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        button7.gif   Lettre 97 : Syndrome d’aliénation parentale, syndrome systémique, syndrome totalitaire


    Depuis la lettre 93 nous ne cessons de vous entretenir à partir du cas d’une famille de sept enfants d’un curieux syndrome familial défini et décrit pour la première fois en 1986 par l’américain Richard Gardner. Comme tout « syndrome » il est fait de plusieurs symptômes, huit en tout qui sont :

    1.      Campagne de rejet et de diffamation du parent rejeté par le parent rejetant

    2.      Raisons absurdes ou disproportionnées, irréelles, données par le parent rejetant et ses enfants à ce rejet

    3.      Absence d’ambivalence normale : le parent rejeté est décrit comme absolument mauvais, le parent rejetant comme absolument bon. Pas de demi-mesure

    4.      Le parent rejetant est dans l’incapacité d’agir autrement : il rejette, point final

    5.      Le parent rejetant a la puissance ou capacité de mobiliser la quasi-totalité de son entourage tels que ses parents, ses frères et sœurs, ses amis contre la totalité de la famille du parent rejeté

    6.      La totalité des enfants « aliénés », c’est-à-dire sous la coupe du parent dit « rejetant » ou « aliénant » est dans l’incapacité d’avoir une opinion propre, personnelle. Leur cerveau est formaté, conditionné en ce qui concerne la situation dans laquelle ils sont pris

    7.      Le parent rejeté, « aliéné » est conçu par le groupe rejetant non seulement comme intrinsèquement mauvais, mais dangereux, cruel, abandonnique. Il aurait toujours été ainsi. Dès lors aucun membre du groupe rejetant, quel que soit par ailleurs ses engagement religieux, son niveau de « charité », de « compassions » n’éprouve la moindre culpabilité, tout comme dans une guerre sainte, une forme de croisade où l’ennemi doit être exterminé avec la bénédiction des dieux et la récompense du parent rejetant, exécuteur pour son œuvre purificatrice

    8.      Mise en place de scénarios ingénieux par le parent rejetant, aliénant pour accréditer les thèses qu’il soutient au sujet de l’autre parent à exterminer sinon physiquement du moins symboliquement, socialement et juridiquement. Capacité stupéfiante du parent rejetant à persuader son ou ses enfants de la réalité, de la vérité, de la justesse de ces scénarios qui peuvent aller de l’accusation : « C’est un pervers » ou « C’est un malade mental » ou il est ceci ou cela

    Gardner distingue en outre trois degrés d’intensité dans l’expression du syndrome : faible auquel cas on n’observe pas les huit signes réunis mais seulement l’un ou l’autre d’entre eux, à dose relativement modérée et s’exprimant en certaines occasions seulement d’activation ou de réactivation du conflit entre les deux parents à l’occasion du processus de séparation. L’effet sur les enfants n’est pas trop catastrophique ; il est en outre réversible. Moyenne : les huit symptômes sont bien là, présents mais, petit miracle, les enfants continuent de voir leurs deux parents s’ils sont majoritairement chez le parent rejetant et, second petit miracle, lorsqu’ils sont chez le parent rejeté, ça ne se passe pas trop mal pour des raisons qui tiennent aux qualités des enfants et du parent rejeté, disqualifié. Forte : on est en présence de tous les symptômes au point que la relation des enfants avec le parent rejeté est rompue : ils ont interdiction de le voir et toute communication avec lui est coupée. Gardner estime en 1984 et pour les U.S.A. de 5 à 10 % la proportion de cas entrant dans cette catégorie de SAP sévère.

    Il va sans dire qu’on a fait quelques progrès en 25 ans dans la connaissance du syndrome. On sait par exemple qu’il est « systémique ».

    Syndrome systémique

    En étiquetant ainsi ce genre de syndrome cela veut tout simplement dire qu’il convient d’abandonner l’idée simpliste selon laquelle on aurait un méchant (le parent rejetant, aliénant) et un gentil (le parent rejeté, disqualifié etc…etc…), une famille gentille, une belle famille méchante et des enfants innocents ou non, ballotés entre les factions. Cela ressemble aux BD mettant en scène deux tribus hostiles  dont il manquerait un Astérix  avec sa « potion magique » !

    Il est plus intéressant et probablement plus réaliste de considérer que tous les partenaires familiaux concernés, quel que soit leur fonction ou position d’enfant, de père, de mère, de grands-parents, d’oncles et tantes et mêmes les connaissances amicales forment ensemble un « système ». On sait qu’à la différence de la simple réunion d’individus ou du tas de sable, les systèmes  sont dotés de propriétés très particulières.

    Mettez tous les composants d’une voiture en tas ou agencez-les en y mettant de surcroît un chauffeur et vous constaterez vite la différence. Le tas ne peut rien faire à lui seul ; il est incapable de bouger et pourtant on a dedans la totalité de ce qui fait un véhicule sauf l’étroite mise en relation d’interdépendance des pièces, circuits, logiciels et de la personne qui va piloter. Ce qui signifie que le système est nanti d’une puissance incomparable par rapport au tas et que, dans un tel dispositif systémique, chaque composant va soudainement s’animer en profond accord avec les autres et se voir comme mû, habité par une force occulte, une puissance surnaturelle, sans commune mesure avec ce qui se passait ou plutôt ne se passait pas auparavant : le monceau de pièces réunies en tas. L’assemblage organisé de ces dernières couplé à un pilote aboutit à une sorte de miracle impensable avec le tas seul sur lequel pourrait même s’asseoir un conducteur éventuel. Le véhicule va se mettre en route et les pièces s’animer tandis qu’avant elles gisaient sur le sol, inertes, sans effet.

    Et bien il en est de même dans le syndrome d’aliénation parentale : tout le monde collabore de manière complémentaire à sa production ; une fois que le syndrome est lancé, que roule la voiture sous la conduite du pilote, plus aucune pièce particulière n’a la capacité de résister, d’arrêter d’elle-même la machine qui forme système, chacun de ses composants contribuant à sa marche en avant. Dans le cas du SAP aucun membre de la famille, pas plus le « méchant » que la « victime », que tel ou tel autre parent n’est pilote ; tous sont embarqués dans une même aventure systémique dont la commande est diffuse, à la fois partout et nulle part. Le système résulte de cette « organisation » plus ou moins secrète, invisible au point qu’on peut douter de sa réalité, de son existence puisqu’on ne voit dans ce cas personne tenir un volant.

    Le parent rejetant, dans les cas extrêmes permettant de bien comprendre ce qui se passe, n’a lui-même en dépit des apparences qui semblent lui conférer une puissance personnelle magique, que peu de degrés de liberté de changer, de devenir conciliant, de regarder autrement la situation ; lorsqu’un être humain est absolument persuadé d’une chose, essayez donc de le convertir à vos vues : habituellement vous ne le pouvez pas. Sans le transformer en « paranoïaque » qu’il n’est assurément pas dans la grande majorité des cas, s’il est intimement persuadé que l’autre est comme çi ou comme ça, vous ne pourrez lui enlever de la tête sa conviction avec tout ce qui va en découler. Votre argumentation la plus habile pour tenter de la modifier glissera comme l’eau sur les plumes d’un col vert. Aliénant il est lui-même « aliéné » par le système qui l’a transformé de ce point de vue en une sorte de zombie qui, à son tour, va aliéner les enfants qui vont se transformer eux-mêmes en « zombies » et ainsi de suite.

    Par contre le parent aliéné, disqualifié, rejeté, n’est pas pris de la même manière dans le syndrome du fait de sa position victimale ; certes sans lui rien ne se ferait, rien ne pourrait advenir c’est-à-dire se mettre en place et durer puisqu’il est une personne à abattre, à faire disparaître, à cibler après qu’on l’ait dépouillée de ses principaux attributs. La partie adverse ne saurait fonctionner sans lui, on le comprendra aisément. Sa situation l’autorise donc d’ entrer en résistance comme les partisans sous le régime de Vichy. Ce qui fait qu’il peut échapper à l’emprise systémique totalitaire. Il peut en soustraire une partie de lui-même, ce que la composante adverse n’est point en mesure de réaliser comme parent rejetant ou comme enfants annexés, soumis. Quelque part, paradoxalement, dans son infortune au plan de l’avoir puisqu’on lui enlève ses enfants, il dispose d’atouts intimes, cognitifs, conscientiels, réflexifs retirés à l’autre par le système presque tout puissant. Il peut, s’il le veut, accéder à un surplus d’être à la faveur des pertes endurées.

    Syndrome « totalitaire » 

    Oui, syndrome « totalitaire » et non plus seulement systémique de par ses potentialités d’emprise sur les étrangers. Le systémique ne concerne que la ou les familles en jeu ; la menace totalitaire consiste dans le risque d’embrigadement effectif de tous les intervenants dans le vortex du SAP. Vous allez comprendre rapidement de quoi il s’agit. Imaginons que la victime veuille faire valoir ses droits de voir ses enfants qu’il aime auprès d’un juge ; le parent aliénant, pour conjurer ce qu’il considère comme une menace pour lui-même, pour son emprise ou leadership sur le groupe d’enfants qu’il est parvenu à totalement contrôler et couper de l’autre parent peut chercher à faire passer ce dernier pour une personne déséquilibrée que ne sauraient voir ses propres enfants sans encourir un risque pour eux-mêmes tandis qu’il n’en n’est rien puisqu’il s’agit à la fois d’un fantasme et d’un montage maneuvrier ; dans cette configuration le parent rejeté risque de solliciter de bénéficier d’ une expertise psychiatrique pour qu’un médecin vérifie qu’il est équilibré, capable d’exercer dans de bonnes conditions son droit de visite des enfants.

    La menace totalitaire est la suivante : le système ayant dopé le parent rejetant, l’ayant comme doté d’une force « occulte » proprement systémique et donc invisible, difficilement détectable sans entraînement approprié, d’une apparente toute puissance, d’une capacité d’influencer l’autre, la famille, les enfants, les amis, les connaissances comme on l’a vu plus haut, puissance qu’il n’aurait pas isolément telle une pièce dans un tas, détient virtuellement la capacité de réussir une OPA, une sorte d’embargo sur les divers intervenants, médecins, psychothérapeutes, juges ou travailleurs sociaux sans qu’aucun de ceux-ci ne soient en mesure de se rendre compte le moins du monde et sur le moment de ce dont ils deviennent à leur tour les coopérants, les collaborateurs efficaces du SAP, isolés qu’ils sont eux-mêmes.

    Nous montrerons en lettre 98 d’octobre prochain, comment, dans le cas retenu pour son exemplarité, à partir de l’expertise que nous fournit notre informateur, une telle OPA cette fois inter systémique (puisqu’impliquant deux systèmes familiaux et les systèmes sociaux adjacents), est rendue possible, c’est-à-dire comment des experts étrangers au système familial et sous informés en matière de SAP, ignorants les risques qu’ils encourent en intervenant conventionnellement, en outre commis à dire si oui ou non il y avait « SAP », risquent immanquablement de conclure à l’absence de SAP, ce qui équivaut à un déni de réalité. Les raisons sur laquelle ils peuvent fonder leurs conclusions quel qu’elles soient ne sauraient être sans intérêt pour notre propos : parvenir à identifier les manières concrètes dont opère le SAP en sous-main, de façon quasi occulte sans quoi les personnes requises refuseraient évidemment de lui prêter assistance, déjouant à temps le piège collaborationniste.

    L’attentive auscultation de l’expertise psychiatrique dont bénéficièrent non seulement les deux parents mais chacun des sept enfants démontrera à l’internaute l’emprise totalitaire du syndrome sur le sous-système experts.  Requis par le juge comme s’il s’agissait d’une affaire ordinaire ou conventionnelle, ce dernier va rapidement se retrouver totalement instrumentalisé par le syndrome en dépit de ses compétences HORS SYNDROME, inhibant ou désactivant ses capacités d’expertises objectives du syndrome, pris dans son puissant vortex tourbillonnant et accréteur.

    C’est le propre du SAP d’être en capacité d’instrumentaliser tout acteur susceptible de venir à son chevet, qu’il soit juge ou médecin, expert, psychothérapeute, travailleur social, parent, ami, connaissance et de le transformer en agent efficace pour contribuer à sa mise en place, à son solide maintien, à son aggravation.

    Notre lettre 98 saura le montrer, interpellant chacun d’entre nous dans sa dignité d’être humain : comment est-ce possible qu’un système familial ordinaire soit doté de telles potentialités déshumanisantes et pour ainsi dire à l’insu des divers actants qui vont ainsi lui prêter main forte, mis à part le sous-système victimal gravement disqualifié certes mais de l’extérieur puisqu’à l’intérieur de lui-même il cherche à résister à la violence de l’emprise « occulte » visant à le déshumaniser, à le détruire, emprise à laquelle il est soumis comme les autres mais à laquelle il ne souscrit pas du fait qu’il sait qu’il en souffre ? Parfois certaines des victimes du SAP en dépit de leur générosité ne peuvent lui résister. Elles le payent alors de leur vie, finissant par se suicider dans l’indifférence du pays n’ayant su prendre la mesure des risques qu’un tel syndrome fait encourir à certaines familles menacées dès lors d’implosion.

    En guise de conclusion considérons que le syndrome d’aliénation parentale sous l’angle totalitariste crée deux camps ou deux partis antagonistes : dans l’un on trouve pèle mêle tous ceux qui collaborent activement au syndrome dans et hors les familles en jeux ; il est dans un premier temps comme sous l’occupation largement majoritaire. Dans l’autre, minoritaire, on trouve les rares personnes résistantes, refusant comme elles peuvent de collaborer. La victime aliénée en fait automatiquement partie de par sa position souffrante, consciente de son malheur et en principe opposée aux violences qui lui sont faites. Néanmoins ce n’est pas l’une des moindres étrangetés de ce genre de syndrome de nous apprendre que sans elle il n’y aurait tout simplement pas de syndrome, faute d’ennemi ou de bouc émissaire à lyncher. De là il n’y a plus qu’un pas à franchir pour nous retrouver dans la configuration de la violence fondatrice ou refondatrice à laquelle René Girard consacra sa vie de penseur : le syndrome témoignerait alors dans les cas extrêmes d’un épisode ou moment transgénérationnel mythique.

                                                                                                Le ménéticien (alias Elie Sorlin)


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