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    button7.gif   Lettre 71 : Sur un nuage


Le secret de l’astrologue suisse

    C’est le lundi 13 février 1984, jour de la St Béatrice, qu’à quatorze heures seize très exactement la chance me sourit. Je découvrais enfin, au cœur même de la généalogie de Sigmund FREUD, un petit coin de ciel bleu, une première manifestation furtive de ce temps généalogique si désiré, après lequel je courais depuis des semaines.

    J’exerçais alors en qualité de clinicien classe normale dans un hôpital psychiatrique de province, le Centre Hospitalier Spécialisé de la Chartreuse de DIJON qui sert d’écrin à l’un des plus beaux puits du monde, sculpté par le talentueux Claus SLUTER, du temps des grands ducs d’Occident.

    On y accueillait alors toute une population en souffrance composée de gens sur la tête desquels le ciel était tombé. Pour me reposer un peu de cette fréquentation éprouvante, je m’adonnais, depuis plusieurs années déjà, à diverses recherches sur la famille et la généalogie.

    Cet intérêt pour ces dernières m’était d’abord venu de la lecture fortuite d’un livre, en apparence bien éloigné de la question du temps, à fortiori d’un temps généalogique hypothétique, encore inconnu : ”Le journal de Raymond ABELLIO“(1). Dans un chapitre librement écrit, il y racontait qu’il avait eu vent d’un astrologue suisse dont on disait qu’il avait découvert le secret de la date de mort des gens.

    Qu’un astrologue contemporain soit parvenu à faire une découverte aussi troublante me plongea dans une rêverie dont je ne sortis qu’en prenant la plume pour écrire derechef à cet auteur. ABELLIO me répondit aussitôt. Il avait lui-même cherché à en savoir d’avantage sur cet inventeur méconnu. Et son épouse lui aurait répondu ceci : ”Cher Monsieur, je suis désolée de ne pouvoir vous donner satisfaction. mon mari a bel et bien découvert le secret de la date de mort des gens. Mais, très malade, et considérant que l’humanité n’avait nul besoin d’accéder à la connaissance de ce sur quoi il était tombé, il décida de l’emporter avec lui dans la tombe...”. L’énigme de cette étonnante découverte, ensevelie avec son auteur, eût le don d’enflammer momentanément mon esprit d’autant plus aisément que je me trouvais dans cette période un peu triste, affecté par une procédure de divorce impliquant l'éclatement de la famille que j'avais fondée, notamment la  séparation d'avec mes deux premiers et très jeunes enfants.

    Une certaine naïveté de ma part, malgré l’excellente formation que j’avais autrefois reçue en Sorbonne, m’incitait à penser que cela pouvait receler quelque part de vérité, un certain fondement dans la réalité. J’éprouvais de l’estime pour l’œuvre du kabbaliste R. ABELLIO, mathématicien de formation, dont la profondeur et la curiosité d’esprit étaient reconnues par un cercle de gens très distingués.

    J’avais également eu la chance de croiser la route de l’éminent astrologue J.P. NICOLAS, ayant été jusqu’à lui souffler le nom qu’il devait donner par la suite à son propre courant astrologique : ”Astrologie conditionnaliste” tandis qu’il l’appelait auparavant ”Astrologie conditionnelle”. On peut d’ailleurs le vérifier sur Google en tapant l’expression ”Astrologie conditionnaliste”. Je savais donc que l’astrologie était en mesure de dire des choses intéressantes sur le destin des individus. Ce n’était toutefois pas une voie qui m’attirait. La part de calcul qu’elle comportait pour faire le thème jointe à la discipline ancestrale qu’elle imposait pour l’interpréter correctement me rebutaient. J’avais au fond envie d’un espace de plus grande liberté.

    Je ne m’étais jusqu’à présent pas penché sur cette question de la date de mort des gens. Mais depuis des années déjà, plus exactement depuis mon mémoire de maîtrise datant des années 75, concernant un échantillon de cancéreux en phase terminale, longuement interrogés sur ce qui semblait avoir présidé à l’éclosion de leur maladie fatale, ma curiosité restait en éveil sur le chapitre du moment d’apparition au grand jour de la maladie qui tous allait les emporter, après les avoir longtemps, silencieusement minés.

    Du point de vue médical ils traînaient à bas bruit, sans même s’en douter, leur cancer depuis des lustres déjà. Mais qu’est-ce qui avait bien pu présider à son dévoilement, avec brusque mise en route d’un traitement approprié ? Le moment d’apparition était à considérer comme un temps fort, à prendre au sérieux, une rupture, une discontinuité, une coupure dans leur vie plutôt tranquille jusque là. Bien avant que la pratique ne s’en répandit, bien avant la traduction du livre référence sur le génogramme des américains GOLDRICK et GERSON : ”Génogrammes et entretien familial“(2), des maîtres de la thérapie familiale de l’école dite de Palo Alto comme Carlos SLUZKI, venus tout exprès des Etats-Unis, invités par l’hôpital dans le cadre des 1% d’une formation permanente de qualité principalement dispensée alors par l’Infipp, nous avaient appris l’art du génosociogramme ou génogramme, ce qui me permit d’en collecter un grand nombre dans la pénombre de mon cabinet. Je me familiarisai ainsi avec une grande variété de familles contemporaines et m’approchai de cette façon au plus près de la généalogie bien que n’étant pas le moins du monde un généalogiste.

    L’équipe hospitalière pluridisciplinaire au sein de laquelle j’intervenais se demandait parfois avec inquiétude ce que le psychologue pouvait bien faire avec des patients aussi longuement questionnés sur leur entourage familial et des bribes de leur généalogie. J’allais même jusqu’à écrire aux états civils pour en quémander quelques dates. Ce n’était pas vraiment dans les habitudes du service de tenter de faire parler les fantômes familiaux pour leur faire avouer maints forfaits, de jouer les exorcistes, d’entrer dans la peau d’un Sherlock HOLMES ! Médecins, assistantes sociales, surveillants, infirmières, menaient plutôt bien, à leur façon et de leur côté, maintes investigations, ne comprenant pas qu’on puisse ainsi les doubler sur un terrain traditionnellement considéré comme le leur : la famille réelle. Psychologue, j’avais à me cantonner à celle de l’imaginaire, ma terre d’élection.

 

                                                                     Le ménéticien (alias Elie Sorlin)  


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