Malheur à ceux qui répondent à l’appel ! »…

    Notre point de vue théorique est donc bien différent de celui de la clinique soucieuse de la souffrance des individus qui sacrifient  à l’invariant puisque nous nous attachons à la « souffrance » de l’invariant qui ne cesse  de réclamer son dû à corps et à cris. Si on s’occupe des individus et de leur problématique d’émancipation relative des pressions du moloch invariant : ok pour la clinique et ses théories spécifiques à son champ, à ses pratiques.

    Nous nous occupons du moloch et de son problème de moloch : comment dévorer le plus possible d’enfants. Comment assurer sa survie au prix de la dévoration collective. La clinique de l’invariant dévorateur implique une théorie complémentaire de la clinique des sujets en passe d’être dévorés. Elisabeth Horowitz a choisi son camp et nous le nôtre ! Une théorie sadique en apparence mais en apparence seulement car notre objectif c’est de parvenir un jour à humaniser Moloch et à faire qu’il dévore moins, autrement ou de manière un peu plus socialisée, avouable. Voilà notre objectif ô combien différent de celui des cliniciens opérant dans le cadre feutré, obscur de leurs cabinets de souffrances et non pas seulement de curiosités.

    Concluons notre commentaire en disant que l’inceste géographique concerne les anomalies plus ou moins graves d’un phénomène globalement normal auquel nous nous intéressons préférentiellement, la recherche des racines n’ayant en soi rien de pathologique.

    Nous poursuivrons en lettre 62 notre rêverie en vous entretenant de ce que pourrait être « l’inceste temporel » si nous nous transformions subitement en psychogénéalogiste tandis que nous ne sommes que « ménéticien » 

                                          Le ménéticien (alias Elie Sorlin)  


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