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          button7.gif   Lettre 99 : Expertise psychiatrique et fiabilité dans un Syndrome d’Aliénation  Parentale


    Résumé : la lettre 99 examine une double expertise psychiatrique censée déterminer si oui ou non une famille de 7 enfants dont les parents se séparaient souffrait effectivement du Syndrome d’Aliénation Parentale. Les raisons sur lesquelles les deux médecins étayent leurs conclusions négatives, contredites par tous les éléments qu’ils recueillent, invitent à s’interroger sur le rapport qu’ils entretiennent avec la réalité et sur les risques qu’encourent les magistrats en recherche de la vérité, requérant actuellement ce type de service de la part de professionnels non spécialisés, non formés pour ce genre de diagnostic bien spécifique. Notre société en minore à tort les enjeux qui peuvent être de vie et de mort pour les personnes concernées.

     

    La fiabilité des expertises « psychiatriques » se trouve régulièrement mise en cause dans notre société lorsque l’actualité médiatique s’empare du sujet, c’est-à-dire deux ou trois fois l’an environ au seul niveau hexagonal. Cela révèle et cache un problème de fond, un peu à la manière des icebergs dont on sait que la majeure partie de la masse est sous l’eau, invisible : que valent-elles ? Voici l’exemple de deux expertises psychiatriques faites sur la même famille et réalisées par deux médecins-chefs bien établis localement, l’un d’un grand service de patients adultes et l’autre d’un non moins important service d’enfants de Centre Hospitalier Spécialisé, notre site visant à la réflexion sur divers problèmes liés au fonctionnement des petites familles modernes et non à la stigmatisation.

    L’affaire

    L’affaire est simple à comprendre. Un couple dont nous avons parlé dans nos lettres antérieures venait de se séparer conflictuellement. Jusqu’ici rien qui ne soit banal. L’épouse accusait son mari de désordres mentaux divers et variés, de dangerosité même pour elle-même et leurs sept enfants réunis dont les âges s’étalaient de 7 à 17 ans dans le but à peine voilé (elle n’avait cessé de le répéter dans son premier cercle de connaissances) d’obtenir une décision de justice interdisant à son mari de les voir. Elle leur avait en effet déclaré, dans le ressentiment rageur et la passion toute « médéenne » (1) qui l’animait  « de lui en faire voir de toutes les couleurs en le privant pour toujours de ses enfants », après que ce dernier lui ait brusquement exprimé sa décision de la quitter. Craignant sans doute de voir mis en cause son droit de visite minimal légitime, le père avait pris les devants en sollicitant de bénéficier d’une expertise psychiatrique le lavant de ce qu’il considérait comme une infamie : à savoir être étiqueté  « homme à risques » ou pire « fou furieux » avec les conséquences indésirables qu’il imaginait.  Le magistrat de l’endroit consentit à sa requête en renchérissant même puisqu’il décidait, pour y voir plus clair, de faire expertiser individuellement les 9 membres de la famille qu’étaient le père, la mère et leurs sept enfants.

    Deux experts furent donc nommés à cet effet. Le psychiatre homme se chargea des parents et de l’aînée. La pédopsychiatre prit le reste, à savoir les six autres enfants. On dispose dans ces deux comptes rendus, l’un de 5 feuillets, l’autre de 9, d’un précieux document  d’époque (Début du XXIe siècle) pour nous renseigner sur la relation d’incertitude que peut entretenir l’expertise avec la réalité et les risques considérables au-devant desquels courre actuellement un juge dans notre pays lorsqu’il prend la décision de solliciter l’assistance technique d’un médecin psychiatre et chef de service pour découvrir la vérité et se forger son intime conviction. Nous reviendrons longuement dans notre prochaine lettre 101 de février 2012 sur certaines raisons expliquant cette « incertitude de Sorlin » comme il y a les « relations d’incertitude d’Heisenberg » bien connues en mathématiques. En anticipant quelque peu disons, disons que cette « incertitude sorlinienne » est intrinsèquement liée au modèle médiéval archaïque et pervers d’obtention de la vérité et de définition de la réalité perdurant dans une ontologie naturaliste infiltrée d’auto transcendance archaïque ( Théorie de R. Girard).

    La réalité nous la connaissions du fait que, pour des raisons de recherches généalogiques bien antérieures, en vue de la réalisation de notre ouvrage : Généalogies ou la Puissance du Temps, nous avions effectué sur et dans cette famille un assez long travail d’ethnographe, bien avant que la crise n’éclate et tandis qu’elle était encore imprévisible. Nous eûmes en outre la chance de disposer sur la manière dont cette crise survint des informations de première main qui, croisées, contribuèrent à nous fournir une vue d’ensemble incomparable dont peu d’explorateurs familiaux contemporains peuvent habituellement se prévaloir. Dans nos lettres précédentes traitant du cas, nous avons donné à ces diverses sources d’information le nom générique de « Gorge profonde » en mémoire du Watergate universellement connu et qui valut en son temps la chute du Président Nixon.

    Nos dernières lettres traitaient déjà de cette famille exemplairement atypique, ayant présenté 17 longues années durant une façade idéale, puis qui brusquement s’effondrait tandis que le petit dernier atteignait un âge généalogiquement, sémantiquement important : sept ans.

    Longue séquence familiale heureuse

    Ils avaient pourtant 17 ans durant vécus tous ensemble à peu près en paix, le plus souvent heureux comme en témoignaient d’épais albums de photos (Nous y avions eu accès !) sur lesquelles on voyait un papa faire le fou avec ses petits sur des pelouses ou dans de grasses prairies vertes et fleuries, serrer par moments furtifs de bonheur, tendrement, sa jolie femme demeurée aussi mince que nos mannequins de couverture. Dans un certain verger printanier, désormais relégué aux oubliettes, on apercevait même deux grandes balançoires arrimées à des pruniers, le papa envoyant en l’air… ses plus grands enfants arborant chacun, dans leur nacelle, des expressions de ravissement sous le regard de la mère enceinte dont le visage rayonnant  évoquait l’immortel sourire de l’Ange d’un des piliers de la cathédrale de Reims. Quel bonheur ! Des images de petit paradis sur terre.

    Et puis maintenant, c’était la descente aux enfers, marche après marche d’un grand escalier, dérobé à tout regard médiatique : notre société doit ignorer en effet l’endroit précis du trou noir trou cannibale avalant gloutonnement tous les bonheurs qui passent à portée. Sans quoi plus personne n’oserait vouloir être heureux en fondant sa petite famille, se marier festivement, avoir gaiement des enfants ni surtout devenir un expert en effondrement du bonheur !...

    Rappelons à l’internaute qu’au moment où se commit l’expertise le père ne voyait plus ses sept enfants depuis 8 mois, en dépit de mille efforts désespérés pour échanger avec eux et que l’on se trouvait en présence d’un cas de Syndrome d’Aliénation Parental digne de figurer dans le Guiness des records tant les 8 signes du Dr Gardner, pédopsychiatre américain qui les découvrit étaient non seulement présents, mais à un niveau d’intensité tellement hors-norme qu’il était capable de faire sauter toutes les échelles de mesure.

    Expertise du couple  

    Réalisée par le psychiatre, ce dernier commence par retracer sommairement l’histoire du couple, notant que les deux conjoints s’accordent à dire que les choses ne se déroulèrent pas trop mal pendant les douze premières années de vie commune et qu’elles se dégradèrent sensiblement par la suite. Il relève assez finement trois zones de conflit larvé, l’une d’ordre religieux : l’épouse investissant une communauté spirituelle laissant son mari assez indifférent ; la seconde éducative, l’épouse s’investissant de manière sans cesse croissante dans l’éducation des enfants comme d’une façon que désapprouvait son mari, la considérant trop rigide, la troisième de culture inter familiale, l’épouse faisant alliance avec ses parents, sa mère notamment tandis que son mari, relativement disqualifié par la belle famille bourgeoise, s’était en outre coupé de sa propre famille prolétarienne dont il semblait isolé.

    Rencontre du médecin avec la mère

    Celle-ci arrive avec un épais dossier à charge contre son mari, nombre de témoignages en sa propre faveur de bonne mère, un diagnostic étiquetant son mari comme « un névrosé obsessionnel compulsif cyclique majeur et patent présentant des épisodes violents faisant craindre pour ses enfants et pour elle », bref une personnalité inquiétante à éloigner à tout prix des enfants, si l’on voulait les maintenir non point en vie, ce qui eût été probablement excessif, mais plus simplement en équilibre. L’entretien enthousiasme le praticien qui, conquis, littéralement subjugué, sous le charme, va trouver cette femme dotée d’un courage hors du commun, assumant ses fonctions monoparentales de la plus admirable manière.

    Rencontre du médecin avec l’aînée

    Elle se fait également sans encombre. L’aînée confirme séparément tous les dires de la mère affirmant que son père fut toujours un fort mauvais homme, indigne, n’ayant jamais aimé ses enfants, d’un égoïsme monstrueux, ambigu dans sa relation avec elle et même violent par intermittence. Elle ne désirait plus jamais le revoir, tout simplement l’oublier.

    Rencontre du médecin avec le père

    Suite aux deux entretiens précédents, on peut comprendre aisément que l’expert lorsqu’il va rencontrer le père commence par se tenir sur la défensive, ne sachant trop à quelle espèce de monstre humain il va avoir à faire. La rencontre devait durer une heure. Le père se révélant tout à fait équilibré, normal, mesuré dans ses jugements, le médecin rassuré prolongea d’une seconde heure l’entretien comme pour le plaisir d’un échange d’autant plus détendu que le père, sans défense, ne se doutant de rien, n’avait amené aucun document visant à accabler son épouse dont il reconnaissait les qualités tout en se plaignant de son intransigeance à le priver de ses 7 enfants qu’elle avait armés quasi militairement contre lui. Il disait avoir toujours aimé ses enfants et fait le maximum pour leur bien tout en déplorant ses fréquentes absences pour raisons professionnelles. Il ajoutait enfin que la situation paraissait lui avoir progressivement échappé lorsque sa femme déscolarisa les deux aînées pour les enseigner elle-même à la maison, entamant un processus de contrôle total sur eux, d’autant plus réussi qu’elle s’y adonnait avec un engagement absolu. A partir d’un tel moment il ne se sentit plus vraiment chez lui et quand il déclara vouloir rompre c’était trop tard, les 7 enfants réunis autour de leur mère et faisant bloc avec elle, participant à son éviction immédiate en cherchant même à le frapper et en lui jetant des verres d’eau à la figure.

    Conclusion du médecin psychiatre

    On y lit, médusé, noir sur blanc, la reprise mot pour mot par le médecin du diagnostic psychiatrique qu’avait prononcé l’épouse à l’encontre de son mari. En d’autres termes le médecin fait fit de la rencontre réelle qu’il avait eu avec le père et qui ne correspondait aucunement avec ce qu’en disait son épouse pour entériner tout le discours de cette dernière à son sujet, comme s’il lui revenait de prononcer un diagnostic techniquement toujours difficile à établir : il faut en effet pour le confirmer croiser les dires de l’entourage avec les observations d’une équipe hospitalière entraînée qui, jointes à deux ou trois consultations  médicales permettent enfin une synthèse crédible quoique toujours transitoire, susceptible d’évoluer au fil d’observations concordantes et non de discours concordants. Toutefois il déclare « souhaitables des rencontres entre le père et ses enfants, notamment pour leur permettre de faire évoluer l’image très négative qu’ils ont de celui-ci actuellement, ce qui risque, dans l’avenir, de leur nuire psychologiquement ». Il reconnait enfin au père la capacité d’exercer un droit de visite des enfants dans un cadre médiatisé.

    Il conclut ainsi son rapport : « Aucun élément du dossier ou recueilli pendant les entretiens n’est en faveur de l’hypothèse d’une aliénation parentale exercée par Mme X… sur ses enfants à l’encontre de leur père. » (Si les termes sont ceux-là même de l’expertise, c’est nous-même qui les avons soulignés tant ils sont dignes d’être remarqués).

    Expertise des six autres enfants

    La femme médecin pédopsychiatre rencontrera séparément chaque enfant qu’elle prendra soin d’écouter avec la plus grande attention.

    Comme Gardner, le découvreur du syndrome l’écrit, le discours de chacun d’eux est monotone, quasiment identique, sans nuance, argumenté facticement. Chacun répète à l'envi de manière stéréotypée que le père est mauvais, détestable, qu’il le fut toujours avec sa famille entière. Tous disent ne plus vouloir le revoir jamais.

    Tout comme son confrère expert elle conclut qu’il ne saurait y avoir de syndrome d’aliénation parentale, mais pour les raisons suivantes : 1/ les enfants s’expriment avec assurance, sans aucune ambivalence ni nuance ce qui est un premier gage de vérité 2/ chacun d’eux est suivi hebdomadairement par un psychologue ou un psychothérapeute, ce qui est un second gage de leur authenticité de dire vrai 3/ le fait que tous disent exactement la même chose renforce sa conviction médicale que ce qu’ils disent concernant leur père est de l’ordre du vrai, du réel.

    En conclusion de quoi elle se voit contrainte de déclarer que l’ensemble de la fratrie, dans son unanimité valide toutes les charges contre le parent honni. Voici les termes mêmes dont elle use : « A l’évidence, tous sont inscrits dans une réalité de bon aloi et ne présentent actuellement, grâce à leur accompagnement thérapeutique et à leur structure de personnalité ni syndrome dépressif, ni syndrome de déréalisation, encore moins de propos délirants. Le fonctionnement de cette famille est particulièrement bien décrit par tous les enfants et les dysfonctionnements paternels semblent être repris et constatés par tous. Aucun d’entre eux n’a envie de revoir leur père, sachant que tous refusent des rencontres régulières, quelqu’en soit le cadre, même en présence d’une tierce personne  (C’est nous qui avons mis en gras et souligné). N’ayant pas rencontré le père, il m’est difficile de savoir ce qu’il sous-entend, ce qu’il veut dire par « aliénation parentale » (3), mais si cela signifie pour lui une manipulation de la part de la mère, je n’ai rien entendu dans le discours des enfants qui puisse le laisser supposer ».

    Et cette même femme expert de conclure avant de signer : « En tout état de cause, les observations utiles à la présente affaire sont exprimées par des positionnements clairs et précis qui évoquent des situations concrètes que les enfants n’ont pu inventer et qui se recoupent. » ( Mis en gras et soulignement sont notre fait)

    En lettre 100 nous évaluerons la contribution de ces deux experts à la question de la pertinence du Syndrome d’Aliénation Parentale ou SAP.                                                                                                    

    (1)   Alain Depaulis, Le complexe de Médée, Quand une mère prive le père de ses enfants, De Boeck université, Bruxelles, 2003. Préface de Alain Molas

                                                                                                Le ménéticien (alias Elie Sorlin)


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