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    button7.gif   Lettre 65 : « Effet Parenté » d’un grand classicisme !…


    Le mardi 6 mars 2007 dernier à 20h 50  on pouvait voir sur la seconde chaîne française généraliste un téléfilm de grande qualité mettant en scène une nouvelle de l’écrivain Guy de Maupassant : « Histoire d’une fille de ferme ». En voici la présentation sommaire tirée d’un magazine de télévision du moment : « Rose, une modeste fille de ferme, est enceinte d’un saisonnier qu’elle a rencontré un soir. La jeune femme cache sa grossesse à son maître, accouche en cachette, et confie aussitôt son garçon à une amie. Elle doit désormais travailler dur… ».

    Vous remarquerez  que, dans cette présentation volontairement banalisée, rien ne transperce de la relative dramaticité du récit ni surtout de la relation que nous n’avons cessé d’établir au fil de nos courriers précédents entre la violence et l’amour, entre la naissance et ses enjeux souvent vitaux, entre les évènements de vie que nous donnent à voir les familles et toute une gamme d’effets dont, particulièrement, celui que nous appelons « l’effet parenté ». Cette nouvelle de Maupassant nous offre un remarquable exemple de ce type d’effet, démontrant, à qui sait ouvrir les yeux, la pertinence de cette construction fondée sur l’observé à laquelle nous donnons l’appellation contrôlée : « effet parenté » pour le distinguer empiriquement de ce qui n’en n’est probablement pas.

    Au nom de ce fameux « effet parenté », de la théorie empirique que nous en faisons, nous pouvons à priori nous dire ceci : si se produit quelque part une naissance, nécessairement au sein d’une famille –fût-elle éclatée - , un enfant ayant toujours une mère porteuse ou non, abandonnique ou non, et un père présent ou non, connu ou non, auscultons leur environnement familial et familier pour voir s’il ne s’y produit pas quelque chose de significatif, de singulier, digne d’être relevé, remarqué, mis en exergue ; cela peut aller de la perte d’un petit animal familier, d’un chat, d’un chien, d’un singe disparaissant par accident ou maladie fatale, à celle d’un grand parent en passant par mille et un comportements à relier structurellement, fonctionnellement à la nativité comme à l’alliance sous les multiples formes qu’elle peut prendre selon les cultures, les moments du processus, sans oublier diverses opérations comme se faire refaire un dentier, se faire ouvrir le corps ici ou là pour une ablation, une réparation etc…

    L’histoire de Maupassant est celle de Rose, jeune, belle et solide fille de ferme qui commence par faire une petite sieste sur une botte de paille. Mais écoutons plutôt l’écrivain :… » Elle allait même s’endormir tout à fait, quand elle sentit deux mains qui lui prenaient la poitrine… » C’était Jacques, l’un des garçons de la ferme, « un grand Picard bien découplé, qui la courtisait depuis quelque temps. Il travaillait ce jour-là dans la bergerie, et, l’ayant vue s’étendre à l’ombre, il était venu à pas de loups, retenant son haleine, les yeux brillants, avec des brins de paille dans les cheveux.

       Il essaya de l’embrasser, mais elle le gifla, forte comme lui ; et, sournois, il demanda grâce. Alors ils s’assirent l’un près de l’autre et ils causèrent amicalement. » Voilà pour l’entrée en matière ; rien de bien méchant ; pas de quoi fouetter un chat, vous en conviendrez avec moi ! Mais attendons la suite.

       « Lui, tout à coup, la saisit par le cou et l’embrassa de nouveau ; mais de son poing fermé, elle le frappa en pleine figure si violemment  qu’il se mit à saigner du nez. » Le jeune homme ne lui en tient pas rigueur : « Alors elle fût attendrie et, se rapprochant de lui elle demanda : « Ca te fait mal ? » Mais il se mit à rire et se surprend soudain plein d’affection pour cette gaillarde si solide dont il se sent amoureux.

    « Alors, tu me veux bien en mariage ? » dit-elle… Il se sentit repris d’envie, et, la bouche dans son oreille, il murmura : « Oui, je veux bien. » Ils vont alors s’en donner à cœur joie au clair de lune tant et si bien que Rose en tombe enceinte. Jacques pris de court tente de reprendre de la distance avec Rose jusqu’à la scène mémorable où, dans l’étable, en fureur homicide, Rose l’enjoint de la marier maintenant qu’elle en attend un enfant en le menaçant de mort s’il n’obtempère. Sous la contrainte de la fourche Jacques balbutie : «  Eh bien je t’épouserai, puisque c’est ça. » Peu de temps après il déguerpira sans laisser d’adresse laissant Rose anéantie.

    Le ménéticien met ici le doigt sur la violence inhérente à l’amour comme à la naissance qui s’annonce.

    Tandis que la grossesse se poursuit dans les affres de désespoir et de colère de Rose elle reçoit un matin une lettre dans laquelle sa mère lui dit qu’elle est à tout extrémité et n’en n’a plus pour longtemps.

    L'effe parenté dans toute sa splendendeur

    Rose obtient un congé pour la rejoindre immédiatement en cachant à tous son état. « Sa mère était à l’agonie ; elle mourut le jour même de son arrivée ; et, le lendemain, Rose accouchait d’un enfant de sept mois… »

    La boucle est bouclée ; l’effet s’est enfin produit sous la forme d’une coïncidence « naissance d’un petit enfant/mort d’un grand parent » familière depuis des années aux internautes fréquentant  www.menetic-site.net.

    Cet enfant sera confié à une amie. Rose reviendra dans la ferme où elle était employée puis se mariera avec le fermier, son maître, envoyant régulièrement en cachette de l’argent à la mère nourricière de son enfant.

    Le couple n’ayant pas d’enfant, le mari en prendra ombrage jusqu’à une scène de violence mémorable à l’encontre de Rose qu’il va jusqu’à chasser de la maison après l’avoir durement frappée.

    C’est dans ce contexte de tension extrême que Rose finit par révéler à son mari l’existence de son fils de six ans. Puis survient le dénouement totalement inattendu : celui-ci, loin de lui en vouloir comme elle le craignait depuis le début, en est heureusement transformé ; il voulait un héritier à tout prix, s’apprêtant même par l’intermédiaire du curé à adopter un orphelin. En voilà un tout trouvé. Sur le champ il décide de l’aller chercher avec Rose qui n’en croit pas ses oreilles !

    Il est clair que l’effet parenté dans ce dernier cas précède l’adoption ; cette dernière doit être considérée comme un équivalent de naissance, une introduction ou réintroduction d’enfant dans un sous système dont jusqu’alors il était exclu. Cette introduction est accompagnée – dans le déroulement de son processus analogue à une sorte de nouvelle gestation – d’un moment de violence extrême où l’on est en droit de s’attendre au pire.

    Le romancier n’a pu s’empêcher de projeter dans ce récit inventé de toute pièce la fameuse relation entre amour et violence, naissance et enjeux vitaux témoignant ainsi, à sa façon créative, de ce que l’effet parenté appartient à l’invariant de l’espèce dont l’imaginaire humain ne semble pouvoir s’échapper aussi facilement.

    Nous souhaitons néanmoins à tous nos lecteurs un radieux printemps exempt d’effets parentés malheureux dans leurs propres familles mais riche d’effets qu’ils parviendront à repérer dans la presse people… pour ne citer qu’elle à titre d’exemple médiatisé.

                                                                     Le ménéticien (alias Elie Sorlin)  


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