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    button7.gif   Lettre 69 : Cécilia ou le Rattachement


    La presse française a commenté abondamment  fin octobre la rupture d’apparence tranquille et sereine du chef de l’Etat Nicolas Sarkozy avec son épouse Cécilia. Ils vivaient ensemble depuis une vingtaine d’années environ. De leur union était née un garçon. Comment s’expliquer ou comprendre un divorce aussi peu vraisemblable, échappant à toute logique connue sauf à celle de l’écrivain Catherine Millet  qui note dans un petit article de son cru retrouvé dans Paris Match n° 3049 en page 75 : « Cécilia est la preuve qu’une femme séduite par un homme de pouvoir n’est pas forcément une hystérique qui cherche un maître » ; cette auteur en fait une sorte d’icône de la liberté à l’image de ce qu’elle rêve d’être elle-même dans son rapport aux hommes.

    Cécilia Sarkozi, icône de la femme libre et rebelle, souveraine de son destin, affranchie de toutes les tutelles masculines, institutionnelles, étatiques, n’en faisant qu’à sa tête ? Votant si ça lui plaisait quand les codes de bonne conduite lui imposait de le faire, manquant à tous ses devoirs d’hôtesse si ça contrariait son emploi du temps personnel et défiant tout ce que pouvaient lui dire ses grandes filles Judith et Jeanne-Marie catastrophées par l’étrange conduite de leur mère n’hésitant point à passer à côté de son destin de first lady ou première dame de France. La France l’attendait pourtant ; elle paraissait faite pour le job. Mais ça n’a pas suivi. Ca s’est effondré comme une grande et belle illusion !

    Comment comprendre cette sorte de catastrophe annoncée, ce naufrage pour les uns ou cette gloire, cette doxa pour les autres ? Pour www.menetic-site.net, ou pour le ménéticien c’est clair comme le jour : s’il est vrai que Cécilia Sarkozi fonctionne telle une belle icône de modernité ou mieux, de postmodernité comme l’érige si bien la féministe Catherine Millet, elle révèle aussi le revers de la médaille, l’envers de l’icône médiatique : la force de ce que nous avons appelé « le rattachement » : Cécilia Sarkozi souveraine d’elle-même en apparence est victime de ce que nous avons appelé et mainte fois décrit comme étant « l’effet parenté ».

    Cécilia et « l’effet parenté »

    Rappelons pour mémoire ce qu’est ce fameux «  effet parenté » : c’est le retentissement faible, modéré, fort ou cataclysmique sur un individu donné d’un évènement de parenté. Nous l’avons décrit par le menu dans notre livre « Evènements familiaux et logique de destinée. Essai sur la nouvelle parenté »(1) paru chez l’Harmattan en 1995. Cet effet est doté d’un mode, d’une direction, d’une intensité, d’une forme, d’une proximité et même de caractéristiques associées au cas où nous en aurions oubliées dans le descriptif. Pour Cécilia l’intensité en est modérée si l’on fait abstraction de ce qu’elle y perd : le rôle considérable de première dame de France ; elle conserve l’honneur et n’endure apparemment aucune altération de santé ; elle conserve même ses enfants puisqu’en France on les donne à la femme qui vous quitte pour un, pour d’autres hommes comme si ceux-ci vous équivalaient dans la fonction de paternité. Chez elle l’effet concerne fondamentalement la sphère du comportement. Nous ne saurions en donner la direction sans prendre le risque, ici, de tomber dans le moralisme : va-t-il dans un sens organisateur ou désorganisateur du sujet, de la personne en question : nous ne saurions le dire de l’observatoire où nous nous situons, ne disposant pour cela de pas assez de données pour y répondre en connaissance de cause. Certes son couple est rompu avec des victimes, l’homme dans un premier temps toujours amoureux et « lâché », « abandonné », « plaqué » sans rien y comprendre pour quelqu’un d’autre ou pour personne, les enfants sans compter soi-même ! La forme de l’effet chez elle est active puisqu’elle y réagit activement par maintes actions aisément repérables par les journalistes, les photographes etc.… La proximité est extrême, directe : aucun intermédiaire entre elle et l’évènement de parenté perturbateur et stressant tandis que pour son compagnon il est indirect et passif puisque enduré via son épouse, au travers elle et par elle. Leur enfant en souffrira comme son père autrefois en aurait souffert tandis que son propre père à lui, grand père du premier, se sépara de sa mère, dans une reproduction familiale et transgénérationnelle involontaire, inconsciente, efficace. Enfin, en ce qui concerne les caractéristiques associées on ignore tout de S1 (groupe des significations conférées par le sujet support de l’effet parenté à ce qui lui arrive) en subodorant l’inconnaissance dans le « regard absent » que relève avec insistance divers observateurs en position privilégiée et l’univers des contradictions auxquelles elles se trouverait elle-même personnellement confrontée ; S2 regroupe les façon dont une société comprend l’effet c’est-à-dire le refoule en tant que tel, rationalisant comme elle le peut des conduites échappant à certaines de ses logiques habituelles : peu de femmes de par le monde en effet (sauf la fière Catherine Millet….) lâcheraient leur mari présidentiable ou Président…

    L’événement provocateur

    Mais quel est donc dans ce cas désormais présidentiel la chiquenaude, le grain de sable ou l’évènement provocateur ayant déclenché un tel effet ? Simple et clair pour le ménéticien : les fiançailles de Jeanne-Marie auxquelles d’ailleurs ne s’est point rendu notre Président : en page de couverture de Paris Match n° 3049 on y lit : « Vendredi 19 octobre, dernière séance de shopping pour Cécilia et sa fille Jeanne-Marie, avant les fiançailles, célébrées le samedi, alors que le président Sarkozy assiste à la finale de la Coupe du Monde de rugby au stade de France. Dans notre livre « Evènement familiaux et logique de destinée. Essai sur la nouvelle parenté » nous avons pu montrer les effets parfois dévastateurs que généraient les événements d’alliance dans nos sociétés libérales et postmodernes.

    Lorsque l’une de vos filles commencent à se tourner vers d’autres figures que vous-même son parent, lorsqu’elle commence à aimer un tiers, un étranger à la famille, c’est comme si elle vous trahissait ou vous lâchait ; bien sûr la raison, toutes les raisons du monde vous diront qu’il n’en n’est rien et que cela fait partie de la vie, qu’il ne saurait en être autrement, qu’il est normal qu’elle vous quitte. Au niveau rationnel cela fonctionne ainsi mais à tout autre niveau, celui du « Rattachement » ou du lien qui relie les uns aux autres les membres d’une famille il n’en n’est rien car ce niveau est réglé ou réglementé par l’ordre de l’invariant médiatisé par ce que nous avons appelé l’ordre du « capital affectif ».

    Dans le cas de Cécilia sa banque d’amour, son avoir amoureux, son « capital affectif » est en quantité finie et se compose de tous ses placements affectifs distribués inéquitablement entre tous les êtres et les objets qu’elle aime et dans lesquelles elle place une quantité donnée d’amour et dont elle reçoit normalement une sorte de retour sur investissement comme dans nos placements boursiers. Lorsque Jeanne-Marie commence à regarder ailleurs puis s’éprend  du beau garçon qui deviendra par la suite son fiancé, première crise : l’amour qu’elle va placer en ce nouvel être, dans un premier temps étranger au groupe, cet amour, cette portion, ce quantum d’amour donné ne peut venir de nulle part mais de son avoir ou de son capital affectif existant constitué de tous ses placements dont ceux placés en sa mère Cécilia.

    Cette dernière est dès lors soudainement amputée d’une portion de capital et ne peut y rester insensible ; elle risque de se déprimer en proportion de ce dont elle est dépossédée sans l’avoir voulu ni choisi. C’est alors qu’elle se met en route pour un être, un objet de compensation qu’elle semble avoir à ce moment bien particulier trouvé aux Etats-Unis et dans une personne bien identifiée par l’ensemble de la presse people aux abois. Nous avons pisté ce genre de mécanisme dans des dizaines et des dizaines de familles. Au terme du processus parfois sans lendemain nous recevions les confidences de ces femmes qui avaient été le jouet de l’effet : j’ai divorcé mais je ne sais même pas pourquoi ; j’ai jamais compris pourquoi. D’autres qui pensaient savoir que c’était pour tel ou tel homme qu’elles avaient quitté aussi précipitamment qu’elles en étaient tombé amoureuses ! Nous ne saurions dire le nombre de père prenant une maîtresse en de telles occasions ou quittant leur femme pour une jeunette du même âge que la femme à laquelle se lie leur fils ou de femmes désaimant soudain leur mari sans savoir ce qui leur arrive : effet parenté, effet de capital affectif, effet de rattachement ! On perd ici, on se déprime ou l’on conjure la dépression en se trouvant une figure de placement de remplacement !

    On s’aperçoit alors que derrière l’iconographie célébrant la postmodernité de nos sociétés libérales avancées se vivant comme l’extrême pointe de l’histoire se cache une autre réalité : les icônes ne s’appartiennent pas doublement : les médias, Catherine Millet aidant, projettent sur elles leurs fantasmes mais non sans relever avec perspicacité maints signes qui ne trompent pas : « …et Cécilia, ça faisait un bout de temps qu’on la voyait faire la tête. Ce sourire figé, les yeux absents : elle ruminait sa décision. C’est très rare à notre époque quelqu’un qui ne répond pas à l’appel des images, qui ne joue pas le rôle stéréotypé qu’il faut jouer devant les caméras… » Le sujet est également comme perdu ; il ne sait plus s’il s’agit de sa propre vie ; il s’éprouve après coup comme le jouet du destin, d’un destin qu’il ne comprend pas quand bien même il a tout fait pour tenir les rênes de sa vie, tel un personnage de roman, romanesque, ou même un personnage de tragédie grecque ! Il a des raisons de ne plus sourire ; son existence tout simplement lui échappe au moment même où il croit la maîtriser à l’instar d’Œdipe dont nous avons précédemment commenté la dramaturgie transgénérationnelle .

    Homo meneticus ne veut plus de maître ; la famille moderne ou la parenté postmoderne n’en n’a cure ; elle lui donne l’illusion de sa tout puissance ; il n’a cure de la Présidence d’une République comme celle de notre France éternelle ; mais il est soumis, aliéné à la nouvelle parenté tout comme les Baruyas de Nouvelle Guinée à leur parenté ancestrale en voie de transformation.

                                                                     Le ménéticien (alias Elie Sorlin)  


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