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    button7.gif   Lettre 7

      L' Effet parenté (suite) :

      Analyse ménétique d’un mythe de création et de chute.

      La suite du récit biblique mettant en scène la première famille humaine, celle qu'Adam fonda avec Eve, sa femme, va nous proposer, dans la génération des enfants Caïn, Abel, une fort belle répétition du drame que connurent les parents lorsqu'ils s'unirent. L'analyse ménétique du mythe commence par dégager le processus familial dans lequel vont s'engager les enfants : l'alliance du fils aîné Caïn. Ce processus n'apparaît pas d'emblée : il demeure caché par tout ce qui précède l'alliance de l'aîné Caïn mais qui, pourtant, la permet, la prépare : le meurtre du frère puîné, le juste Abel. Abel est assassiné dans le mouvement qui fait aller l'aîné d'une situation de célibat pieux à l'intérieur du paradis familial jusqu'à sa sortie du système familial, après le fratricide célèbre.

      En d'autres termes, comme Adam son père transgressa pour se marier, Caïn fait de même : les deux, le père et son fils, commettent un crime pour s'allier, l'un avec Eve, l'autre avec une étrangère à la famille, au système. Les deux femmes, mère et belle-fille sont des "étrangères", des "païennes" qui poussent leur homme loin du culte, loin de Dieu, l'une par la pomme, l'autre par le fait qu'elle n'a rien à voir avec les valeurs adamiques et le culte abandonné par son mari pour la rejoindre, la conquérir. D'une manière ou d'une autre l'assassinat du benjamin permet à l'aîné de s'en aller, de quitter la famille d'origine comme de prendre femme ailleurs! C'est une violence homicide liée à l'alliance qu'il se prépare à contracter; c'est donc un "effet parenté", une conséquence "antécédente'' à ce qui se trame dans l'ombre de la structure familiale ou de l'organisation de la parenté originelle. C'est un avatar du "rattachement" qui, lorsqu'il fluctue, révèle toute sa vigueur.

      La psychogénéalogie tient ici un bel exemple de la violence inhérente aux unions matrimoniales et de la manière dont cette même violence se transmet d'une génération à l'autre, en changeant de forme si nécessaire : en amont le père et la mère vont être chassés du paradis et promis au pire, à la maladie comme à la mort certaine, en aval le fils aîné par qui enfin la mort arrive, de simplement annoncée qu'elle était préalablement. En ménétique nous appellerons cela un "prodrame" analogue aux drames grecs  ; ce n'est pas franchement un programme mais une dramaturgie qui se joue d'une génération à l'autre et scande les grande événements familiaux de vie et de mort.

      On se trouve devant une "régulation": en effet la répétition transgénérationnelle, transgénéalogique des conditions extrêmes de réalisation des premières unions matrimoniales permet la conservation d'une sorte de tradition psychodramatique ; ainsi la "forme", structure ou invariant de la famille, perdure, se conserve par le meilleur (le mariage) comme par le pire (l'effet parenté, la violence, l'expulsion du giron familial, la sortie de l'Eden). Le profil des femmes à marier se maintient : Eve ressemble comme une sœur à la mère d'Henok, femme de Caïn ! Toutes deux brillent par leur impiété : Eve somme son mari de laisser Dieu tranquille et la femme de Caïn ne connaît rien du Dieu d'Adam.

      Ajoutons enfin à cette exégèse cybernétique le fait ménétique suivant : comme Dieu en amont avait réagi de la manière que l'on sait au risque que son cher Adam ne s'éloigne de lui par la mise en place de l'arbre interdit au centre du paradis terrestre, en aval il va disqualifier les offrandes de l'aîné en survalorisant celle du jeune Abel ; d'une génération à l'autre la réaction divine à la prise de distance prochaine du père comme du fils est analogue : Dieu ne reste pas de marbre ! On le sent affecté : il tente à sa manière d'enrayer, si possible, le processus qui va faire aller père et fils vers l'intruse, la future nouvelle venue dans le système : les deux premières femmes à marier...


    Dans notre lettre N° 8 nous esquisserons quelques éléments de réflexions sur les relations à établir entre la mimétique de René Girard et la ménétique. Lui aussi s'intéresse au mythe mais d'une autre manière...

    Le ménéticien (alias Elie Sorlin)     


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