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    button7.gif   Lettre 8

       Mimétique et ménétique

      Sans doute le savez-vous, la théorie "mimétique" de René GIRARD est connue sous cette étiquette parce qu'elle dit que l'être humain ne désire le plus souvent quelque chose que parce qu'un autre désire la même chose, cette chose n'étant qu'occasion de s'entredéchirer jusqu'à ce que l'un des deux soit évincé, disparaisse ! De ce fait on oublierait rapidement ce que l'on veut à tout prix pour s'investir complètement dans la lutte et l'élimination du rival. Les sociétés humaines reposeraient donc, de ce point de vue girardien ou mimétique, sur une violence sans nom, fondamentale, préfondatrice, un peu comme nous autres terriens qui marchons sur une fine croûte terrestre contenant à grand peine un magma incandescent se révélant et s’échappant par tous nos volcans. A partir de là, R.G. (René Girard) imagine un mécanisme victimaire évitant l'extinction de l'espèce par sacrifice d'un membre du groupe, chargé de tous les péchés, le "bouc émissaire" . En tuant sauvagement, puis rituellement, l'un des leurs pris au hasard, les groupes ou sociétés humaines se calmeraient pendant un certain temps, jusqu'à ce tout recommence, dans une spirale sans fin. Vision cauchemardesque que semblent valider de multiples mythes, guerres, luttes fratricides etc ... Depuis son premier livre paru en 1962, R.G. traque, partout où il le peut, le mécanisme sacrificiel, victimaire, et les indices de cette violence sociale originaire. Voilà en quelques mots l'essentiel de la partie "mimétique" de sa théorie.

      A maints égards elle fascine. Jusqu'à présent nous autres ménéticiens ne lui devons rien. Toutefois, cher internaute,  pour une raison que  nous allons ici expliciter, rendons-lui un hommage appuyé. En effet, dans ce livre "inspiré", R.G. a la révélation qu'entre le sujet qui désire quelque chose, entre l'homme qui aime et l'objet de son amour, il est une ombre portée, une sorte de ''tiers". Ainsi, en prenant l'exemple de Don Quichotte, ce qui semble gouverner sa vie, c'est son idéal : le fameux Amadis de Gaule qui fût ''l'un des plus parfaits chevaliers errants''. En d'autres termes encore, R.G. "triangule'' le désir amoureux humain : tout ce que va désirer être, faire ou acquérir Don Quichotte qui nous semble pourtant un modèle romantique de libération totale sera jugé à l'aune d' Amadis de Gaule. Ce dernier n'eût d'ailleurs pas même d'existence réelle ! Le génie de R.G. est peu facile à saisir parce que, caché derrière Amadis, se trouve une forme de gouvernement qui semble régir la vie comme le destin de cet individu d'exception : Don Quichotte ! Sous le masque du mime, du semblable, se joue l'essentiel de la pièce, se tient l'entité suprême agitant les ficelles d'une sorte de marionnette : notre héros romantique. Pour nous autres ménéticiens ce qui nous intéresse chez R.G. c'est moins la crise mimétique ou sacrificielle que la mise en lumière d'un gouverneur caché, puissant, ''divin", efficace, représenté par ce tiers.

      La théorie mimétique de R.G. et la théorie ménétique se veulent toutes deux des théories de la structure sociale. En quoi se différencient-elles ? Sont-elles complémentaires ? C'est ce à quoi nous tenterons de répondre dans notre lettre n° 9.


            Lettre N° 9 : suite de la lettre n°8 "mimétique" et "ménétique".

    Le ménéticien (alias Elie Sorlin)     


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