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        button7.gif   Lettre 93 : Dérégulation et part du temps généalogique dans la réalisation des unions et désunions familiales : anarchie exemplaire dans le sort réservé aux enfants dans les divorces particulièrement conflictuels : du Syndrome d’Aliénation Parentale ou SAP (1)


    Avertissement et préambule à la lettre 93 : dans menetic-site.net le même terme  de  « régulation » s’emploie  dans  deux sens bien différents, voir par certains côtés opposés : il y a les régulations de l’espace social et plus particulièrement familial par des lois, des règles ou règlements, des traditions d’us et coutumes transmises, héritées. Parce qu’elles résultent habituellement de tractations sociales longues et difficiles, nous les désignerons désormais ainsi : « Régulations Intensément Humaines » ou RIH . Elles résultent d’une ingénierie complexe. Elles visent ostensiblement à améliorer le vivre ensemble comme à le protéger lorsqu’il est menaçé. Et puis il y a, lorsque ces dernières n’existent point encore ou disparaissent dans un cadre évolutif, d’acculturation par exemple, ce qu’on pourrait appeler les « régulations spontanées », automatiques ou sauvages. Moins humaines puisque n’étant le résultat d’aucune réflexion préalable, d’aucun consensus, d’aucune tractation, d’aucun travail, nous les désignerons désormais ainsi : « Régulations Moins Humaines » ou RMH : ainsi en est-il par exemple de la paix qui peut naturellement résulter de l’extermination d’un des belligérants ou de l’affaiblissement des deux ; elle est à distinguer de celle qui résulte d’âpres négociations. Dans un cas c’est la force brute qui se trouve à l’œuvre et relève de ce fait des RMH et dans l’autre un processus collectif plus élaboré, plus sophistiqué, volontariste, qui tend à régler la crise dans un cadre de RIH. Les RMH impactent naturellement le vivre ensemble dans un sens positif ou négatif, constructif ou désorganisateur. Elles ne visent pas l’amélioration du vivre ensemble bien que, par une sorte de heureux hasard analogue à un gain aléatoire au  loto, elles puissent parfois y contribuer. Les RIH sont coûteuses à inventer comme à mettre en place dans le temps car  elles réclament de l’ intelligence collective et mobilisent une énergie sociale plus ou moins considérable; les RMH de ce point de vue coûtent donc moins chères puisque personne ne se fatigue la cervelle à les produire, la « nature brute » s’en chargeant. Mais elles peuvent aussi aboutir à un « vivre ensemble » moins socialisé, moins  humain, moins heureux, plus déréglementé, plus anarchique, anomique ou chaotique. La part abandonnée au hasard, aux forces aveugles, au destin s’y trouve accrue. Le champ de l’économie en offre cycliquement des exemples connus qui parfois se transforment en leçon pour l’humanité. On assiste alors à une infiltration de RIH dans un espace majoritairement  contrôlé par la  « main invisible » des RMH : les instances gouvernementales se mettent à réglementer, à légiférer, à encadrer, contrôler et donc à produire des RIH. Il en est strictement de même pour la famille.

    Nous savons désormais que l’humanité actuelle, du strict point de vue de la nuptialité fondatrice de la bulle familiale, peut se voir divisée en deux camps antagonistes. Il serait plus correct de parler qu’elle se trouve soumise à deux courants ou forces antinomiques, l’une incitant les gens à se marier de manière sophistiquée en instaurant au préalable un cheminement labyrinthique sinueux, poussant parfois la dramaturgie à son comble en l’assortissant d’enjeux de vie et de mort : menaces pour quiconque oserait déroger aux règles présidant à cette rencontre. On l’a encore vu récemment dans la banlieue parisienne où un jeune homme accompagnant simplement une jeune fille se fît violemment agresser par une bande qui, pensant immédiatement à un rapt, à un enlèvement, considérant cette dernière comme son bien propre, ne pouvait admettre le principe même de leur libre liaison.

    Ces deux camps incarnent chacun l’une des extrémités d’un axe bipolaire où d’un côté l’on observe mille formes de libération des mœurs, de dérégulation des comportements et de manières de se marier, de s’allier, de se pacser, de se relier pour finalement vivre ensemble, sortir ou se montrer ensemble, se perpétuer, et de l’autre une tendance à se crisper sur des formes de vie collective ancestrales, traditionnelles, claniques, tribales, sacralisées, figées, transmises.

    Notre ouvrage Généalogie ou la Puissance du Temps cherche à montrer comment du côté libéral on découvre qu’un ordre du temps caché  s’est installé dans nos généalogies à la faveur d’une intense chronologisation qui tend à pallier à l’organisation familiale défaillante puisqu’elle abandonne de plus en plus à la nature ce qu’elle assumait depuis des temps immémoriaux : l’organisation sophistiquée des mariages entendus comme champ de l’union, des alliances, des relations à vocation matrimoniale. Les gens vont désormais et de plus en plus se choisir en fonction de caractéristiques temporelles, se marier, avoir leurs enfants, tomber malade et mourir de la même façon. Bref organiser leur vie en en confiant une bonne partie du déroulement au Temps Généalogique qui va dès lors les décharger de devoir s’en occuper consciemment. La part des RMH y va croître au détriment des RIH caractérisant le fonctionnement de la plupart des sociétés traditionnelles.

    De ce point de vue la famille évolue vers diverses formes d’organisation où la loi, les règles ancestrales s’imposant aux individus défaillent, s’amenuisant progressivement au bénéfice d’une sorte d’anarchie, d’anomie. Mais la nature ayant, dit-on, horreur du vide, elles se voient bientôt remplacées par des « régulations  peu humaines», c’est-à-dire par des mécanismes « sauvages », relativement asociaux qui ne sont point le résultats d’interminables tractations lentement élaborées au fil des générations et des siècles, églises comme états aidant. En voici un autre indice emprunté non point aux mariages qui se contractent, mais à l’inverse : aux unions qui se défont.

    Syndrome d’aliénation parentale et flèche du temps : la dérégulation dans les désunions

    Nous venons d’examiner la tendance contemporaine en secteur libéral qu’avaient les familles à se fonder et fonctionner de manière moins réglée qu’avant. Dit autrement les unions tendaient à se réaliser de façon plus anarchiques, les jeunes se cooptant sans se référer à quiconque. Dès lors on pouvait commencer d’ observer qu’ils ne se choisissaient pas dans le plus complet désordre des sorties de chiffres au loto mais parvenaient à se « trouver /retrouver » en tenant compte de maintes caractéristiques, correspondances, coïncidences ou similarités généalogiques que nous avons désignées du nom de « numéro compatibilité » (2), la loi, les traditions pesant de moins en moins dans l’élection, le choix du conjoint.

    De la même manière, lorsque l’un ou les deux membres du couple en arrivaient à ne plus se supporter et décidaient de se séparer, on assistait également à une déréglementation de cette séquence à risques. Que si l’on venait à douter ne serait-ce qu’un instant de cette tendance à la déréglementation de cet important moment familial, au moins dans notre pays pris à témoin, nous allons nous pencher sur le sort des enfants lorsqu’il y en a.

    Se pencher sur le sort des enfants en cas de désunion est une bonne façon d’observer comme aux premières loges dans un grand théâtre la part respective des RIH et des RMH dans le règlement de la crise. Le temps nous emporte-t-il vers un avenir radieux, plus socialisé, plus humain, plus réglementé où la collectivité va s’employer à œuvrer pour améliorer constamment les choses, le sort des enfants, tendre à diminuer la conflictualité aux bénéfices de toutes les parties concernées, les parents, la famille, l’enfant, sans parler de tous les autres intervenants en préparant un avenir meilleur que le passé ou le présent dans lequel beaucoup de gens souffrent ? Voir comment dans notre pays notre propre société traite ce moment particulièrement délicat peut nous permettre d’observer de quel côté allons-nous : vers un ordre croissant fondé sur des RIH ou vers un accroissement du désordre dont la gestion serait abandonnée aux RMH ? Et donc vers une économie des moyens collectifs mis à la disposition du règlement de ce type de conflits. On va donc mieux voir ainsi de quel côté se dirige notre flèche du temps ! Vers plus d’ordre ou vers plus de désordre humain, ordre et désordre ayant leurs avantages et leurs inconvénients respectifs.

    Voici quelques mois le grand quotidien La Croix, religieusement orienté certes, mais fort bien documenté et proposant des articles de qualité, publiait en entrefilet le cas d’une mère de famille qui, séparée de son mari, avait vu ce dernier s’approprier leur unique enfant qu’elle n’avait tout simplement plus revu. Elle n’avait cessé d’intenter des actions pour que la Justice reconnaisse son droit  d’ avoir l’enfant en temps équitablement partagé avec le père. Son combat dura 18 ans. Maintes fois la justice se prononça en sa faveur tout en se révélant incapable de faire appliquer ses décisions successives. Devant cette incurie majeure et ce déni de justice de fait, en désespoir de cause elle s’adressa à la Cour de Justice Européenne qui lui donna raison et condamna l’Etat Français à lui verser un dédommagement symbolique pour avoir été dans l’incapacité d’accéder à ses demandes légitimes.

    On est donc en présence d’un phénomène du plus grand intérêt pour notre démonstration : en France le Code pénal punit sévèrement tout parent qui s’approprie unilatéralement un enfant au détriment du droit légitime de l’autre parent à le voir, à l’aimer, à s’en occuper. La sanction prévue est à la fois financière et carcérale. Autrement dit « se garder pour soi tout seul » un enfant, que l’on soit le père ou la mère, est un acte grave, répréhensible et sévèrement condamné par nos lois censées régir, réglementer notre « vivre ensemble » plus ou moins en paix. Cela revient à constater qu’en cas de séparation, de divorce, chaque parent à droit à l’enfant et réciproquement que l’enfant à droit à ses deux parents dans des proportions variables, l’équivalence stricte n’étant point un idéal souhaitable en dépit d’une certaine logique des apparences.

    On observe donc dans ce cas véritablement exemplaire une impuissance de la collectivité à faire simplement appliquer la loi non point transitoirement mais sur une longue durée, nos juges répugnant dans ce cas d’espèce à contraindre effectivement le parent accaparant pour lui faire un petit peu lâcher prise.

    Comme cela se réalise en France à une échelle quasiment « industrielle », que l’accaparement de ou des enfants en cas de divorce par l’un des parents au détriment et du droit de l’autre et du droit des enfants à aimer leurs deux parents unis ou séparés est devenu un véritable « sport national » dans l’indifférence du grand public et le silence assourdissant des médias, des intellectuels, de la classe dirigeante et j’en passe, on aboutit en 2011 au chiffre effarant de 820.000 enfants qui dans l’hexagone n’aurait en pratique qu’un seul parent, la plupart du temps, à l’inverse du cas cité : la mère.

    Il est hors de question pour nous qui sommes homme, père et grand-père, de condamner ces dernières pour les rendre majoritairement responsables. Ce qui nous intéresse ici ce n’est pas de polémiquer ou prendre parti contre la justice, tel ou tel parent, mais de mettre en valeur en cas de séparation, de désunion, de divorce la diminution du poids de la loi pour régler le contentieux, et l’accroissement corrélatif du poids des réactions spontanées, hors cadre légal.

    Dit autrement on assiste à une augmentation du degré de liberté dont jouissent les parents pour faire ce qu’ils peuvent ou veulent. Le plus fort, le plus rapide, le plus audacieux ou vindicatif, le plus emporté, le moins conciliant, le plus violent, le plus intimidant, osant prendre le plus de risques (Celui d’enfreindre la loi par exemple comme de contrevenir en toute impunité à la décision de justice), bénéficiera d’un avantage évolutif certain très exactement comme dans une jungle peuplée d’animaux antédiluviens tous plus féroces les uns que les autres. Et l’autre n’aura que ses yeux pour pleurer, qu’il soit homme ou femme, père ou mère, enfant, grand-parent etc… Quant au plus faible, au plus petit, n’en parlons point ; avez-vous déjà vu qu’en pareille situation on demandait jamais à l’enfant son avis ? On est bel et bien  dans un espace-temps social, la famille française contemporaine prise comme échantillon représentatif, où augmentent le non-droit, la part des régulations sauvages ou RMH, l’importance de la « force brute » pour régler les différents, le conflit. Cela valide notre thèse qui soutient que vont de paire libéralisation des comportements contribuant à l’organisation de la famille moderne, à ses manières de fonctionner et diminution significative des régulations de nature proprement humaine au bénéfice de la sauvagerie la plus éhontée, la plus inhumaine, la moins sociale et que cela semble aller de paire avec la sauvagerie qu’on observe dans une partie de l’économie qui, parfois, fonctionne monstrueusement. Comme si l’espace marchand mondialisé, un certaine part cynique de l’ingénierie financière parvenait à pénétrer au cœur de nos sanctuaires familiaux.

    On confie d’avantage l’heureux aménagement du « vivre ensemble » aux forces brutes en présence et l’on sait qu’on ne peut plus compter autant sur les lois, l’efficacité de la justice qui, dans ce cas d’espèce très particulier répugne à poursuivre les contrevenants. Dans notre lettre 94 de mai prochain nous continuerons d’enfoncer le clou là où ça fait mal, en prenant le « Syndrome d’Aliénation Parentale » à partie pour mieux illustrer encore la violence de la main invisible des RMH en action dans nos sociétés libérales. Nous expliquerons ce qu’est un « SAP » et nous en fournirons une illustration particulièrement suggestive soigneusement étudiée par nous voici une quinzaine d’années déjà. Dans nos sociétés modernes et dans nos propres familles comme dans le marché, la déréglementation, les dérégulations de type RIH sont à l’œuvre au bénéfice des RMH. C’est de ce côté-là que le temps nous emporte à notre insu. www.menetic-site est là pour en témoigner contre vents et marées.                                                         

    (1)  Voir l’excellente définition du terme dans Wikipedia

    (2)  Consulter le glossaire de Généalogies ou la Puissance du Temps qui en fournit une définition

              

                                                                                            Le ménéticien (alias Elie Sorlin)


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