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      button7.gif   Lettre 86 : Tâches principales de la forme familiale suite et fin


    Autre exemple : une femme du groupe attend un enfant ; contrairement à ce qu’on pense spontanément, le nouveau venu pourtant annoncé et même attendu, risque de bouleverser, par son irruption même dans l’espace interne, les rapports de places et d’investissement mutuel, plus ou moins stabilisés autour d’une valeur moyenne ou constante d’équilibre (qui d’ailleurs peut être elle-même un déséquilibre) oscillant entre deux seuils. L’arrivée de l’enfant, si désirée soit-elle, provocatrice de forme tout comme lorsqu’il modifiait la silhouette de sa mère enceinte, suscite toujours une rupture de l’équilibre préexistant ; on ne voit pas comment il pourrait en être autrement et la théorie du capital affectif comme de l’effet parenté sont dans la logique de cet impératif intra systémique.

    On ne l’a encore jamais vu cet enfant! Certes on sait habituellement d’où il vient ; mais sans plus ; la forme déteste. Il se retrouve de facto en situation d’E.T. qui un soir d’été atterrit dans la famille du jeune Eliot ; qu’on le veuille ou non, c’est un choc interne ; certains vont y perdre et d’autres y gagner.

    Il est courant d’observer en ces occasions la disparition d’un des grands-parents dans le cadre connu d’une “coïncidence mort/naissance”.

    La forme familiale lance alors son plan d’action pour faire bonne figure à l’arrivée du nouveau venu qui redistribue les places au sein de l’entité, en cherchant à le rendre compatible et reconnaissable par le “milieu”, visant donc à ce qu’il réponde bien aux attentes, fantasmes ou projections des membres apparentés déjà installés, nantis eux-mêmes d’un lourd héritage, aucune famille en ce monde n’ayant plus de passé léger, vu l’histoire mouvementée de l’humanité depuis son jardin d’Eden.

    Dans le cas d’E.T. on peut relever un ensemble de réactions destinées à parer à la situation provoquée par son irruption ; au rassemblement secret de tous les enfants autour de l’extra terrestre, corrélatif d’un délaissement de la mère bien moins stimulante en ces circonstances, on assiste à une mobilisation de cette dernière qui sent quelque chose, puissamment aidée de la force publique pour mettre à tout prix la main sur le trublion venu d’ailleurs ; finalement attrapé, son immersion dans l’azote liquide est la métaphore d’une mesure de refroidissement qui fait baisser la température du système trop agité, risquant la surchauffe. E.T. disparu, tout rentre dans l’ordre !

    C’est un beau morceau d’anthologie témoignant d’une des mille et une manières dont l’invariant fait face à l’intrusion, à la nouveauté, à ce qui n’est pas encore reconnu, à l’étranger, avec la collaboration de certains acteurs requis d’office. Remplacez E.T. par un nouveau-né stimulant concentrant sur lui le meilleur des attentions de la mère.

    Et vous serez dès lors en mesure d’imaginer divers scénarios possibles à l’intérieur même de l’atome ou de ceux qui lui sont immédiatement adjacents : retentissements variés sur les grands-parents, les oncles et tantes, des collatéraux, la mère, le père parfois pris d’une démangeaison soudaine à régresser ou à décompenser comme à chercher à se compenser avec toutes les ressources que mettent généreusement à sa disposition nature, culture, marché, environnement.

    Tandis que le premier groupe de tâches de l’invariant familial concernait en priorité l’espace intra-atomique, sa bipartition, la circulation de quanta affectifs, l’équilibre des relations entre membres apparentés, sa seconde mission concerne le temps généalogique dans ses rapports avec le passé du système, la généalogie dans son ensemble, l’espace et l’action qui en provoque des déformations dans la conjoncture, elle-même informée par nos unités de temps disséminées dans le dispositif global.

    Pour réintroduire le temps généalogique dans l’appareil et son fonctionnement, il suffit simplement de substituer à l’étranger, à l’enfant ou à l’événement inattendu, susceptible de survenir, le “moment” où tout cela peut arriver.

    En parvenant à l’isoler comme s’il était devenu lui-même une personne inconnue, un enfant qu’on attend, un évènement qui survient, on conçoit plus aisément qu’il s’agisse pour l’invariant de rendre ce moment moins étranger, plus familier en cherchant à l’amadouer, à le rendre plus recevable qu’il n’eût été sans son intervention. En provoquant l’évènement généalogique de telle sorte qu’il se produise à des moments non quelconques, il contribue à le rendre temporellement plus acceptable par la famille et sa généalogie.

    Voilà quelques-uns des défis spatiaux/temporels posés par la vie de famille ordinaire à l’invariant dont le challenge consiste à s’efforcer d’inscrire dans la famille tout évènement qui se propose et cherche à imposer son rythme incohérent, à tenter de le rendre compatible avec elle, son passé, son histoire, la généalogie, ses membres et le lourd attirail hérité qu’ils transportent.

             Le ménéticien (alias Elie Sorlin)        


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