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      button7.gif   Lettre 77 : Naissance du temps généalogique


    Rencontre avec la généalogie de Sigmund FREUD

    A peine étais-je sorti de cette période mouvementée que, providentiellement, je tombai sur le livre d’un certain M. KRULL, intitulé : ”SIGMUND, fils de JACOB” (1). Il s’agissait d’une énième biographie de FREUD, père mondialement connu de la psychanalyse. Elle contenait, me semblait-il, la meilleure généalogie jamais publiée à son sujet. Quelle chance de disposer à point nommé d’un matériel de bonne main, fourmillant de dates de naissance, de mariage et de décès. Elle allait constituer pour moi une généalogie fétiche, étalon temporel à l’aune duquel je saurais apprécier les autres généalogies dont celles de mes donateurs helvétiques.

    Si d’aventure je parvenais à y trouver un embryon d’ordre, un brin de régularité, une once d’organisation temporelle interne, tout le monde pourrait aller le vérifier puisqu’elle se proposait au public.

    Il s’agissait d’une généalogie normale, entrant dans le cadre de l’immense variété des généalogies dont elle offrait un spécimen. Ce que j’y découvrirais pourrait s’appliquer à bien d’autres. Elle comportait maints traumatismes, notamment l’extermination de plusieurs de ses sœurs en camp de concentration. Elle contenait aussi une personnalité géniale, Sigmund. Mais tout cela n’en changeait point la foncière normalité : on s’y mariait, procréait et mourait comme partout ailleurs dans le monde dans cette époque troublée. Elle se présentait sous les dehors d’un échantillon empiriquement représentatif des généalogies humaines. C’est du moins ce que je pensais et de tout cœur espérais.

    A partir d’elle allait enfin commencer, tel qu’entrevu dans mes rêves, un grand voyage vers le temps qui s’y trouvait probablement à l’œuvre.

    Cette fois on ne partirait d’aucune maladie, d’aucun traumatisme répertorié, mais simplement, très simplement des mariages, naissances et décès ordinaires. J’avais à cœur d’explorer cette généalogie d’homme célèbre avec la fougue qui nous animait à propos des grands génogrammes de Jean GUIR. Allait-elle nous livrer l’un des secrets du temps ? Je l’espérais de toute mon âme, sans en avoir garantie.

    Le 13 février 1983 : un jour heureux

    J’avais avec moi, depuis la rentrée universitaire, une jeune étudiante en psychologie clinique effectuant son stage de 5ème année dans le service, Melle Annick B. Elle était douée pour le dessin en général, le dessin industriel, architectural, la cartographie en particulier, méticuleuse et d’une bonne volonté considérable. Je lui proposai de m’aider, dans les rares moments où les patients ne nous prenaient pas trop la tête, à la fois dans les comptages et les mises en forme ou tableaux variés.

    Plus on avançait dans le traitement de la généalogie de FREUD, plus on tombait sur des séries de chiffres troublantes, des similitudes et des coïncidences dont ni elle ni moi ne réussissions à démêler l’écheveau. Nous ne parvenions pas à en discerner un commencement d’ordonnance. Nous tentions désespérément de les inscrire dans des carrés, des rectangles, des chapeaux de gendarmes et bien d’autres figures encore, en vain. Inlassablement on recommençait sans se décourager pourtant le moins du monde.

    Jusqu’à ce fameux mercredi 13 février 1983. Annick m’avait consciencieusement apporté le travail que je lui avais demandé. Dès 14 heures on se remit à la tâche consistant à croiser mes chiffres et ses dessins, nos diverses combinaisons de schémas, à les tourner et retourner en tous sens.

    Et c’est à 14 heures 16 très précisément qu’en opérant une certaine et dernière rotation d’une figure, ressemblant d’ailleurs à un chandelier à 7 branches, nous apparut soudain, avec la fulgurance d’une révélation, le sens ”caché depuis les origines du monde” de cette première configuration temporelle impliquant FREUD et ses frères et sœurs.

    Enfin, enfin, une série d’âges d’enfantement se retrouvaient, à un moment précis du temps : le 14 septembre1886, simultanément portés par tous les enfants d’une fratrie et ce moment intensément condensé correspondait justement à la production d’un nouvel évènement généalogique, le mariage de Sigmund FREUD avec sa chère Martha. Soudain ces multiples coïncidences ou correspondances temporelles d’allure hétéroclite prenaient un sens qui nous échappait encore totalement l’instant précédent.

    Elles s’éclairaient. On assistait, ravis, à la collision du passé avec le présent, de l’histoire et de l’actualité.

    Nouveaux robinsons, parvenus sur le rivage de l’îlot perdu d’un archipel inconnu où se trouvait une forêt primaire, on venait d’exhumer des racines d’un grand arbre généalogique, celui de S. FREUD, un premier élément d’architecture temporelle. On donna immédiatement à cette configuration singulière ou figure de temps primordiale, le bienheureux nom de la sainte du jour : configuration Béatrice.

    Premier article sur le sujet

    Considérant que nous tenions, à partir d’elle, le bout d’un fil rouge susceptible de nous aider à sortir du labyrinthe dans lequel nous risquions de nous perdre, je décidai de rédiger sur-le-champ un papier qui serait ce qu’on appelle en jargon universitaire ”l’article princeps”. Il décrirait de son mieux pour la première fois cette forme. C’était alors trop insolite et nouveau pour être soumis à une quelconque  revue française dotée d’un comité de lecture savant. J’avais heureusement un ami canadien, le Dr Richard HOULD, professeur de psychologie clinique à l’université québécoise de Trois Rivières, auteur d’un test conjugal informatisé performant nettement en avance sur son époque, le T.E.R.C.I (2) dont je tentais alors la promotion dans mon environnement professionnel. On était d’ailleurs parvenu, peu de temps auparavant, avec l’aide du patron de la Commission Médicale Consultative, feu le docteur Jean LEVEQUE (3), à le faire inviter plusieurs semaines dans le cadre d’un accord de recherche hospitalo-universitaire. Il venait avec un collègue, Jean-Marie LABRECQUE et le concours de l’université Trois-Rivières, de lancer fort à propos une revue de Sciences Humaines de qualité : ”Systèmes Humains”.

    Je lui parlai de mon projet d’article. Il m’exposa les conditions draconiennes auxquelles on devait obéir pour avoir quelques chances d’être agréé par un comité de lecture exigeant. Il ajouta que rien ne pouvait être gagné d’avance.

    Je m’attelai à la rédaction de l’article, avec des audaces à la manière d’un Jean GUIR n’hésitant point à parler, dans son livre déjà cité (4) d’”enfant-bombe”. J’avais à certains moments des sueurs froides à la pensée de ces universitaires canadiens, évaluateurs rigoureux et presque sévères, penchés sur nos schémas et le texte. Je l’intitulai : ”La réapparition des âges dans le système familial. Proposition d’une méthode d’examen. Application à trois alliances“ (5).

    Je savais que je prenais quelques risques en commençant par l’alliance, c’est-à-dire par l’organisation temporelle de quelques mariages. C’était un défi lancé à ce comité de lecture de la Belle Province que de débuter ainsi. Mais j’y tenais doublement : quand un ethnologue étudie une nouvelle tribu, il commence habituellement par chercher à comprendre comment les gens s’y marient ; c’est de tradition séculaire en anthropologie.

    Mon but caché, peu avouable en cette étape initiale, était d’élucider les manières secrètes dont use le temps pour contribuer à organiser la parenté dans nos petites sociétés familiales libérales et modernes. C’est aussi l’alliance qui fonde la famille. Regardez d’ailleurs dans nos Ecritures. Les choses sérieuses commencent quand la première femme se profile à l’horizon, apparaît et qu’Adam se marie avec (6). L’alliance vient nécessairement en premier, toute naissance exigeant le préalable du couple.

    Cet article princeps souhaitait en témoigner à sa façon en montrant comment le temps, à l’intérieur même de la généalogie, paraît contribuer à organiser trois alliances : d’abord celle de Sigmund FREUD en personne, puis celles de deux autres couples dont l’un n’était même pas régularisé, appartenant à des familles inconnues du public et donc avec dates à priori contestables, susceptibles qu’on les considère inventées de toute pièce, pour les besoins de la cause tandis qu’elles s’avéraient en réalité authentiques, observées, dûment vérifiées. Cet article princeps se devait de commencer par le commencement : l’alliance.

    On eut l’heureuse surprise de le voir accepté tel que, et même avec enthousiasme. Nous n’en revenions pas, après les mises en garde prudentes. La rédaction avait pris soin de refaire certains tableaux pour qu’ils obéissent strictement aux canons de la revue (7). Ah qu’ils étaient beaux ces schémas, ces diagrammes ! Qu’elle resplendissait notre configuration Béatrice ! D’un peu loin ça ressemblait même à une partition musicale ! Elle ne parlait plus, elle chantait ! Elle était soudain devenue un oratorio. Je ne saurais vous décrire mon bonheur de rescapé, après avoir risqué le naufrage sur cette île du temps, perdue en plein océan démonté.

 

      (1) KRULL M., Sigmund, fils de Jacob, Gallimard, Paris, 1983, complété par FLEM L. La vie quotidienne de FREUD et de ses patients, Hachette, Paris, 1987.

      (2) T.E.R.C.I. test conjugal, informatisé dès sa conception, auquel on peut répondre en ligne sur le site www.psychoprofil.org/terci et en obtenir instantanément les résultats.

      (3) LEVEQUE J. et PUGEAUT R., Le Saint - Suaire : des certitudes scientifiques à la compréhension de l’histoire, Ed. du Jubilé, avril 2003.

      (4) GUIR Jean, en particulier IV, L’enfant - temps (En collaboration avec Noëlle KORTEMME), pp.45 - 50

      (5) In Systèmes Humains, Vol. 1, N° 4, Automne 1985, pp. 13 - 34, Université Trois  - Rivières, QC, Canada.

      (6) ES, VI, Effets, mythe et folklore, pp. 97 et suiv.

      (7) Revue Systèmes Humains, Recommandations habituelles aux collaborateurs.

       

    En Février, vous découvrirez une nouvelle bonne feuille de la petite histoire de ce nouveau temps, désigné par l’expression : « temps généalogique ». Elle s’intitulera : Première communication.

                                                                     Le ménéticien (alias Elie Sorlin)  


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